05 mai 2015

Giuseppe Garibaldi

 

  "Ce monde sera-t-il donc éternellement condamné à être foulé aux pieds par de lâches et vils fripons? La plante humaine serait-elle donc toujours affamée de ce fumier, qui pourtant la fait dépérir?"

 

        Lettre de Garibaldi à M. Goegg, le 3 septembre 1872,

          Citée par G. Theyras.

 

Bento Gonçalves - Série "Construtores do Brasil" - TV Câmara

Anita Garibaldi

 

G. Garibaldi: " Bénie soit ma mère de m'avoir mis au monde à une pareille époque." 

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 Le 2 juin 1882, Giuseppe Garibaldi vit deux pinsons se poser sur le balcon de sa chambre: " Ne les chassez pas, dit-il, peut-être sont-ce les âmes des morts qui viennent me rendre visite avant que je meure. " Une heure plus tard il ne vivait plus.

 

                  Extrait du livre L'Epopée Farroupilha et la Maçonnerie Riograndense par A. Cesar Celente:

 

                                                La Charqueada Santa Rita sur le chemin Farroupilha

 

  La Charqueada Santa Rita fait partie du parcours touristique "Caminho Farroupilha" conçu par SEBRAE, qui comprend  les rives de l'arroio Pelotas et du Canal Sao Gonçalo. Pelotas possède un des patrimoines architectoniques les plus riches des premières années du XIXème siècle, résultat direct de la richesse apportée par l'industrie du "charque" dans la région (voir les gravures de Debret montrant l'intense activité, à l'époque, du "Passo do Sao Gonçalo" à Pelotas.  La ville a pris une grande importance dans la Révolution Farroupilha: Suite à l'augmentation des impôts impériaux sur les charqueadas et autres produits de l'économie rurale, les propriètaires des charqueadas s'unirent aux fazendeiros pour diriger le mouvement rebelle.

 Une des plus importantes batailles eut lieu le 24 février 1838 à Pelotas, quand une troupe Farroupilha attaqua les impérialistes au Canal Sao Gonçalo, dans une tentative pour s'emparer de la région de Pelotas et Rio Grande. Le passage du Canal Sao Gonçalo était d'une importance fondamentale, puisqu'il permettait un accès rapide à la mer. Cependant, les canonnières impériales bien positionnées au milieu du canal, hors de portée des tirs, ouvrirent le feu. Le bombardement dura presque quatre heures,du milieu de la soirée jusqu'à la nuit. Les Farrapos reculèrent ayant subi de grosse pertes.

 La ville resta sous la domination impériale, bien qu'elle ait été envahie à deux reprises par les Farroupilhas. Mais le fruit de son commerce et ses hommes vinrent soutenir et grossir les troupes du Général Bento Gonçalves.

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                                                                      Estancia da familia de Bento Gonçalves

 Domingos José de Almeida, charqueador, intellectuel et homme d'affaires de Pelotas fut le principal idéologue du mouvement révolutionnaire. Après la proclamation de la République Riograndense il fut ministre des finances. Mineiro de naissance, né en 1797, il vint en 1819 dans le Rio Grande do Sul pour rassembler des troupeaux de mules et les amener à Sorocaba, et finit par s'établir à Pelotas. Hommes d'affaires à succès, il acheta une compagnie de navigation à voiles qui transportait les produits pour les provinces du nord et devint le charqueador le plus riche.

 Sa charqueada était considérée comme un modèle d'organisation. Homme cultivé, sa bibliothèque était la plus complète du Rio Grande do Sul. Il lisait les livres français et anglais dans leurs versions originales. C'était également un combattant courageux, promu de major à Coronel de la Garde Nationale. A l'époque  où la guerre se préparait, il était Député de la première Assemblée Provinciale.

 Avec Pedro Boticario, il fut un des plus intransigeants à demander le départ de Fernandes Braga et à tenter de porter au pouvoir José de Araujo Ribeiro. Il fut un de ceux qui poussèrent Antônio de Souza Netto à proclamer la République, le 11 septembre 1836. Avec Gomes Jardim, il signa le décret qui créait le drapeau Farroupilha officiel. En 1838 il acheta une machine typographe et contacta le journaliste italien Luigi Rossetti qui devint éditeur du journal "O Povo".

 De la richesse de Domingos José de Almeida et de sa "senzale", où demeuraient des centaines d'esclaves, naquit un des corps de combattants les plus fameux de la Révolution Farroupilha, les "Lanceiros Negros", qui était commandé par le coronel Teixeira Nunes.

 

Anita Garibaldi (Construtores do Brasil)

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                                                                         Lanceiro Farroupilha.

 

Domingos José de Almeida avait épousé  Bernardina Barcellos de Lima, fille de Bernardino Rodrigues Barcellos, qui était le frère de Inacio Rodrigues Barcellos, (propriètaire de la charqueada Santa Rita), et de Cipriano, Boaventura et Luis Rodrigues Barcellos.

 La famille Rodrigues Barcellos était propriètaire du plus grand nombre de charqueadas situées sur les bords de l'Arroio Pelotas. Farroupilhas convaincus, en novembre 1835 les frères Barcellos offrirent un bal au "solar" de Boaventura, au centre de Pelotas, une semaine après le départ de José de Araujo Ribeiro (qui venait d'être nommé président de la Province Riograndense, nommé par le Padre Diogo Feijo) dans le but de faciliter l'entente entre le leader des Farrapos, le Général Bento Gonçalves, et le nouveau président. Malgré l'initiative des frères Barcellos, les leaders ne s'accordèrent pas, et le résultat se montra plutôt sanglant.

 Aujourd'hui, quand on visite les anciennes charqueadas de Pelotas et qu'on arpente les rues du centre ville,parmi les bâtiments de l'époque, il n'est pas difficile d'imaginer ces maisons, ces salles, ces hommes de commerce et de campagne prospères se réunissant pour conspirer au cours des premières années de la décade 1830.

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Discurso General Antonio de Souza Netto

 

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                                                                           José Mariano de Matos (1801-1866)

 

Né à Rio de Janeiro-  Républicain, il est nommé dans le Rio Grande do Sul en 1830. .Il a été élu député de la province à la première législature de l'Assemblée Provinciale. Il était présent à la réunion du 18 septembre de 1835 de la Loge Maçonnique" Philanthropie et Liberté". Il a été ministre de la guerre et de la marine  Vice-Président après la victoire de Seival, le 10 septembre 1836, il a remplacé le Président Bento Gonçalves (du 23 novembre 1840 au 14 mars 1841).

 En 1864, il fut ministre de la guerre de l'Empire, général il a

A Batalha do Seival e a proclamação da República

fait partie du Conseil Militaire Suprême jusqu'à sa mort le 5 janvier 1866.

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                                                                             Carreta-Farrapa

 

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         ANEXO


   "Augusta e Respeitável Loja Simbólica Philantropia e Liberdade. O r.· . de Porto Alegre - Província 
de São Pedro do Rio Grande do Sul - Balaústre n° 67 - A os dezoito dias do mês de setembro do ano de 1.835 da E .· .V .· . e 5.835 da V .· . L .· ., reunidos em sua sede, sito à Rua da Igreja n° 67, em um lugar Clarissimo, Forte e Terrível aos Tiranos, situado abaixo da abóbada Celeste do Zenith aos 300° e 5' de Latitude da América Brasileira, ao Vale de Porto Alegre, Província de São Pedro do Rio Grande do Sul, nas dependências do Gabinete de Leitura onde funciona a Loja Maçônica Philantropia e Liberdade, com o fim de, especificam ente, traçarem as metas finais para o início do movimento revolucionário com que seus integrantes pretendem resgatar os brios, os direitos e a dignidade do povo Riograndense. A Sessão foi aberta pelo V en.· .Mestre Ir.· . Bento Gonçalves da Silva. Registre-se, a bem da verdade, ainda as presenças dos IIr.· . José Mariano de Mattos, Ex Ven.· ., José Gomes de Vasconcellos Jardim , Pedro Boticário, Vicente da Fontoura, Paulino da Fontoura, Antonio de Souza Neto e Domingos José de Almeida, o qual serviu com o Secretário e lavrou a presente ata. L ogo de início, o V em .· . Mestre depois de tecer breves considerações sobre os motivos da presente reunião, de caráter extraordinário, inform ou a seus pares que o movimento estava prestes a ser desencadeado. A data escolhida é o dia 20 do corrente, isto é, depois de amanhã. Nesta data, todos nós, em nom e do Rio Grande do Sul, nos levantarem os, em luta contra o imperialism o que reina no país. Na ocasião ficou acertada a tomada da Capital da Província pelas tropas dos IIr.· . Vasconcellos Jardim e Onofre Pires, que deverão permanecer, com seus homens, nas imediações da Ponte Azenha, aguardando o contingente que deverá se deslocar desde a localidade de Pedras Brancas, quando avisados.

  Tanto Vasconcellos Jardim como Onofre Pires, ao serem informados, responderam que estariam a postos, aguardando o momento para agirem. Também se fez ouvir o nobre Ir:. Vicente da Fontoura, que sugeriu o máximo cuidado, pois certamente, o Presidente Braga seria avisado do movimento. O Tronco de Beneificência fez a sua circulação e rendeu a medalha cunhada de 421$000, contados pelo Ir:. Tes:. Pedro Boticário. Por proposição do Ir:. José Mariano de Mattos, o Tronco de Beneif cência foi destinado à compra de uma Carta da Alforria de um escravo de meia idade, no valor de 350$000, proposta aceita por unanimidade. Foi realizada poderosa Cadeia de União, que pela justiça e grandeza da causa, pois em nome do povo Riograndense, lutariam pela Liberdade, Igualdade e Humanidade, pediam a força e a proteção do G:. A:. D:. U:. para todos os IIr:. e seus companheiros que iriam participar das contendas. Já eram altas horas da madrugada quando os trabalhos foram encerrados, aif rmando o Ven:. Mestre que todos deveriam conifar nas LL:. do G:. A:. D:. U:. e, como ninguém mais quisesse fazer uso da palavra, foram encerrados os trabalhos, do que eu, Domingos José de Almeida, Secretário, tracei o presente Balaústre, a if m de que a história, através dos tempos, possa registrar que um grupo de maçons, homens livres e de bons costumes, empenhou-se com o risco da própria vida, em restabelecer o reconhecimento dos direitos desta abençoada terra, berço de grandes homens, localizada no extremo sul de nossa querida Pátria. Oriente de Porto Alegre, aos dezoito dias do mês de setembro de 1835 da E:. V:., 18o dia do sexto mês, Tirsi, da V:. L:. do ano de 5835.

Ir Domingos José de Almeida - Secretário 

 

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Cenas Revolução Farroupilha - Batalha do Seival, mais uma vencida com bravura!

 

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         ~ Je tiens à remercier ici Cécile et Thomas Ferenczi de leurs bontés, eux qui connaissent mon intérêt pour Garibaldi.  ~                                                    

 

                                                                              Mémoires de  G. GARIBALDI 

 

« ...Au bout d'un mois, le temps étant venu de me remettre en voyage, nous partîmes, Rossetti et moi, (de Montevideo), pour Rio-Grande. Notre voyage devait se faire et se fit à cheval; ce fut une grande joie et un grand plaisir pour moi. Nous voyagions ce que l'on appelle à escotero. Expliquons ce que c'est que cette manière de voyager, qui, pour la rapidité, laisse bien loin la poste, si prompte qu'elle soit dans les pays civilisés.

  Que l'on soit deux, trois ou quatre, on voyage avec une vingtaine de chevaux habitués à suivre ceux qui sont montés; lorsque le voyageur sent sa monture fatiguée, il met pied à terre, passe sa selle du dos de son cheval sur celui d'un cheval libre, l'enfourche, fait au galop trois ou quatre lieues, puis le quitte pour un autre, et toujours ainsi, jusqu'au moment où l'on décide de s'arrêter; les chevaux fatigués se reposent en continuant la route, délivrés de leur selle et de leur cavalier.

.........La Lagoa dos Patos: une trentaine de lieues de long. Quelques bas-fonds. Elle est profonde et peuplée de caïmans; elle est formée par cinq rivières qui viennent s'y jeter à son extrémité nord, et qui ont l'air de former les cinq doigts d'une main dont la paume est le bout de la lagune. Il y a un endroit d'où l'on voit à la fois les cinq rivières et qui s'appelle pour cette raison Viamao- (j'ai vu la main). Viamao avait changé de nom et s'appelait alors Settembrina, en commémoration de la république proclamée en septembre.

  Me trouvant inoccupé à Piratinin, je demandai à passer dans la colonne d'opérations dirigée sur San Gonzalès, près du président. Ce fut là que je vis ce vaillant pour la première fois, et que je passai quelques jours dans son intimité.....

...Je suivis la colonne jusqu'à Camodos,- passe du canal de San Gonzalès, qui relie la lagune dos Patos à Merim. Sylva Tanaris s'y était précipitamment retiré en apprenant qu'une colonne de l'armée républicaine s'approchait. 

  N'ayant pu le rejoindre, le président revint en arrière et je repris, à sa suite, la route de Piratinin. Vers ce temps, nous reçûmes la nouvelle de la bataille de Rio Pardo, où l'armée impériale fut complétement battue par les républicains.

  Je fus alors chargé de l'armement de deux lancions qui se trouvaient sur le Camacua, fleuve parallèle ou à peu près au canal de San Gonzalès, et qui comme lui débouche dans la lagune dos Patos. J'avais réuni, tant des matelots venus de Montevideo que de ceux que je trouvai à Piratinin, une trentaine d'hommes de toute nation. Il va sans dire que, malheureusement pour lui, mon cher Louis Carniglia en était. J'avais en outre comme nouvelle recrue un Français colossal, breton de naissance, que nous appelions Gros-Jean, et un autre nommé François, véritable flibustier, digne frère de la côte.

  Nous arrivâmes à Camacua: là, nous trouvâmes un Américain, nommé John GRogge, qui d'une ferme de Bento Gonzalès, qu'il habitait, était en train de surveiller l'achèvement de deux sloops.

  J'étais nommé chef de cette flotte encore en construction, avec le grade de Capitano tenente.

  C'était chose curieuse que cette construction, et qui faisait honneur à cette persistance américaine bien connue. On allait chercher le bois d'un côté et le fer de l'autre; deux ou trois charpentiers taillaient le bois, un mulâtre forgeait le fer. C'est ainsi que les deux sloops avaient été fabriqués, depuis les clous jusqu'aux cercles en fer des mâts.

  Au bout de deux mois la flotte fut prête. On arma chaque bâtiment de deux petites pièces en bronze; quarante noirs ou mulâtres furent adjoints aux trente Européens, et portèrent le rôle des deux équipages au chiffre de soixante dix hommes. Les lancions pouvaient être de 15 à 18 tonneaux l'un, de douze à quinze tonneaux l'autre.

  Je pris le commandement du plus fort, que nous baptisâmes le Rio Pardo. John Griggs reçut le commandement de l'autre, qui s'appela le Républicain. Rossetti était resté à Piratinin, chargé de la rédaction du journal le Peuple.

  Nous commençâmes, aussitôt la construction achevée, à courir la lagune dos Patos. Quelques jours s'écoulèrent à faire des prises insignifiantes.

  Les impériaux avaient à opposer à nos deux sloops, de vingt-huit tonneaux à eux deux, trente navires de guerre et un bateau à vapeur.

  Mais nous avions, nous, les bas fonds. La lagune n'était navigable, pour de grands bâtiments, que dans une espèce de canal longeant le bord oriental de la lagune.

  Du côté opposé, au contraire, le sol était coupé en pente, et nous-mêmes, malgré le peu d'eau que nous tirions, étions obligés de nous échouer plus de trente pas avant que d'arriver au bord. Les bancs de sable s'avançaient dans la lagune à peu près comme les dents d'un peigne, seulement ces dents étaient très écartées l'une de l'autre. Lorsque nous étions obligés de nous échouer, et que le canon d'un bâtiment de guerre ou d'un bateau à vapeur nous incommodait, je criais: - Allons, mes canards, à l'eau! Et mes canards sautaient à l'eau, et à force de bras on soulevait le lancion et on le portait de l'autre côté du banc de sable.

  Au milieu de tout cela, nous prîmes un bateau richement chargé, nous le conduisîmes sur la côte occidentale du lac, près de Camacua; et là nous le brûlâmes, après en avoir tiré tout ce qu'il fut possible d'en tirer. C'était la première prise que nous faisions qui en valût la peine; elle réjouit fort nore petite marine. D'abord, chacun eut sa part du butin, et avec un fonds de réserve je fis faire des uniformes à mes hommes.

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  Nous n'étions pas seulement des marins, nous étions, au besoin, des cavaliers; nous trouvions au moment du danger autant et plus de chevaux qu'il ne nous en fallait, et nous pouvions former, en deux heures, un escadron peu élégant, mais terrible. Tout le long de la lagune se trouvaient des estancias que le voisinage de la guerre avait fait déserter par leurs propriètaires; nous y rencontrions des bestiaux de toute espèce, monture et nourriture; en outre, dans chacune de ces fermes il y avait des portions de terrain cultivées, où nous récoltions le froment en abondance, des patates douces, et souvent d'excellentes oranges, cette contrée produisant les meilleures de l'Amérique du Sud. La horde qui m'accompagnait, véritable troupe cosmopolite, était composée d'hommes de toutes couleurs et de toutes nations. Je la traitais avec une bonté peut-être hors de saison avec de pareils hommes; - mais il y a une chose que je puis affirmer, c'est que je n'eus jamais à me repentir de cette bonté, chacun obéissant à mon premier ordre, ne me mettant jamais dans la nécessité de me fatiguer ni de punir.

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  Je proposais de laisser dans la lagune les deux plus petits lancions; leur chef serait un très bon marin, nommé Zefferino D'Utra. Moi, avec les deux autres, ayant sous mes ordres Griggs et la partie la plus aventureuse de nos aventuriers, j'accompagnerais l'expédition, opérant par mer, tandis que le général Canavarro opérerait par terre. C'était un fort beau plan, seulement il s'agissait de le mettre à exécution. Je proposai de construire deux charrettes assez grandes et assez solides pour mettre sur chacune d'elles un lancion, et d'atteler à ces charrettes bœufs et chevaux, dans la quantité qu'il faudrait pour les traîner. Ma proposition fut adoptée, et je fus chargé d'y donner suite. Seulement, en y réfléchissant, j'y introduisis les modifications suivantes:

  Je fis faire, par un habile charron nommé Abreu, huit énormes roues d'une solidité à toute épreuve, avec des moyeux proportionnés au poids qu'elles devaient supporter. A l'une des extrémités du lac,-celle qui est opposée à Rio Grande du Sud, c'est-à-dire au nord-est,- il existe, au fond d'un ravin, un petit ruisseau qui coule de la lagune dos Patos dans le lac Tramandai, sur lequel il s'agissait de transporter nos deux lancions.  Je fis descendre dans ce ravin, en l'immergeant le plus possible, un de nos chars; puis, de même que nous faisions pour les transporter par dessus les bancs de sable, nous soulevâmes le lancion jusqu'à ce que sa quille reposât sur le double essieu. Cent boeufs domestiques, attelés aux timons à l'aide de nos plus solides cordages, furent excités à la fois, et je vis, avec une satisfaction que je ne puis rendre, le plus grand de mes deux bâtiments se mettre en marche comme un colis ordinaire. Le second char descendit à son tour, fut chargé comme le premier, et, comme le premier, s'ébranla heureusement. Alors les habitants jouirent d'un spectacle curieux et inaccoutumé, celui de deux bâtiments traversant en charrette, et traînés par deux cents boeufs, un espace de cinquante-quatre milles, c'est-à-dire dix-huit lieues, et cela sans la moindre difficulté, sans le plus petit accident. Arrivés sur le bord du lac Tramandaï, les lancions furent remis à l'eau de la même manière qu'ils avaient été embarqués; là on leur fit les petites réparations que nécessitait le voyage, mais qui étaient si peu de chose qu'au bout de trois jours ils étaient aptes à la navigation.

  Le lac Tramandaï est formé par des eaux courantes, prenant leur source sur le versant oriental de la chaîne des monts do Espinasso; il s'ouvre sur l'Atlantique, mais à si peu de profondeur, que dans les grandes marées seulement cette profondeur atteint quatre ou cinq pieds. Ajoutons à cela que sur cette côte, ouverte de toutes parts, presque jamais la mer n'est calme, mais qu'elle est, au contraire, la plupart du temps orageuse. Le bruit des brisants qui bordent la côte, et que les marins appellent des chevaux, à cause de l'écume qu'ils font voler autour d'eux, s'entend à plusieurs milles à l'intérieur, et souvent est pris pour le mugissement du tonnerre. "

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                                                                       Monument à Porto Alegre

 

 

                                                 Farroupilha

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Note personnelle:

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 Étonnante présence de Giuseppe Garibaldi et de Jean-Baptiste Roux, le premier né le 4 juillet 1807  à Nice, le second le 15 juin 1802 à Trans dans le Var, près de Draguignan. Tous deux francs-maçons. Étonnante coïncidence le fait que la première fiancée de G.Garibaldi ait été une demoiselle Françoise Roux !...

Et puis, dans sa fuite vers Marseille, Garibaldi, poursuivi par les gendarmes, n'a-t-il pas bénéficié de la bienveillance d'un aubergiste, prés de Draguignan? Or un certain Roquemaure tenait à l'époque une auberge, sur la route de Trans à Draguignan. La mère de Jean-baptiste Roux s'appelait... Marguerite Justine Roquemaure. 

Etonnant le fait que le frère de Jean-Baptiste, lui-même prénommé Jean-Baptiste, ait participé, la nuit du 9 au 10 mars 1829, au Sacrilège de Saint Théodore qui eut un tel retentissement immédiat, et pendant de longues années, à Marseille. Etonnante l'importance de la bande des malfaiteurs pour, finalement, un bien maigre butin (du point de vue matériel), alors que Saint Théodore regorgeait d'objets précieux. Etonnant que le 10 mars corresponde au 1er de l'an des Carbonari. Etonnante la présence de Mazzini à Marseille peu de temps après. Etonnante celle de Giuseppe Garibaldi peu de temps après également, juste avant de s'embarquer pour Rio de Janeiro...

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Giuseppe Garibaldi, le 10 août 1838, a été nommé Commandant en chef de la Marine Catarinense.

* (Il est à noter que les 18 octobre et 19 novembre 1838 il existe une correspondance au sujet de fournitures de Jean-Baptiste Roux à Domingos José De Almeida   (voir ANAIS AHRS CV-8051)- le août 1839 une lettre de Jean-Baptiste Roux à Domingos José de Almeida (CV - 8052) fait état d'achat de boeufs qui auraient pu être précisèment ceux (environ 200) qui ont servi à tirer les lanchoes construits, sous l'autorité de G. Garibaldi, des abords de Porto Alegre jusqu'à l'ocèan Atlantique.

- 14 décembre 1839 :GARIBALDI et Anita combattent aux côtés des Farrapos sur les rives du rio Pelotas.

- 12 janvier 1840: au combat de Forquilhas, les Farrapos sont mis en déroute. Anita est prisonnière des Impérialistes. Peu de temps après, elle s'enfuit en volant un cheval.

- En avril 1940, GARIBALDI prend part, près de Porto Alegre, et en mai, à la bataille de Taquari, aux proportions gigantesques.

- A Itapua: le général Antônio de SOUZA NETO, GARIBALDI et le major BARRETO.
- 16 juillet 1840: attaque de Sao José do Norte

- 20 septembre 1840: naissance de Domingos Menotti GARIBALDI fils de Giuseppe et d'Anita, à Sao Simao, Comarca de Mostarda. 

 

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VIDA NA GUERRA 
“A jornada se tornou penosa para Anita, que começava a ter enjoos da gravidez; montada num cavalo, embora preferisse muitas vezes seguir a pé, para ombrear com os homens, por vezes balançava, zonza, e precisava ser amparada para não cair. A perseguição invisível os fazia parar por pouco tempo e quase não os deixava dormir. A comida era escassa; não se podia nem pensar em entrar nas vilas ocupadas pelas tropas imperiais. Seguiam pelo caminho mais difícil, subindo a serra dos Parecis; descessem pelo litoral e seriam facilmente localizados. 
Levaram três dias até alcançar o planalto, passando ao largo de Lages; depois, voltaram-se para o sul, em direção a Torres, base conservada pelos revolucionários, onde Giuseppe imaginava que Canabarro reagruparia suas forças. Sabia que a coluna necessitava descansar, especialmente Anita, mas também tinha pressa em sair dali, buscar a proteção do grosso das forças revolucionárias, sem as quais eles estariam à mercê dos imperiais. Como está você?, vivia perguntando a Anita, alma pesada de culpa por submetê-la àquela provação; porém, a cada dia confirmava que, se havia uma mulher para aquela situação, era ela. Mesmo mareada, brincava: bebês não são doença, dizia; já tive oportunidade de fugir de você e não fugi; agora, só se você correr de mim.” 

Thales Guaracy. Anita - um romance sobre a coragem. Rio de Janeiro: Record, 2017. p. 67.

 

                           Tous mes remerciements à Cécile Ferenczi qui m'a communiqué ce texte

                                 ainsi qu'à Valentin pour ses traduction et commentaires.

 

                                                               

 

                                                                                °°°

 

 

                                 Os segredos do Jarau: documentos sobre a Revolução Farroupilha – Anais AHRS:

 

- CV- 8051  :  courrier de S.Exc. O Sr.Ministro ALMEIDA à Joao Baptista ROUX: 18 octobre 1838

-3 1⁄2 Covados de Casimir à 1$920.........6$720

-5 dito Holanda à $320

-2 1⁄4 dito de panno à 5$760

-2 gorros à 1$280

-1 1⁄2 vara de Gazilla à $640

-3 lenços de seda

-6 pares de meia

-1 1/3 vara de fita

-3 1⁄2 dita transilia

-1/3 Casimira

-1/3 Dita

-2 1⁄2 vara trensilia

-29 vara algodao sufestado(?) à 640

                                                                                                              19 novembre 1838 :


-65 patacoens em prata

-Fazenda levada a Sr.Januario BORGES -Idem a Sr.Militao

Total = 259$530

           -58$080 Abato a importcia de conta de J.B 

          201$450     (annoté au verso Jean Baptiste Roux)

 

  

le 10 avril 1840: Lettre de JBR à Domingos José de ALMEIDA, ministro das Fazendas

(CV- 8058). JBR est alors à RIO PARDO, RGS:

Illmo. Exmo. Siñor Ministro da Fazenda. Domingos Jozé de Almeida.
Exmo. Señor participo a V. Exia. que se aprezentou o señor
Jozé Antonio Jaques com huma ordem de V. Exia. a onde V. Exia. me dizia que de las 184 $ 960 que me mandou dar da Dona Maria da Fontoura Corte real 76$800 da ditta Senora
 cento y oitenta mil cento secenta reis do señor Tenente Coronel de Morais me costa à participarlo que con la misma ordem do Señor Jacques me aprezentei à Dona Maria Corte Real pagou la quantia que V. Exia. pedio en sua ordem e el señor Tenente Coronel deMorais no quer pagarlo que lê corresponde por este determinei à entregar o Señor José Antônio Jaques la quantia que tenho recebida da Senhora Dona Maria da Funtura Corte Real como V. Exia. vera por lo recibo que juntamente le mando por primeira e segunda via conforme à sua ordem à respeito de 30 alqueires de farinha que V. Exia. me pedia no existe deste genero no Rio Pardo esta se vendendo a seis pataque o alqueire.
Deus guarde à V. Exa. muitos annos.
Rio Pardo, 10 d ́abril 1840.
[a]
João Baptista Roux.
[Anotado na margem superior] Respondido a 21 –

– [Anotado no verso] S. D. R. 

  

               

                                                             °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

                                                                       Garibaldi et les chandelles !

   J'ai lu quelque part que Garibaldi étant dans son logis (spartiate...), au Rio Grande do Sul, un personnage important, parmi les leaders des Farroupilhas, (Bento Gonçalves lui-même?), était venu le voir. La nuit était tombée. Il frappe à la porte et entre. La maison était plongée dans l'obscurité la plus totale. "Senor Garibaldi ?" - "Oui, oui, montez , c'est à l'étage!". Arrivé tant bien que mal en haut de l'escalier : "Mais comment donc se fait-il que vous demeuriez dans le noir?"... Garibaldi n'avait même pas de quoi payer le prix de chandelles...

  En fait, dans "Histoire de la guerre de l'Italie : Joseph Garibaldi" / Auteur J-B  Charles Paya ; éditeur G. Barba (Paris) - 1860 (provenance BnF), on peut lire : "Dans l'automne de 1846, Garibaldi retourna à Montevideo après avoir accompli sa mission à la pleine satisfaction de l'Uruguay. En récompense de sa belle conduite, le gouvernement lui conféra le titre de général - Le guérillero déclina d'abord cet honneur, mais la sollicitation publique le détermina plus tard à l'accepter. Il en fut autrement de son refus de terres et de troupeaux pour lui-même et pour des légionnaires. Prières et conseils, tout fut impuissant à ébranler sa détermination. Il protesta que les Italiens de Montevideo avaient pris les armes pour "obéir au seul appel de la Liberté et non dans des vues ambitieuses de gain et d'avancement." Insister encore, après une déclaration si nette, eût été blesser la fierté de son coeur.

  Ce refus de Garibaldi était d'autant plus méritoire qu'on sut plus tard, à n'en pouvoir douter, qu'au moment où il le faisait sa famille et lui en étaient réduits à vivre de sa ration de soldat, et que, cette ration ne comprenant pas de luminaire, l'intérieur du général n'était jamais éclairé la nuit. Lorsqu'un fait pareil fut connu du général Pacheco y Obes, alors ministre de la guerre, il se hâta d'envoyer à Garibaldi, ainsi qu'il le rapporta lui-même, son aide de camp avec une somme de 500 francs. Garibaldi accepta la moitié de cette somme pour les plus pressantes nécessités de sa famille et pria de donner l'autre moitié à une veuve qu'il désigna. "Elle en avait, disait-il, plus besoin que lui-même"

  ( Plus tard, à Rome, Pie IX ayant été chassé par la révolution, Garibaldi sert la république romaine contre les Français et les Napolitains. En juin 1849, il est battu.. Il s'enfuit. Recherché, il s'exile en Amérique où il devient...marchand de chandelles à New-York.)

 

GARIBALDI MASSONERIA UNITA' D'ITALIA.mov

 

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Artigas, Historia de Argentina, Uruguay, Río Grande do Sul y Patria Gaucha

Garibaldi, citizen of the World par Alfonso Scirocco

"...Garibaldi avait beaucoup de charme. Malvida von Meysenburg, une amie de Wagner sensible et cultivée, rapporte que sa voix était très belle et beguiling , et sa conversation "fraîche, animée et pleine d'une grande simplicité, comme il était par nature, et pleine de poésie. Quand il parlait de ses aventures en Amérique du Sud, on avait l'impression d'entendre un des héros de Homère."

Les mérites et les défauts de son physique et de son caractère attiraient les femmes. Il n'avait sans doute pas une femme dans chaque port lorsqu'il parcourait la Méditerranée en long en large et en travers, bien que son séjour prolongé à Constantinople entretient nos suspicions.

En 1827, quand son bateau quitta Nice, il promit à sa fiancée Françoise ROUX, qu'ils se marieraient bientôt. A son retour en 1831, il se précipita chez la merveilleuse jeune femme...pour apprendre qu'elle s'était mariée et avait un fils. Trois ans plus tard, de Marseille où venait tout juste de s'exiler, il écrivit trois lettres d'amour passionné à une certaine Angelina à Nice.

En mer il était réputé pour son sérieux et sa respectabilité, mais à terre il se montrait bon vivant, bon buveur, ne dédaignant pas les amours tarifées. En 1834, il dût se soigner d'une maladie vénérienne. On rapporta, beaucoup plus tard, qu'un soir, avec un groupe de marins chantant dans les rues de Taganrog, il fut arrêté pour trouble à l'ordre public. Ayant été libéré, après que soit intervenu un influent businessman italien, il ne respecta pas l'engagement qu'il avait de rester à bord et fut de nouveau arrêté avec le risque d'être déporté.

C'était un marin comme un autre et il faisait peu de cas des luttes pour la liberté et l'indépendance nationale qui commençaient à se manifester tant sur terre que sur mer, chez soi qu'à l'étranger.

En 1821, les Grecs se soulevèrent contre la domination turque et se battirent pendant 10 ans, avec l'aide de la France, de l'Angleterre et de la Russie pour obtenir leur indépendance.

Garibaldi fut un simple témoin d'attaques de pirates, et ne s'est jamais intéressé de près aux raisons des désordres dans les mers du Levant. Son admiration pour les leaders grecs est venue après l'événement, sans aucun lien avec ses expériences de jeunesse. Cela ne doit pas nous surprendre. Ses biographes proclament toujours qu'il avait eu des idéaux patriotiques durant sa jeunesse et qu'il suivait alors de près les événements en Italie, se basant, pour affirmer cela, sur quelques lignes dans ses Mémoires où il dit aimer son pays depuis ses plus tendres années, désirait sa renaissance et voyait partout des livres et des écrits traitant de la liberté italienne. Ils ne prennent jamais en considération le fait que les marins sont des gens à part de la société, qu'ils vivent pendant plusieurs mois en petits groupes, souvent composés de gens de différentes nationalités. Ils font un travail très spécial et risqué, et n'ont pas une grande connaissance de la vie culturelle. De retour chez eux, souvent dans de petits villages côtiers isolés dans la montagne, pour quelques mois ou seulement même quelques semaines, ils sont accaparés par les joies et les misères de leurs familles qui les attendaient. Il faut se rendre compte des difficultés avec lesquelles les nouvelles circulaient entre des capitales distantes ou à l'intérieur de l'Italie au début du 19ème siècle, et du fait de la censure quant aux nouvelles pouvant être désagréables aux personnes détenant le pouvoir.

Dans ses Mémoires, Garibaldi n'a aucun souvenir de luttes pour la liberté à l'époque où il traversait la mer Noire sur des navires marchands...La jeunesse de Garibaldi à bord de navires marchands était pareille à celle de ses semblables, même si nous savons qu'il lisait beaucoup et s'intéressait à d'autres mondes que celui où il vivait...

En 1832, il sut que le duc de Modène avait condamné à mort Ciro Menotti. Il en fut profondément affecté. Plus tard, il appellera son premier fils Menotti.

Il commençait à prendre conscience du problème italien...

...en Mars 1833, un groupe de treize passagers français, des Saint-Simoniens, embarquaient à bord du Clorinda, à Marseille, pour Constantinople.

Saint Simon proposait une société planifiée, sous la houlette des banquiers, afin de promouvoir des activités fructueuses, dans le but d'élever le niveau général de vie, une société où chacun serait rétribué en fonction de ses capacités à produire, à travers des services profitant à la 

collectivité. La justice sociale dans le respect de la loi devait assurer la paix à l'intérieur des sociétés et le bonheur des classes laborieuses. La collaboration entre les capitalistes dans un développement économique global favorisé par un travail public à grande échelle devait profiter à l'humanité toute entière, conduisant à l'unification de tous les peuples. Pour couronner ce nouvel ordre fondé sur la science, Saint Simon créa une nouvelle religion répondant aux aspirations spirituelles irrépressibles. Ses disciples développèrent ses idées après sa mort en 1825. Certains étaient plus intéressés par les aspects philosophiques de son travail. D'autres par les principes d'organisation du travail, consistant à donner le premier rôle dans l'économie aux techniciens; d'autres encore favorisaient le côté religieux destiné à conduire l'humanité à la paix universelle.

Un mouvement fut créé sous la conduite de Barthélémy Prosper ENFANTIN, qui mêlait foi dans les capacités civilisatrices de la science et une vision religieuse de tous les peuples marchant vers leur unification ultime. Une sorte d'église fut créée avec à sa hâte ENFANTIN: ils attendaient la venue de la "Mère" qui devait s'unir avec le Père pour symboliser l'union de l'intellect et de l'émotion. Le Saint-simonisme se répandit en France dans les années 1830, mais se heurta au gouvernement parce qu'il prenait pour base de la société les bourgeois et qu'il était accusé d'attaquer les droits à la propriété et de promouvoir l'amour libre. On trouva un prétexte pour condamner ENFANTIN à un an de prison et on en profita pour expulser ses disciples de France.

MAZZINI

La propagande de MAZZINI ne laissait pas de côté les marins qui jusque là avaient été négligés par les sociétés secrètes. Ce constant mélange social permettait de faire circuler des écrits incendiaires destinés à tous les Italiens qui se déplaçaient d'un port à un autre. Sans doute y avaient des marins italiens originaires de différentes régions dans la taverne où entra Garibaldi cette nuit-là. L'un d'un, qu'on appelait le "believer " à cause de la façon dont il parlait de ses espoirs "d'un futur joyeux et glorieux pour la patrie italienne", était en train d'exposer les idées de MAZZINI. Comme Garibaldi l'écoutait, il se sentit de plus en plus attiré et courut à l'homme inconnu pour l'embrasser, l'appelant son "bosom friend". L'homme l'initia aux doctrines de la "Jeune Italie". Pour Garibaldi, cela déboucha sur la mission humanitaire générale de BARRAULT dans l'idéal concret d'une lutte pour l'indépendance et l'unification italienne qui devait être la première étape vers la délivrance de tous les peuples oppressés. "Colomb n'a certainement pas ressenti autant de satisfaction à découvrir l'Amérique que moi à découvrir quelqu'un concerné par la libération de la patrie." écrit-il dans ses Mémoires. Le voyage à bord du Clorinda fut un tournant de sa vie. Plus jamais il ne se contenta d'une vie de marin sillonnant la Méditerranée.

De la conspiration à l'exil

Les aventures de Garibaldi commencent.

Jessie White Mario et Giuseppe Guerzoni tous deux très proches de Garibaldi dans les années 1850 et auteurs de biographies monumentales immédiatement après sa mort ont identifié le "believer " comme étant Giovan Battista CUNEO, compagnon de Garibaldi en Amérique du Sud et auteur en 1850 d'une biographie précoce et partielle rapportant l'épisode de Taganrog. Ils assurent aussi que le jeune Garibaldi, de retour à Nice à la fin du voyage du Clarinda en juillet 1833, se précipita à Marseille, chez CUNEO, pour rencontrer un homme nommé COVI, et qu'ils eurent des contacts avec MAZZINI, qui a pu l'initier personnellement à la Jeune Italie. On suppose que MAZZINI lui confia la tâche de mener la propagande révolutionnaire dans la marine Piémontaise en collaboration avec d'autres initiatives insurrectionnelles prévues en 1834. Ceci confirmerait que Garibaldi était membre de l'organisation de MAZZINI et avait un rôle spécifique à remplir après la rencontre avec son mentor.

A vrai dire, le "believer " que Garibaldi a rencontré à Taganrog pourrait ne pas avoir été CUNEO, qui, en 1833, était déjà en investigation et aurait trouvé dur de partir en Mer Noire. En réalité, il rencontra Garibaldi en Amérique du Sud, où ils sont devenus amis. Dans ses Mémoires, Garibaldi parle du "believer " comme un jeune homme originaire de Ligurie "où il m'informa au début sur la façon dont notre cause progressait". Il ne le nomme pas, sans doute parce qu'il n'accordait pas 

une grande importance à cette rencontre, peut-être parce qu'il fut par la suite déçu, peut-être simplement parce qu'il avait oublié le nom de quelqu'un qu'il n'allait plus jamais revoir par la suite.

La seconde partie de la tradition, prétendant que les deux futurs leaders de la Démocratie italienne se seraient rencontrés à Marseille, ne peut être vraie à cause des dates. Garibaldi, qui a débarqué du Clorinda le 17 août 1833 à Villefranche sur mer, n'a pu rencontrer MAZZINI à Marseille, puisque ce dernier est parti à Genève en juin. De plus MAZZINI assure, en 1860, qu'il a entendu parler de Garibaldi après l'insurrection ratée de Gênes en 1834 (p.18) et, dans une lettre de 1841, il parle de lui comme d'un certain GARIBALDI, ce qui montre bien qu'il n'a encore établi aucun contact avec lui. GARIBALDI lui-même déclaré qu'il a rencontré MAZZINI pour la première fois à Milan en 1848.

Alors, qu'a donc fait GARIBALDI entre Août 1833 et Février 1834, et qu'elles étaient ses motivations? Premièrement il faut savoir que le Royaume de Sardaigne avait institué le service militaire. Pour les marins de commerce cela signifiait qu'il leur fallait effectuer cinq ans dans la marine de guerre. Ceux qui effectuaient des voyages internationaux étaient autorisés à choisir une solution moins contraignante avant d'atteindre l'âge de quarante ans. GARIBALDI reçut l'ordre de rejoindre l'armée à Gênes le 16 décembre 1833. Il rallia l'Euridice le 26 du même mois. La marine demandait que l'on adoptât un nom de guerre pour éviter les confusions, car beaucoup d'hommes portaient le même nom, étant originaires des mêmes régions. Généralement les gens choisissaient un pseudonyme commençant par l'initiale de leur nom et tiré de poèmes populaires, ou des noms de fleurs ou de gemmes. GARIBALDI fut autorisé à prendre le pseudonyme de CLEOMBROTUS, le frère jumeau de Pélopidas qui combattit avec Epaminondas pour sauver Thèbes de la domination de Sparte. Cela montre son amour pour l'histoire ancienne, mais aussi une claire demande de liberté.

Un jeune officier destiné à être rapidement promu commandant dans la marine marchande n'était, normalement, à moins d'en avoir une bonne raison, pas pressé de partir si rapidement dans l'armée comme marin de troisième classe. En l'absence de motifs personnels ou familiaux, seuls des considérations politiques ont poussé GARIBALDI à faire un tel choix. Jeune Italie était présent à Gênes, où MAZZINI avait de nombreux amis, ainsi que dans le Piémont et en Savoie (qui, comme Nice, appartenaient au Royaume de Sardaigne. Au printemps 1833, le réseau subversif fut sévèrement réprimé. Douze des conspirateurs furent condamnés à mort, deux se suicidèrent, vingt -huit furent envoyés en prison, et deux cents environ s'échappèrent. MAZZINI n'était pas homme à renoncer. A l'automne, il complotait toujours contre le Royaume de Sardaigne.

Il planifia un mouvement comprenant plusieurs insurrections: une force devait pénétrer en Savoie à partir de la France et de la Suisse, tandis qu'un autre groupe de conspirateurs devait lancer une insurrection à Gênes, s'opposant à la monarchie, en souvenir d'une longue indépendance dans le passé et d'une république libre. Mettant toute son énergie à organiser les forces d'invasion, MAZZINI recherchait un expert militaire qui fût aussi un patriote. Il le trouva en la personne du Général Gerolamo Ramorino, un officier gênois qui s'était battu, sous Napoléon, et, en 1831, était un chef militaire de la révolution polonaise. Il entreprit de créer une force d'un millier d'hommes composée d'exilés Italiens, Polonais, Allemands et de républicains français et suisses.

En même temps, l'autre partie du plan de MAZZINI se préparait à Gênes. GARIBALDI suivait les idées de MAZZINI , mais n'était pas encore membre de Jeune Italie qu'il allait rejoindre plus tard. Ce que montre le fait de choisir son nom de guerre destiné à égarer la police. Il choisit BOREL, le nom d'un homme qui avait pris part à l'expédition contre la Savoie et était considéré comme un martyr de la cause. Garibaldi pourrait ne pas avoir rejoint Jeune Italie avant février 1834; il ne serait pas surprenant que Garibaldi n'ait pas suivi les enseignements de MAZZINI ni rejoint son organisation; toute sa vie, il n'a pas ressenti le besoin d'examiner idéologiquement les doctrines pour inspirer ses actions et refusa de rejoindre des organisations qui l'auraient traité en subordonné et forcé à exécuter des ordres contraires à ses convictions. Il se contentait de principes pour conduire ses idées, tout en gardant la liberté d'agir à son idée.C'est ce qui l'a toujours caractérisé et le distinguait du monde politique, des démocrates Italiens ou autres Démocrates européens. Il avait une forte personnalité et des convictions auxquelles il est resté loyal toute sa vie. Il s'en servit pour adapter les doctrines de Saint Simon et de MAZZINI qui lui avaient ouvert le monde politique. 

Les partisans de Jeune Italie se réunirent à Marseille, Nice, Gênes, pour planifier l'action. MUTRU, qui devint l'ami de Garibaldi et connaissait sa mission, rejoignit le bateau dans le même temps...........(manque page).............

Il reçut des nouvelles selon lesquelles il était en danger, et décida de chercher refuge en France. Après un séjour de seulement trente-quatre heures, il embrassa ses parents (il ne revit jamais son père) et partit pour la frontière (le Var), accompagné de son cousin, Gustavin, et d'un ami....Moins d'un an après l'embarquement, sur le Clorinda, des Saint-Simoniens, il était le seul à devoir partir en exil.

GARIBALDI ne perdit pas espoir. Il se présenta au poste frontière de la gendarmerie française. Les gendarmes l'emmenèrent à Draguignan, en attendant les ordres de leur hiérarchie. Craignant l'emprisonnement, il se sauva par la fenêtre et prit des chemins détournés pour se rendre à Marseille. Il rencontra le danger dans une auberge dont le propriétaire se rendit compte qu'il était hors-la-loi et craignait les ennuis. Garibaldi joua la montre et lui demanda de lui laisser le temps de finir son repas. Comme il cherchait par quels moyens s'échapper, l'auberge se remplit de jeunes du pays qui commencèrent à boire et à chanter. GARIBALDI se joignit à eux, et de sa belle voix de ténor chanta une chanson de Pierre-Jean BELLANGER, le poète populaire adoré. Ce fut un triomphe. La soirée se poursuivit en bonne compagnie et à la fin, l'étranger se sauva sans être inquiété.

A son arrivée à Marseille, Garibaldi trouva des amis pour l'aider. Et il en avait grand besoin. Une cour militaire à Gênes avait jugé neuf responsables de l'insurrection manquée. S'il y avait eu d'autres complices, ils s'étaient arrangés pour disparaître et on n'en a jamais entendu parler. Parmi les neuf, six étaient en détention: un "lance corporal", deux marins de commerce, un marin de la navale (MUTRU), un employé de librairie, et un "député Clerc" à la cour de la préfecture. Ils furent tous acquittés, soit par manque de preuves, soit par défaut d'accusation. GARIBALDI et les deux autres fugitifs, un capitaine du service marchand de Nice et un autre homme dont la profession n'est pas connue, furent accusés d'être les instigateurs de la conspiration qui visait une insurrection des troupes royales et le renversement du gouvernement de Sa Majesté, et condamnés à une "mort ignominieuse". Ils furent déclarés encourir une "public vendetta comme ennemis de la Patrie et de l'Etat, et toutes les punitions et pénalités imposées par les lois royales contre cette catégorie de bandits". Cette sentence disproportionnée était destinée à effrayer.

Le "bandit" GARIBALDI n'allait pas être poursuivi avec beaucoup de vigueur, et recevra même, étant en France, la visite de sa mère. Malgré tout il devait vivre dans l'anonymat. En juin, la nouvelle de sa condamnation à mort arriva à Marseille par un journal : Le Peuple Souverain. GARIBALDI écrit dans ses Mémoires que c'était la première fois qu'il voyait son nom dans un journal. Cela doit faire un choc à quiconque se croit juste accusé de désertion. Pendant un temps il ne fit plus rien et vécu en semi-clandestinité dans la maison de son ami Giuseppe PARES. L'argent qu'il avait en arrivant était presque entièrement dépensé aussi cherchait-il un embarquement. Cela ne fut pas très difficile, Marseille étant un terminus pour le commerce de tout le pourtour méditerranéen, un centre pour d'importantes industries comprenant le tannage et les savonneries, et se tournait vers la navigation à vapeur. GARIBALDI prit la fausse identité de Joseph PANE, marin anglais, qu'il allait utiliser dans d'autres occasions. Peut-être acheta-t-il les documents à quelqu'un qu'il connaissait, mais il est douteux qu'il ait déclaré une origine italienne (p.24). Le 25 juillet il embarque, officiellement comme marin, sur le navire L'UNION, brigantine, à destination de la Mer Noire, armé de huit personnes, (il déclare être né à Naples), mais en fait il remplit les fonctions de second capitaine. Il ne pouvait occuper le poste officiellement, ne pouvant produire les documents nécessaires. De retour de ce voyage, le 2 mars 1835, il débarque en mai avec une partie de l'équipage, embarque sur la frégate EUSSENIE, un navire construit à Marseille pour le Bey, pour le livrer à Tunis, puis revient à Marseille sur un navire de guerre tunisien. Une épidémie de choléra sévissait à Marseille, et avec sa générosité naturelle il se porte volontaire pour assister les malades. Après un an passé à Marseille, sa situation matérielle était devenue précaire. (p.24) Il s'efforçait d'éviter les places qui l'obligeaient à vivre en clandestin; il essaya même de s'engager de nouveau dans des activités politiques afin de poursuivre des idéaux qui lui avaient fait renoncer à une carrière qui se promettait lucrative. Du fait de la sentence de haut niveau qui l'avait frappé, il fut approché par des disciples de MAZZINI . Nous ne savons pas par qui. Ses Mémoires ne nous apprennent rien à ce sujet. Aprés que MAZZINI eût quitté la Suisse, ses plus importants disciples s'étaient dispersés. 

Nous avons besoin de quelques pistes. L'une nous amène à Luigi CANESSA, un exilé resré en contact avec MAZZINI bien qu'il ne soit pas toujours fiable compte-tenu de son caractère changeant. GARIBALDI lui écrivit sa première lettre du Brésil, ce qui signifie qu'il le connaissait en tant que contact dans l'organisation, celle-ci ne pouvant être que Jeune Italie. En avri 1834 MAZZINI créa le mouvement Jeune Europe, pour préparer l'avenir Européen, en vue d'une nouvelle ère "Fatherland and Humanity. Les organisations qu'il avait lancées, Jeune Italie, Jeune Allemagne, Jeune Pologne et Jeune Suisse rejoignirent toutes le nouveau mouvement. Il croyait qu'elles tendaient toutes vers une seule fin où l'humanité toute entière serait guidée par la même foi vers la liberté, l'égalité et le progrès, parce que "partout où règnent l'inégalité, l'oppression et la violation de la fraternité humaine, c'est le droit et le devoir de chacun de s'y opposer, d'oeuvrer à les détruire, et de défendre l'opprimé contre l'oppresseur." GARIBALDI trouva dans cette doctrine que l'amour pour l'Italie et le cosmopolitisme pouvaient aller la main dans la main et cette idée que lutter pour cette partie de l'humanité opprimée était ce qui l'avait le plus fascinée lors de sa rencontre avec BARRAULT.

L'introduction de GARIBALDI à cette version de l'idéologie de MAZZINI en 1835 est confirmée par un fait que les historiens ont choisi d'ignorer. Dans une lettre à MAZZINI de Rio, sur laquelle nous reviendrons plus tard, GARIBALDI lui demande de transmettre ses remerciements à GHIGLIONE et ajoute: "si je le vois un jour, je lui ferai regretter son silence". Antonio GHIGLIONE était un disciple de MAZZINI qui avait fui Gênes lors des premières arrestations de 1833 et avait trouvé refuge en Suisse chez MAZZINI. Il prit part à l'expédition de Savoie et fut un des sept Italiens signataires du document fondateur du mouvement Jeune Europe pour Jeune Italie, avec onze révolutionnaires polonais et allemands. MAZZINI l'envoya à Naples à l'été 1835. Comme il devait éviter les polices piémontaise et autrichienne, il passa par la France et s'embarqua à Marseille. Agostino RUFFINI nous dit que le 7 juin il était dans un port de mer en France. Il semble qu'il ait rencontré Garibaldi soit au départ, soit au retour du voyage et qu'il l'initia à Jeune Europe. Il semble qu'il n'ait pas gardé le contact ou manqué à la promesse qu'il avait faite à MAZZINI de lui écrire. En tout cas son nom de guerre en souvenir du Français BORREL (BOREL) montre l connections Jeune Europe. BORREL fut tué lors de l'expédition de Savoie et fut perçu comme un martyr- à tort- toutefois puisqu'il avait rejoint la force pour des raisons pécuniaires et se conduisit comme un couard face à la mort.(p.26)

.......
Le brigantin français Nautonnier qui faisait régulièrement les routes transatlantiques, toucha

Marseille en août pour ensuite appareiller pour Rio de Janeiro avec un équipage de douze hommes, dont GARIBALDI, enrôlé sous le nom de Giuseppe PANE, natif de Livourne. Comme d'habitude, il était embarqué comme matelot, mais percevait un salaire de quatre-vingt cinq francs (au lieu de quarante cinq) et travaillait comme bosco. CANESSA lui avait donné une commission et quelques lettres d'introduction auprès d'Italiens vivant au Brésil, à qui il annonçait l'arrivée de GARIBALDI. L'attente était terminée et toutes ses pensées étaient à présent tournées ces terres lointaines.

L'INTERLUDE DE RIO

L'Amérique du Sud fut occupée par l'Espagne au 16ème siècle, et seul le Brésil devint colonie portugaise. Pendant les guerres napoléoniennes au début du 19ème siècle, Portugal et Espagne furent envahis par les armées françaises, ce qui coupa les communications entre les colonies et leurs mères patries. Les colonies commencèrent à demander leur indépendance.

Les possessions espagnoles commencèrent un processus de séparation violente et combattirent les troupes envoyées par Madrid après la restauration de la monarchie en 1814. La lutte atteint son paroxysme entre 1824 et 1826.

Nouvelle Espagne, Pérou, Nouvelle Grenade, La Plata furent divisés en un nombre de républiques indépendantes au cours de plusieurs années de guerre civile contre Espagnols nés en Espagne, Espagnols nés en Amérique, et Métis, mais sans former une confédération comme cela s'est fait pour les États Unis d'Amérique du Nord. La consolidation des états nouvellement formés 

ne fut pas chose facile, et pendant un certain temps il y eut des conflits de frontières et des luttes intérieures pour le pouvoir.
"............................"

Quand GARIBALDI arriva à Rio de Janeiro, en 1836, il trouva une ville en croissance rapide. Son statut de capitale avait eu pour effet un développement désordonné. La zone résidentielle s'étendait sans aucune planification de la mer aux défenses naturelles des montagnes environnantes. Les chemins étaient mal pavés ou pas pavés du tout. Les riches vivaient dans les périphéries verdoyantes, et les plus anciens quartiers, le centre ville, était en bord de mer et comprenait le port et le Largo do Parco, un endroit pour les marins et les commerçants. La population s'accroissait, 112000 habitants en 1821, atteignant 137000 et même plus en 1838. Environ 50000 étaient des étrangers, beaucoup d'entre eux des britanniques qui tenaient le commerce. Les Italiens ne constituaient pas une colonie importante, quelques centaines d'individus. Beaucoup étaient des exilés en désaccord politiquement et sous la surveillance de leurs gouvernements respectifs.

Le plus important contingent était composé de Liguriens, parce que les navires sardes étaient prédominants dans le commerce avec l'Amérique latine et assuraient du cabotage entre les ports américains. Selon un rapport datant de 1833 du consul Neapolitan à son gouvernement, entre 50 et 60 navires de 120 à 300 tonneaux quittaient Gênes chaque année pour les Amériques, et presque tous à destination des ports d'Amérique du sud, Cuba, Brésil, Montevideo et Buenos Aires. Seulement quatre ou cinq ont fait le tour par le cap Horn pour le Pacifique. Le rapport ajoute que le trafic marchand sarde est devenu si prospère qu'il concurrence l'Angleterre et la France. Les navires qui traversent l'Atlantique pour atteindre l'Amérique du sud s'arrêtent dans les ports brésiliens et de là vont dans les ports du Rio de La Plata. Pour cette raison, le gouvernement de Turin a signé un traité commercial avec Rio de Janeiro et, depuis 1835, ses navires effectuent des visites et des missions : le De Geneys était stationné au Brésil et dans le Rio de La Plata pendant deux ans.(p.31) 

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Création de l'Institut d'Etudes Garibaldiennes de Nice

 

Répondant au souhait de M; Giueseppe Garibaldi, Alain Roullier président du Comité Populaire pour le bicentenaire, à fondé, à la date du 4 juillet 2007, « l'Institut Niçois et International d'Etudes Garibaldiennes » (I.N.I.E.G).

 

Cette Institut est destiné à étudier tous les aspect de la vie de Garibaldi, à publier livres et brochures, organiser des colloques etc. ainsi qu'à promouvoir la tradition garibaldienne à Nice. M. Giueseppe Garibaldi, souhaite affilier l'I.N.I.E.G à l'Institut Garibaldien d'Etat, qu'il préside à Rome, afin de lui conférer la légitimité garibaldienne et l'autorité morale qu'il convient.

 

 

 

 

Les Nouvelles Niçoises, juillet 2007

 

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vu dans "lamignonnette.canalblog.com" : "Au deuxième étage de Victor Hugo, Hauteville House à Guernesey, se trouve la chambre de son ami Garibaldi...qui n'y vint jamais...".
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                                                        La mort d'un père : Garibaldi et Freud.

          Dans l’une de ses  lettres adressées à Fliess, datée du 30 juin 96, nous retrouvons la trace de la mort du père de Freud.

     Il lui écrit : « Mon vieux père (il a 81 ans) se trouve à Bade dans un état de santé très critique, avec collapsus cardiaque, paralysie de la vessie, etc. Les seuls événements importants de cette quinzaine ont été l’attente des nouvelles et les visites que je lui ai faites… » 

 

     Le 26 septembre 96, il lui annonce sa mort : « Hier nous avons enterré mon vieux père mort dans la nuit du 23. Jusqu’à la fin, il s’est montré l’homme remarquable qu’il a toujours été. »

     Quelques jours après, il lui écrit : Il faut que je te raconte un joli rêve que j’ai fait pendant la nuit qui a suivi l’enterrement. Je me trouvais dans une boutique où je lisais l’inscription suivante :

  

                                                        ON EST PRIE

                                              DE FERMER LES YEUX

  

     J’ai tout de suite reconnu l’endroit, c’est la boutique du coiffeur où je vais tous les jours ». Le jour de l’enterrement Freud était arrivé en retard, ayant du attendre chez ce coiffeur. La famille lui en avait voulu et de son retard et du fait aussi que ces funérailles étaient très modestes, selon le vœu de son père.

     Freud interprète son rêve comme ayant un double sens : « il faut faire son devoir envers les morts ».

     Cela ressemble, me semble-t-il, à un ordre du Surmoi, un rappel à l’ordre avec le sentiment de culpabilité qui l’accompagne. Mais l’autre sens est sans doute celui du devoir au sens propre à rendre aux morts et notamment celui d’avoir à leur fermer les yeux.  Freud termine sa lettre  par ce commentaire : « Le rêve émane donc d’une tendance au sentiment de  culpabilité, tendance très générale chez les survivants… »

     Freud reprend ce rêve dans l’Interprétation des rêves mais il modifie l’inscription qui se trouvait sur le tableau. Y est inscrit à la fois le singulier et le pluriel, un œil, des yeux.

     Il  l'utilise comme matériel de démonstration pour expliciter le travail du rêve  et donc la façon de l'interpréter quand, dans un rêve,  il semble  y avoir un choix possible qui est marqué d'un "ou bien". Il nous indique que  ce "ou bien" doit être remplacé par un "et" marquant la succession et non  pas un choix.
Voici donc le texte de ce rêve tel qu’il le reprend :

     " La nuit qui précéda l'enterrement de mon  père je vis en rêve un placard imprimé, une sorte d'affiche, quelque chose  comme le "Défense de fumer" des salles d'attente des gares. On y lisait 

                                           On est prié de fermer les yeux
                                                           
     ou

                                           On est prié de fermer un oeil



     ce que j'ai l'habitude d'écrire ainsi :


                                                                                    les yeux
                                           On est prié de fermer ---------------
                                                                                     un oeil


     Entre les deux versions, on s’aperçoit que  Freud a modifié, sans doute sans s’en apercevoir, la date du rêve, puisque, dans sa lettre, il parle de la nuit qui a suivi la mort de son père et dans L’Interprétation des rêves, de la nuit qui a précédé cette mort.  Par contre il se justifie davantage sur les reproches qui lui avaient été faits : "j'avais choisi le cérémonial  le plus simple, sachant ce que mon père pensait de ces sortes de choses ; certains membres de ma famille m'avaient désapprouvé, objectant le qu'en  dira-t-on. D'où l'expression allemande "fermer un oeil" (user d'indulgence) ». 
     Comme le rajoute une note du traducteur, en français, ces deux termes connectés par le "ou bien" un œil ou deux yeux n'auraient pas eu lieu d'être, puisque l'expression  concerne les deux yeux et non pas un seul, celle de « fermer les yeux » pour pardonner une faute,   par contre peut-être cette dualité aurait-elle été maintenue si par exemple il s'agissait d'une 
inversion et qu'au lieu de "fermer l'oeil" il s'agissait au contraire de  l'ouvrir, comme on dit "ouvrir l'oeil et le bon".
 

     Donc il s’agit de rendre ses devoirs aux morts, d’être là et de leur fermer les yeux. Il s’agit aussi de culpabilité éprouvée à leur égard. Mais je rajouterais bien deux autres pistes d’interprétation : curieusement Freud ne nous dit vraiment pas grand-chose, quant à l'interprétation possible de ce rêve,est-ce que nous ne serions pas,  nous aussi, priés d'avoir à fermer les yeux ? Sur quoi, peut-être sur ce que Lacan a appelé les péchés des pères. Mais pas seulement.

     Parmi tous les rêves que Freud a analysé,  dans son ouvrage, tout un chapitre est consacré rêves absurdes et il constate lui-même qu’il sont tous liés à la mort du père. 
          Le plus exemplaire est sans doute celui où son père joue le rôle d’un grand homme que Freud admirait beaucoup, Garibaldi.

     Voici le texte de ce rêve « Mon père a joué, après sa mort, un rôle politique chez les magyars ; il les a unis politiquement. Je vois ici un petit tableau peu distinct :une foule comme au Reichstag ; une personne debout sur une ou deux chaises… Je me rappelle que sur son lit de mort il ressemblait beaucoup à Garibaldi et je me réjouis que cette promesse se soit réalisée. »Freud en rajoute ce commentaire : «  Ceci est n’est-ce pas suffisamment absurde. »

     Comment analyse-t-il ce rêve ?

     Derrière cette « élévation » du père dont il fait un héros, un héros qui sauve, ce qui se cache c’est tout autre chose : « Cette « élévation » de nos  pensées nous montre que c’est au vulgaire, au commun que avons affaire. » Ce que camoufle ce rêve c’est donc la découverte du corps réel du père, de son cadavre. Il l’illustre en effet d’un souvenir, la douleur d’une jeune fille, dont  le père était mort dans la rue, lorsqu’elle avait constaté qu’il avait eu une selle au moment ou après sa mort. « La fille fût profondément malheureuse que ce détail très laid vînt gâter le souvenir de son père ». Freud en déduit le désir de ce rêve qu’il énonce ainsi «  Apparaître après sa mort, pur et grand aux yeux de ses enfants, qui ne le souhaiterait ? »

     Mais ne pourrait-on pas dire aussi qu’il s’agit de fermer les yeux sur le conflit qui surgit au moment de la mort du père entre l’image d’un père idéalisé, un grand homme, et, à l’opposé, cette image qui s’impose du corps du père et qui fait de lui un pauvre homme. Père imaginaire, d’un côté, père réel de l’autre, qu’advient-il du père symbolique, si nous nous référons aux trois registres lacaniens ?

     Je ferais volontiers l’hypothèse que c’est le temps du deuil qui progressivement lui redonne son statut, c’est un temps de deuil mais un temps aussi ou, soit il y a une recrudescence des symptômes, soit une possibilité de sublimation. Pour ce qu’il en est de cette recrudescence des symptômes, nous avons un bel exemple avec le grand scénario obsessionnel de l’Homme aux rats, pour ce qu’il en est de la sublimation, nous pouvons en trouver une preuve dans ce que Freud nous en raconte dans la préface de la seconde édition de L’interprétation des rêves, écrite neuf ans après la première.
     Il évoque le  contenu du livre qui   n'a pas  subi de modifications importantes au fil du temps :

"... l'essentiel  de ce que j'ai écrit sur le rêve et son interprétation et sur les théorèmes  psychologiques qui en découlent restent inchangés ».
     Il  indique aussi que par rapport à toutes les incertitudes qu'il a rencontrées sur l'étiologie ou le mécanisme des psychonévroses, il a toujours pu "s'en tenir à ses premières assertions", grâce à cet ouvrage sur les rêves et la possibilité de les interpréter :

     « Au cours des longues années pendant lesquelles j'ai travaillé au problème des  névroses, j'ai eu bien des hésitations et, souvent, je ne savais plus que penser. Chaque fois c'est l'interprétation du rêve qui m'a rendu 
l'assurance ».
     Mais c'est surtout ce point que j'ai retenu :

     "Pour moi, ce livre a une  autre signification, une signification subjective que je n'ai saisie qu'une  fois l'ouvrage terminé. J'ai compris qu'il était un morceau de mon  auto-analyse, ma réaction à la mort de mon père, l'événement le plus important, la perte la plus déchirante d'une vie d'homme. Ayant découvert  qu'il en était ainsi, je ne me sentis plus  capable d'effacer les traces de cette influence".
     Est-ce que  ce livre de Freud qui se trouve être en quelque sorte l'épitaphe qu'il avait inscrit sur la tombe de son père, ne peut plus, en tant que tel,  être modifié ?

     Il est effectivement désormais gravé dans le marbre, le marbre de la psychanalyse.

       (LE LIVRE BLEU DE LA PSYCHANALYSE -blog écrit par Liliane Fainsilber et David Berton).

                            

                                                           ********************************************

 

  Le 26 mai dernier, je reçois un message de mon cousin germain, André Follin-Arbelet :

 

Contenu du message :


  "Pour la petite histoire, lorsque Garibaldi a libéré la ville de Dijon de l'occupation prussienne, et qu'elle est retombée aux mains des Français et de leurs alliés le 30 octobre 1870, il a personnellement été hébergé plusieurs nuits par mon tri-aïeul Auguste Dubois alors maire de la ville......."

 !...

 

GARIBALDI 1870.jpg

 

 

                                                          **********************************************

 

  Cette pas si petite histoire est confirmée par l'article de M. David François paru dans "L'AUTRE CÔTÉ DE LA COLLINE" - Le lundi 10 juin 2013 -Regards croisés sur l'Histoire Militaire - ISSN : 2270-7654. 

Je remercie l'auteur et M. Stéphane Mantoux de m'avoir si aimablement permis de publier cette étude:

  " 

1870-1871: l'armée des Vosges et les trois batailles de Dijon

     Place du 30 octobre, rue Bossack, avenue du Drapeau, avenue Canzio sont des noms plus ou moins familiers pour les habitants de Dijon. Pourtant les événements et les personnes, tous liés à ce traumatisme national que fut la guerre de 1870 auxquels ils font référence sont largement oublié. Oublié aussi que la ville a élu député le 8 février 1871 le champion de l'unification italienne, le chef de l'expédition des Milles, le général Giuseppe Garibaldi alors commandant de l'armée des Vosges. L'historiographie a aussi largement négligé le rôle de la région dijonnaise lors de la guerre de 1870-1871. Si Sedan, Reichsoffen, Gravelotte, Bazeilles sont des lieux de bataille toujours bien identifiés, il n'en est pas de même pour Dijon où Allemands et Français se sont affrontés à trois reprises. 

    La Bourgogne est en effet une région clef dans l'affrontement qui s'amorce après la défaite de Sedan entre les forces allemandes et celles de la jeune IIIe République. Elle constitue un verrou qui commande l'accès à la vallée de la Saône et donc à Lyon mais surtout au bassin de la Loire où Gambetta réorganise l'armée de la République. En clair, si la Bourgogne tombe, disparaît tout espoir de retourner la situation et de prendre enfin l'avantage sur l'Allemagne.   

    L'oubli dans lesquelles sont tombées les trois batailles de Dijon a des origines éminemment politiques. A l'exception de la première bataille de Dijon en octobre 1870 les deux suivantes sont conduites par l'armée des Vosges, une armée qui au lendemain de l'armistice sent le soufre. Pour la France de l'Ordre moral elle est une abomination puisqu'elle rassemble les volontaires étrangers venus se mettre au service de la République, à l'image de son chef Garibaldi et de ses chemises rouges. Ces révolutionnaires et anticléricaux qui forment une Brigade internationale avant l'heure sont largement calomniés par les proches de Thiers. L'armée des Vosges si elle rassemble de nombreux étrangers compte pourtant dans ses rangs une majorité de Français organisés dans des corps de francs-tireurs. Cette seconde caractéristique est une tare dans la France vaincue puisqu'elle rappelle aux militaires leur incapacité en 1870, humiliation d'autant plus forte que que ces francs-tireurs et étrangers ont obtenu lors de la troisième bataille de Dijon une belle victoire contre les Prussiens. Et ce sont ces militaires qui, après 1870, prennent la plume pour écrire l'histoire de la guerre, négligeant ou minimisant le rôle de l'armée des Vosges et des combats de Bourgogne, tendance toujours perceptible dans l'historiographie française comme le montre la dernière grande synthèse de qualité parue sur la guerre de 1870, celle de Pierre Milza en 2009.

      

David FRANCOIS

 

     La chute de Dijon et la naissance de l'armée des Vosges (octobre 1870).

    

     Le 19 juillet 1870 la France de Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. Rapidement le conflit tourne à la catastrophe pour la France. Après les défaites de Saint-Privat, Mars-la-Tour et Gravelotte, l'armée de Bazaine s'enferme dans Metz. L'armée de MacMahon est quand à elle vaincue à Forbach, Woerth et Reichsoffen avant d’être acculée à la reddition à Sedan le 2 septembre. L'Empereur est fait prisonnier. A l'annonce de ces désastres, le 4 septembre, la République est proclamée à Paris où se forme un gouvernement de Défense nationale. 

     Malgré le changement de régime la guerre continue. Fin septembre Paris est encerclée par l'armée allemande. Dans l'Est cette dernière conquiert l'Alsace. Strasbourg, assiégée, se rend le 28 septembre. L'armée du général von Werder est alors libre de descendre par le sud des Vosges puis la vallée de la Saône vers Lyon mais aussi la Loire par Nevers et Dijon. Alors que Léon Gambetta à Tours organise l'armée de la Loire qui doit délivrer Paris, la menace que représente les Allemands qui menacent de prendre à revers cette armée est prise au sérieux. Tenir la Bourgogne devient alors un enjeu fondamental pour la poursuite de la guerre. Mais pour tenir cette région il faut des troupes.

     Pour tenir dans l'Est, le gouvernement de la Défense nationale ne peut alors compter que sur quelques milliers de gardes mobiles et des francs-tireurs. Ces deux types de formations sont nées de la loi militaire de 1868, la loi Niel. Cette dernière met sur place la réserve de l'armée, la garde mobile, formée par ceux pour qui le tirage au sort a été favorable ou bien qui ont réussi à se faire remplacer pour effectuer leur service militaire. La loi Niel prévoit également la formation des compagnies de francs-tireurs volontaires. La jeune République peut aussi commencer à compter sur l'arrivée de volontaires venues de l'étranger. Il s'agit de Français expatriés qui rentrent au pays et qui viennent des quatre coins du monde mais également d'étrangers qui veulent se mettre au service du pays de la Liberté. Le plus célèbre de ces volontaires étrangers est le héros de l'Expédition des Milles, le général Giuseppe Garibaldi qui, deux jours après la défaite de Sedan, propose ses services à la France. Le 7 octobre il débarque à Marseille précédé par des centaines de chemises rouges. C'est sur lui que le gouvernement de la Défense nationale compte s'appuyer pour tenir l'Est du pays.

 

     Pour réussir sa mission Garibaldi doit d'abord former une armée. Il peut pour cela compter sur les volontaires garibaldiens mais également sur les autres volontaires étrangers, des Espagnols, des Polonais, des Grecs et même des Égyptiens. Il s'appuie aussi sur des groupes de gardes mobiles et de francs-tireurs. Nommé Commandant en Chef de la zone des Vosges de Strasbourg à Paris il s'installe à Dole le 13 octobre. Le 11 novembre il organise avec ces troupes éparses une armée formée de quatre brigades. Deux brigades sont placées sous les ordres de ses propres fils, Ricciotti et Menotti, les deux autres sont commandées par Louis Delpech vite remplacé par Cristiano Lobbia et Jozsef Bossack-Hauké un Polonais ancien officier du tsar mais qui s'est battu contre les Russes lors de l'insurrection polonaise de 1863. Jean-Philippe Bourdon dit Bordone est chef d'état-major tandis que le gendre de Garibaldi, Stefano Canzio, dirige le quartier général avant de prendre la direction d'une 5e brigade.

 

 

 

Carte des opérations - guerre 1870.tiff

                                                                Carte des opérations de la guerre de 1870 (home.nordnet.fr)

 

                                                                     La première bataille de Dijon (29-31 octobre 1870).

 

     Pendant que l'armée des Vosges s'organise, les troupes allemandes du général August von Werder débouchent des Vosges et arrivent à Lure, à l'ouest de Belfort le 13 octobre. La vallée du Doubs est alors mise en défense par les Français mais les Allemands avancent vers l'ouest et passant par Vesoul marchent sur Gray en Haute-Saône, délaissant Besançon et Dole. Le 26 octobre ils sont à Gray et le prochain objectif qu'ils se fixent est Dijon. Le 27, jour où à Metz, Bazaine dépose les armes, l'armée allemande envahit la Côte d'Or.Une formation de francs-tireur, « l'armée de la Côte d'Or » du docteur Lavalle organise la défense de la capitale bourguignonne après avoir tenté de ralentir l'avancée allemande prés de Talmay. La défense est organisée avec l'aide du maire Auguste Dubois et du préfet d'Azincourt. Pour défendre la ville il y a aussi la garde nationale et des Mobiles de la Loire, de l'Isère, de l'Yonne et de la Haute-Garonne. Pourtant le général Fauconnet qui commande l'ensemble des troupes régulières dirige un conseil de guerre qui décide à la fois de désarmer la garde nationale et de retirer les troupes sur Beaune. Le 29 octobre les troupes parties, Dijon n'est plus défendue. Les Allemands arrivent alors à Montmuzard à l'ouest de la ville défendue par quelques volontaires. Mais la population dijonnaise, qui est farouchement républicaine, refuse le départ des troupes. Fort de ce soutien, le préfet décide de rappeler les troupes de Beaune, troupes qui rejoignent Dijon dans la nuit du 29 au 30 octobre.Le 30 octobre, deux brigades badoises approchent de la cité des Ducs de Bourgogne. Des francs-tireurs tentent de ralentir cette progression mais les soldats allemands parviennent à s'emparer du village de Saint-Apollinaire à l'est de la ville et, malgré la résistance des Mobiles de la Lozère, de l'Yonne et de la Côte d'Or, pénètrent finalement dans la ville. Le général Fauconnet est tué quand à lui dans les combats qui ont lieu à l'est de la ville mais aussi vers Fontaine-lès-Dijon et Montchapet à l'ouest de Dijon. Les combats durent près de cinq heures avec l'active participation de la population civile. Une barricade est ainsi construite rue Jeannin. Des civils font le coup de feu tandis que les Allemands en exécutent sommairement quelques-uns en représailles. Au final les Badois perdent 1 600 hommes durant la journée et finissent par se retirer. Mais cette victoire est amère pour les Dijonnais puisque les troupes françaises reculent également jusqu'à Beaune. Le 31, Dijon, sans défenseurs, doit finalement capituler et les Badois entrent dans la ville.

 

     

     La guerre n'est pas pour autant terminée en Côte d'Or. A Beaune le général Camille Crémer rassemble des troupes éparses dans le quadrilatère Auxonne-Saint-Jean de Losne- Nuits-Saint-Georges-Dijon, tandis que des groupes de francs-tireurs tiennent la vallée de la Saône. Les Allemands ne restent pas inactifs et début novembre ils marchent en direction de Dole où ils savent que Garibaldi organise son armée des Vosges. Mais le détachement badois fait face à une véritable guerre de guérilla et doit finalement rebrousser chemin le 5 novembre. Les Allemands essayent aussi d'avancer vers le sud et atteignent Nuits-Saint-Georges. Là aussi ils doivent affronter une guerre de guérilla. Face à ces résistances les Allemands ne sortent plus de Dijon que pour effectuer des raids et mettre en coupe réglé la campagne. Mais les risques sont grands là aussi car les francs-tireurs, qui connaissent bien la région et sont renseignés par la population, réalisent des embuscades meurtrières comme à Vougeot le 20 novembre.

 

     Pendant ce temps l'armée des Vosges de Garibaldi a quitté Dole pour rejoindre Autun où elle arrive le 9 novembre. L'armée a reçu de Charles de Freycinet, délégué à la Guerre du gouvernement, une nouvelle mission : empêcher que les Allemands qui sont à Dijon ne se portent sur la vallée de la Loire. Pour mener cette mission Garibaldi ne dispose que de 6 000 hommes et presque pas d'artillerie ni de cavalerie. L'armée des Vosges prend donc ses quartiers à Autun, ville de province conservatrice et catholique où la cohabitation est délicate avec des garibaldiens qui ont tiré en 1867 sur les soldats du Pape.

 

                                                           La seconde bataille de Dijon (novembre 1870).

     Les Allemands qui sont à Dijon et occupent le nord et le centre de la Côte d'Or ne sont pas assez nombreux pour mener de grandes opérations mais Garibaldi sait également que son armée n'est pas encore de taille pour les affronter dans une bataille traditionnelle. Garibaldi souhaite alors organiser des opérations de guérilla sur une grande échelle afin d'immobiliser le maximum de troupes ennemies. Mais les Allemands ne sortent guère de leurs garnisons et postes. Le général de l'armée des Vosges décide néanmoins d'organiser une action sur Dijon qui doit être soutenue par des attaques de diversion au nord et au sud de la ville.

     Au sud de la capitale bourguignonne, le commandant Lhoste organise une embuscade vers Fixin et capture au matin du 21 novembre une patrouille de soldats badois. Puis le 22 ses hommes parviennent à repousser à Chamboeuf un contingent allemand venu les déloger. Pour l'opération au nord Ricciotti Garibaldi dirige la IVe brigade avec pour mission de passer entre Auxerre et Troyes afin de détruire les lignes de communication entre Strasbourg et Paris. Le 14 novembre la brigade quitte Autun pour Saulieu. Quand Ricciotti Garibaldi apprend qu'une garnison d'environ un millier de soldats allemands se trouve à Châtillon-sur-Seine il décide de mener un raid. Le 19 novembre à l'aube ses hommes entrent en silence dans la ville. Le capitaine Michard doit s'emparer de L'Hotel de la Côte d'Or où logent les officiers prussiens. Au signal Michard et ses hommes s'emparent de l’hôtel et capturent ceux qui s'y trouvent tandis que les autres détachements pénètrent dans les maisons qui longent la Grand Rue et mettent hors de combat les Allemands qui y logent. Les soldats allemands qui dormaient dans les autres quartiers se regroupent autour de la mairie. Devant la résistance prussienne qui s'organise, les francs-tireurs décident de se retirer et se dirigent vers Semur-en-Auxois. Dans la bataille les Français ont capturé 123 fantassins et 44 cavaliers prussiens mais aussi six voitures de bagages. Durant le combat le major Alvensleben, le frère des généraux qui commandent les IIIe et IXe corps allemands a été tué.

     Quand Garibaldi apprend l'exploit de son fils il estime que le moment est propice pour effectuer son coup de main sur Dijon. Pour cela il organise ses troupes en deux colonnes d'attaque, la première doit progresser par le nord le long de la voie ferrée venant de Paris tandis que la seconde doit suivre la vallée de l'Ouche pour atteindre la capitale de la Bourgogne. Pour que l'opération réussisse il faut néanmoins que joue l'effet de surprise. Mais le 25 novembre, la colonne que dirige Bossack est repérée par le poste allemand de Velars.

     Le 26 au matin les troupes de Garibaldi montent sur le plateau qui domine Dijon au nord-ouest. Mais sur ce plateau se trouve la brigade badoise du général-major von Degenfeld. Garibaldi en personne lance le signal de l'attaque. Les Badois sont alors obligés de battre en retraite. Ils abandonnent le village de Prenois pour se regrouper à Darois le long de la route de Troyes. Finalement les Garibaldiens atteignent Darois où ils passent la nuit. Garibaldi qui a apprécié la combativité de ces troupes prend la décision de s'emparer de Dijon par la force. Le 27 au matin la troupe reprend sa marche en avant. Mais elle rencontre les Badois de la 9e compagnie qui l'attendent entre les deux buttes de Talant et Fontaine-lès-Dijon qui commandent l'accès à Dijon. Par six fois les Garibaldiens tentent de briser les défenses allemandes. Ils n'y parviennent pas et doivent se retirer. Les Allemands, qui veulent profiter de l'occasion pour éradiquer toute nouvelle menace, concentrent des troupes et se lancent à la poursuite des Garibaldiens. Delpech qui commande la 3e brigade de l'armée des Vosges stationne à Pasques avec pour mission d’arrêter l'avance allemande. Il parvient à stopper les poursuivants puis se retire à Ancey où là encore il ralentit la progression allemande. Pendant ce temps Garibaldi regroupe ses forces à Lantenay avant de rentrer à Autun.

 

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Les garibaldiens à Dijon (wikipedia.fr)

     Les Allemands atteignent finalement Autun le 1er décembre. Ils tâtent les défenses de la ville. L'artillerie entre en action de chaque coté et après quelques escarmouches les Allemands se retirent pour rentrer à Dijon. La prise d'Autun est en effet pour eux de peu d’intérêt et les met même en danger car des troupes françaises stationnent toujours à Beaune.

     Débarrassé de la menace de l'armée des Vosges le général Werder en profite pour envoyer une colonne de 2 300 hommes en direction du sud pour sécuriser une région infestée de francs-tireurs. La colonne, harcelée par les francs-tireurs, arrive néanmoins à Nuits-Saint-Georges où le combat s'engage. Les Allemands sont battus et retournent à Dijon. Werder, humilié, veut prendre sa revanche et purger le sud de la Côte d'Or des francs-tireurs. Le 18 décembre c'est prés de 12 000 hommes répartis en 4 colonnes qui prennent la direction de Nuits-Saint-Georges. Les 10 000 mobiles du général Crémer arrivent de Beaune. La bataille est rude, l'une des plus meurtrières de la guerre. La 1ere Légion du Rhône perd ainsi 50% de son effectif. Les Prussiens arrivent malgré tout à entrer dans la ville que les Français évacuent. Mais le 19 décembre, Werder fait rentrer ses troupes à Dijon. Jusqu'à la fin de la guerre le sud de la Côte d'Or reste libre des Prussiens. A l'occasion de la bataille de Nuits-Saint-Georges le général Werder s'exclame « Ce n'est pas la Côte d'Or, c'est la Côte de Fer ! ».

     Du début décembre à la fin janvier les combats de grande envergure cessent à nouveau au profit d'opérations de guérilla. Ces dernières sont principalement menées par la brigade de Ricciotti Garibaldi et différents corps-francs dont celui de Charles Bombonnel. Le 5 décembre, 114 Prussiens sont ainsi tués dans une embuscade près de Sombernon.

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                                                                      La bataille de Nuits (bataille-de-nuits.e-monsite)

 

                                                                      La troisième bataille de Dijon (janvier 1871).

     Fin décembre, la France veut jouer son dernier atout dans la guerre après l'échec de l'armée de la Loire. Gambetta et Freycinet ont réussi à rassembler prés de 140 000 hommes qui prennent la direction de la Franche-Comté pour former l'armée de l'Est sous les ordres du général Bourbaki. L'objectif qui lui est donné est, à partir de Besançon, de remonter vers le nord pour atteindre Belfort, toujours assiégé, et de là marcher sur le nord-est pour couper les arrières allemands de l'Allemagne.

     Le général von Moltke est conscient du danger que représente l'armée de l'Est. Il fait évacuer Dijon par les 40 000 soldats de Werder et forme une armée du Sud confiée à Edwin von Manteuffel. Pour couper le mouvement français du sud au nord, de la Franche-Comté à l'Alsace, les Allemands peuvent essayer d'attaquer par l'est sur les arrières de l'armée de l'Est en direction de la Suisse. Mais pour parvenir à fermer la nasse sur des Français trop avancés au nord ils doivent éviter d’être pris à revers par les troupes qui stationnent en Bourgogne, c'est à dire l'armée des Vosges de Garibaldi.

     Deux corps d'armée allemands venant de la région parisienne sous les ordres de von Manteuffel ont franchi la Saône et un autre l'Ognon et marchent sur Dole et Mouchard pour couper les voies ferrées qui ravitaillent depuis Lyon l'armée de l'Est et peuvent aussi lui permettre de se replier. Une fois les voies prises les Allemands pourront alors remonter vers le nord-est et prendre à revers Bourbaki. Pour protéger ce mouvement, des troupes sont détachées pour marcher sur Dijon par le Nord tandis que les troupes de von Kettler doivent attaquer par le Nord-ouest. Le but de ces attaques est clair : il faut empêcher que l'armée de Garibaldi ne sorte de Dijon et ne marche sur le Jura pour attaquer à revers les Prussiens.

     C'est alors que débute la seconde invasion de la Bourgogne par le nord-ouest cette fois-ci. Les Prussiens arrivent en effet par la route de Paris. Les francs-tireurs essayent de retarder cette progression par des opérations de guérilla dans la vallée de la Seine à Courceaux le 2 janvier, à Semur-en-Auxois le 7, à Crépand le 8. Les Allemands continuent à avancer.

     Alors que la menace prussienne se précise dans le nord-ouest, Garibaldi arrive à Dijon et se rend d'abord sur la butte de Talant qui commande l'accès à la ville. Dans l'Est, Bourbaki est battu à Villersexel le 9 janvier. Le 17, ce dernier ordonne la retraite car Manteuffel a réussi à passer entre Langres et Dijon et arrivent sur les arrières de l'armée de l'Est. L'armée des Vosges a pourtant tenté de ralentir l'avance de Manteuffel. La IVe brigade de Ricciotti Garibaldi a attaquée à Baigneux-les- Juifs. Celle du général Lobbia a harceler si bien les Allemands que le 15 janvier la brigade n'a plus la possibilité de rejoindre Dijon et doit se réfugier à Langres. La brigade de Ricciotti Garibaldi parvient quand à elle à rentrer à Dijon le 16 janvier.

     Le jour où la IVe brigade rejoint Dijon, Garibaldi apprend que 4 régiments prussiens sous les ordres de von Kettler marchent sur la ville. Les francs-tireurs essayent toujours de ralentir cette avance au cours d'accrochage sanglant comme celui à Verrey-sous-Salmaise le 17 janvier. Dijon prépare sa défense tandis que de rares renforts viennent soutenir les Garibaldiens.

     Le 21 janvier les troupes de von Kettler arrivent par les trois grandes routes qui mènent à Dijon. La colonne principale vient par celle de Troyes et Châtillon, une autre par la route de Langres et la troisième par la route de Paris le long de la vallée de l'Ouche. Les premiers combats ont lieu sur la route de Troyes où les soldats du général Bossack affrontent les Allemands à Prenois avant de se réfugier à Fontaine-lès-Dijon. A l'ouest les hommes de Menotti Garibaldi arrêtent les Allemands à Plombières. Mais le champ de bataille s'élargit aussi au nord de Dijon quand le village de Messigny est attaqué. Ricciotti Garibaldi organise une contre-attaque rapide : les Prussiens perdent alors prés de 150 hommes et doivent quitter le village.

     Au centre les troupes de Bossack sont en difficultée. Elles sont avancées jusqu'à Daix mais là elles se sont heurtées à une forte résistance. Bossack est tué et la moitié de ses hommes sont hors de combat. Les autres battent alors en retraite et se réfugient vers les buttes de Talant et Fontaine-lès-Dijon tandis que les Allemands les poursuivent. L'axe principal de l'attaque allemande devient dès lors cette route de Troyes qui, entre les deux buttes de Fontaine-lès-Dijon et Talant, mène au cœur de Dijon. La colonne allemande descend le vallon en direction de Fontaine-lès-Dijon. Le combat qui s'engage alors avec les hommes de Menotti Garibaldi et le reste de la brigade Bossack est violent. Garibaldi père qui suit les combats à partir de Talant sait que si les Poméraniens s'emparent de la butte de Fontaine il sera impossible de tenir Dijon. La Ve brigade de Stefano Canzio et la IVe de Ricciotti Garibaldi arrivent en renfort. Les Allemands sont repoussés mais attaquent Talant où ils font désormais porter le gros de leurs efforts. Les combats sont acharnés et très meurtriers. Les Français contre-attaquent avec succès mais ils sont stoppés net devant le village de Daix et doivent se replier sur Talant poursuivis par les Allemands. Le sort du combat se joue alors avec la prise du village d'Hauteville qui domine le champ de bataille. Contournant Daix les soldats de Garibaldi parviennent à s'emparer de la position. Les Allemands échouent donc finalement dans leur projet de s'emparer de Dijon par le Nord-Ouest. Ils ont en outre perdu près de 500 hommes contre prés de 800 hommes pour l'armée des Vosges.

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                                                                           La mort de Bossack (laguerrede1870enimage.fr)

     Le 22 janvier les Garibaldiens accentuent leur avantage dans cette partie du secteur. Ils descendent de la butte de Talant pour faire reculer les Prussiens et reprendre Daix. Finalement les Allemands se retirent : ils ont été contenus et refoulés avec de lourdes pertes. Freycinet envoie alors un télégramme de félicitations mais les Allemands continuent de se renforcer en Côte d'Or et se préparent à un nouvel assaut.

     Le 23 janvier, les Garibaldiens sont toujours à Talant et Fontaine-lès-Dijon tandis que troupes allemandes avancent par le nord, par la route de Langres sur un terrain sans obstacle. Un peu à l'écart de cette route se trouve une grande villa, le château de Pouilly, où stationnent des soldats français, des Mobiles. Les Allemands bombardent la position mais les Mobiles tiennent. Les Prussiens passent alors à l'attaque. Sous le nombre les Français reculent sauf neuf soldats qui résistent dans le château. Les Allemands sont alors obligés de mettre le feu pour les déloger. Pour faire bonne mesure ils jettent un prisonnier blessé dans le brasier pour faire taire toute résistance.

     Les Garibaldiens arrivent en renfort pour défendre le nord de la ville. La IVe brigade de Ricciotti Garibaldi se poste dans le seul bâtiment existant le long de la route, l'usine Bargy, en réalité un établissement d'équarrissage. Des obus prussiens tombent sur l'usine avant que les Poméraniens des 2e, 61e et 21e régiments n'avancent. Les soldats de Ricciotti Garibaldi les laissent approcher avant d'ouvrir un feu nourri. Les Poméraniens sont cloués sur place. Pour contourner l'obstacle des troupes allemandes parviennent à déborder l'usine par l'ouest. Les Garibaldiens doivent alors évacuer le bâtiment mais ils parviennent à se retrancher dans la cour.Les Poméraniens continuent à attaquer l'usine. Les fusillades se déroulent à bout portant. Les Allemands subissent de lourdes pertes notamment en officiers. Quand le soldat qui porte le drapeau du 61e régiment poméranien tombe, la lutte devient plus acharnée encore puisque les autres fantassins allemands qui s'en emparent sont abattus par les francs-tireurs. C'est alors un monceau de cadavres qui séparent chaque camp. Quand la fusillade cesse enfin il ne reste plus qu'une poignée de soldats poméraniens qui abandonnent rapidement le terrain mais également le drapeau de leur régiment. Les Allemands continuent à attaquer ailleurs mais ils se heurtent aux soldats de Canzio qui viennent de Montchapet. L'usine Bargy est dégagée puis vient le tour du château de Pouilly. Sans point d'appui les Allemands battent alors en retraite en direction de Langres. Ils n'essayeront plus de reprendre Dijon. Cette bataille est l'une des rares victoires françaises de ce désastre nationale que fut la guerre de 1870.

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                                                                               La prise du drapeau (laguerrede1870enimage.fr)

     Le 26 janvier les Garibaldiens défilent victorieusement dans la ville dont les abords sont dégarnis de Prussiens. Le 28, alors que les combats sont terminés en Bourgogne, l'armée des Vosges se dirige vers Dole pour porter secours à Bourbaki. Le 29, les Garibaldiens sont à Dole mais aussi à Bourg-en-Bresse. Ce jour là, la France a déjà capitulée. Mais à la demande de Bismarck, le Doubs, le Jura et la Côte d'Or ont été exclus de l'armistice. Ce délai permet de mettre un point final à la déroute de l'armée de l'Est. Encerclés sur les plateaux du Haut-Doubs les restes de la troupe, affamés et gelés, franchissent la frontière suisse pour être désarmés et internés.

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                                       Le drapeau poméranien pris par les garibaldiens à Dijon (laguerrede1870enimage.fr)

     Le 1er février 1871, Dijon est de nouveau occupé par les Allemands. Elle le reste jusqu'au 12 octobre 1871. La Ville s'engage à respecter le monument aux morts allemands construit par les troupes d'occupation. En 1937, un représentant de l'ambassade d'Allemagne vient encore officiellement le visiter. Le drapeau du 61e régiment poméranien, l'un des deux seuls pris à l'ennemi lors de la guerre de 1870 est conservé à Paris aux Invalides avant d'etre repris par les Allemands en 1940. En 1899, la ville de Dijon reçoit la Légion d'Honneur des mains du président de la République Emile Loubet pour les combats du 30 octobre.

     Le défenseur de Dijon, Giuseppe Garibaldi est élu député de la Côte d'Or le 8 février. Devant une Assemblée nationale largement conservatrice et hostile au révolutionnaire italien, Victor Hugo prend sa défense : « De toutes les puissances d'Europe aucune ne s’est levée pour défendre cette France qui, tant de fois, avait fait sienne la cause de l'Europe... pas un roi, pas un État, personne... un homme est intervenu... le seul des généraux français qui... n'ait pas été vaincu... » Garibaldi ne siège qu'une fois avant de démissionner et de rentrer sur son île de Caprera au large de la Sardaigne où il s'éteint en1882. Sa mémoire est largement délaissée à Dijon où ne subsiste, pour rappeler son passage, qu'un modeste buste placé contre un mur à plus de 3 mètres du sol derrière un arbre. A 67 ans, en août 1914, Ricciotti Garibaldi, demande à nouveau à s'engager dans l'armée française pour combattre l'Empire allemand.

Bibliographie. (Citée par M. David François que je remercie encore vivement de m'avoir autorisé à reproduire son article dans mon blog, ainsi que M. Stéphane Mantoux qui s'est montré vraiment formidable...)

-Giuseppe Garibaldi, Mémoire d'un chemise rouge, Sextant, 2008. Sur la guerre de 70. -François Roth, La guerre de 1870, Fayard, 1990.

-Pierre Milza, L'année terrible - La guerre franco-prussienne septembre 1870 - mars 1871, Perrin, 2009.

La guerre en Bourgogne. -Robert Molis, Les Francs-Tireurs et les Garibaldi. Soldats de la République : 1870-1871 en Bourgogne, Tirésias, 1995.

-Lt-Colonel de Coynart, La guerre à Dijon, 1870-1871, relation militaire, Dumaine, 1873.

-Robert Middelton, Garibaldi, ses opérations à l'armée des Vosges, Garnier Frères, 1872.

PS: l'auteur (M. David François) dédie ce texte à son arrière-arrière-arrière grand oncle, Joseph Carpentier, épicier, tué d'une balle allemande en plein front en défendant Dijon le 30 octobre 1870.


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