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                                                                            Quelques vues de Trans: 

 

 

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                                                                                JEAN-BAPTISTE ROUX

 

 

  Cet enfant de la misère, ancêtre de rêve, « dom Juan », constructeur de richesses, infatigable cavalier, entrepreneur, opportuniste, rusé, tenace, intraitable, rompu à défier la mort, sur terre, au coeur des révolutions et de la guerre, sur mer, dans d'épouvantables conditions, homme libre, maître aux temps de l'esclavage, négociant avisé ; homme dur, pourtant capable de compassion.

Né le 25 prairial an X (15  juin 1802) à Trans (83), il est le fils aîné de Louis Joseph Roux, taillandier à Trans puis à Lorgues (83) et de Marguerite Justine Roquemaure son épouse.. 

 

 Louis Joseph décède, le 13 décembre 1815, à son domicile, place du Marché à Lorgues, 83.

 

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                                 AD 83. Table des successions, Lorgues. (N°71).

 

 

 Marguerite Justine Roux se retrouve veuve, à 41 ans, avec six jeunes enfants:

  

 - Jean-Baptiste, né le 15 juin 1802 à Trans, 13 ans.


- Barthélémy (Jullien), né le 16 octobre 1804 à Trans, 11 ans.

 

- Marie Madeleine, née 22 juillet 1807 à Trans, 8 ans.

 

- Jean Baptiste Louis, né le 11 mars 1810 à Lorgues, 5 ans - décédé le 9 décembre 1837 à l'hôpital militaire de Rochefort.
..Bagnard...déclarant décès: Pierre Behu, Garde...demandé copie de la Case matriculaire au SHD.Marine Rochefort le 6 août 2014.

 (Nous ne connaissons pas les causes officielles de son décès -

(voir: Laurencin (Théodore-Gustave)-Réflexions sur les fièvres intermittentes de Rochefort. Thèse n°38 Montpellier 1827.)

 

 

                                               « Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne.

                                                 Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne

                                                 Ne sont jamais allés à l'école une fois,

                                                 Et ne savent pas lire, et signent d'une croix.

                                                 C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime. »

                                                                                                    Victor Hugo (après la visite d'un bagne.)

 

- François Pierre, né le 24 juillet 1812 à Lorgues - 3 ans.


- Victoire, née le 7 mars 1815 à Lorgues - 9 mois.

 

  Justine Roquemaure va aller habiter Marseille. Jean-Baptiste y était parti, jeune encore, soit pour travailler en qualité de pilotin, soit pour naviguer au long cours, comme semble le dire son fils Jean. Il serait allé au Chili à la fin des années 1820, où il aurait connu la famille Delaunay, originaire de Saint-Malo et dont il épousera, en 1831, une des filles, Eléonore, environ quatorze ans plus jeune que lui. Ils auront dix-sept enfants dont un seul survivant de sexe masculin...mon grand père.

                                              François Pierre va être recueilli "enfant de la charité".

                                             

                                              Jean Baptiste Louis finira ses jours au bagne de Rochefort.

 

 Jusqu'à présent nous n'avons pas réussi à savoir ce qu'étaient devenus Barthélémy, Marie-Madeleine et Victoire.

 

 

 

          Acte de Mariage de Jean-Baptiste Roux et Eléonore Ambroisine Delaunay 

 

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L'acte de mariage de Jean-Baptiste Roux avec Eléonore Delaunay est enregistré au Consulat Général de France à Buenos Ayres le 1er Septembre 1831, devant le Consul général de France M. Washington de Mendeville. 

 

  "Mariage du Sr. Roux (Jean Baptiste), 27 ans 1 mois et 16 jours, né à Trans, var, le 15 juillet 1804, Restaurateur à Buenos-Ayres, capitale de la province de ce nom rue de la Paix n°39, et ci-devant à Marseille, fils de Louis Roux, coutelier, décédé à Trans en 1818, et de Justine Roquemaure, aussi décédée à trans, en 1828, avec la Demoiselle Delaunay (Eléonore Françoise Ambroisine), âgée de 15 ans 4 mois 7 jours, née à St-Malo,Ille et Vilaine, le 24 avril 1816, fille mineure du Sr. Delaunay (Jean François Maurice), menuisier établi à Buenos-ayres, rue Belgrano n°177, et de la Dame Anne Eléonore Darnault, également domiciliée à Buenos-ayres.

1°- Les Extraits du Registre des publications de mariage, faites à  Buenos-Ayres au Consulat général de France, les 14 et 21 août présente année et affichées au terme de la loi ainsi que cela résulte du Certificat délivré par le Consul Général de France à Buenos-ayres, le dit certificat constatant en outre qu'il n'est pas survenu d'opposition.

2°-Un acte de notoriété pour le Sr. Roux (Jean-Baptiste) suppléant à son acte de naissance qu'il n'a pas. 3°- Un acte de notoriété pour la dlle Delaunay (Eléonore Françoise Ambroisine suppléant à son acte de naissance qu'elle n'a pas.

  Présents: - Sr. Laroche (Auguste), teinturier 31 ans - Sr. Alexis Leroux, menuisier, 42 ans -  Sr. Pierre Louis Faucheux, chapelier, demeurant à Buenos-ayres, 41 ans et demi  - Sr. Henry Pegels, menuisier, 42 ans. Tous amis des futurs et demeurant à Buenos-aires ainsi que de Mr et Mad. Delaunay. Mr Roux a déclaré sous serment et les 4 témoins mentionnés dans son acte de notoriété ont également attesté que son père et sa mère sont morts.

  Signatures: Jean Baptiste Roux / Eléonore Delaunay / Femme Delaunay /  F. Delaunay / Alexis Leroux / Faucheux / H. Pegels / A. Onslow / Jan Jose Gouaz / Le Consul Général de France: W. de Mendeville.

 

( En réalité, Louis Joseph Roux est décédé à Lorgues le 13 décembre 1815 et Marguerite Justine Roquemaure à l'Hôtel-Dieu à Marseille le 15 janvier 1829. )

 

                                                             °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

                                                                             BUENOS AYRES

 

                                              Samuel Haigh : "Sketches of Buenos-Ayres and Chili, London, 1829" : 

 

       

 

         " Le boeuf est la nourriture la plus ordinaire des habitants et presque toujours à très bas prix. La consommation journalière s'élève à 4 ou 500 têtes de gros bétail, proportion énorme à raison de la population. Aussi un étranger a-t-il lieu de s'étonner des grosses rations de viande qu'on distribue aux soldats, souvent à la vérité sans pain, sans légumes et même sans sel.

     Carne co cuero (la chair avec la peau) est un mets particulier au pays et regardé comme un objet de luxe: on a donné ce nom à la chair que l'on détache du boeuf, dans toute la longueur de l'épine du dos, avec une portion de peau assez grande pour la bien envelopper, et, dans cet état, on l'a fait cuire sur des cendres chaudes. On n'amène jamais de veaux au marché, et on n'abat guère les boeufs que lorsqu'ils sont parvenus à leur entière croissance, à cause de la valeur de la peau. En effet, une peau bien préparée se vend 4 fois plus cher qu'un bouvillon vivant.

     Il n'ya que peu d'années qu'on mange du mouton. La consommation en a été introduite par les Anglais, les Américains et les autres étrangers. Mais on n'en trouve pas toujours. Il avait autrefois si peu de prix qu'il n'était pas rare de s'en servir comme d'une matière combustible. Cette pratique a dû cesser depuis les demandes qu'on en a faites à la boucherie.

     La chair de porc que l'on ne nourrit qu'avec les morceaux de rebut du boeuf est détestable et, par la même raison, il en est de même de la volaille ainsi que des oeufs. Il y a profusion et une grande variété de fruits et de plantes potagères. Le poisson est rare et cher. Parfois le gibier est très abondant. Dans les auberges et chez les restaurateurs on trouve des mets divers, appropriés au goût des différents consommateurs, espagnols, français, italiens, etc.

     C'est un curieux spectacle de voir les Montoneros et les Gauchos parcourant la ville au galop, pour débiter leurs denrées, telles que du lait, des oeufs, du fruit, etc. Ils apportent le lait dans des vases d'étain ou de terre, assujettis dans des paniers attachés à la selle par des bandes de cuir. Au reste, les Buenos-Ayriens, peuple naturellement indolent, sont en général fort indifférents sur la qualité des productions de leur pays et ne cherchent pas à l'améliorer. Il leur suffit qu'ils puissent les vendre; ainsi que leurs chevaux qui sont à si bon marché qu'on peut se procurer un bon cheval de selle pour 3 ou 4 piastres au plus; ils sont d'une nature presqu'indomptable, et, sans les mors redoutables dont on se sert, il serait impossible de les monter.

     Les rues de Buenos-Ayres sont étroites et fort sales. Les bas-côtés ont si peu de largeur qu'à peine deux personnes peuvent-elles y passer de front, et cet espace si resserré est souvent interrompu par des étalages de marchandises en avant des boutiques. Les habitants jettent toutes leurs saletés au milieu de la rue qui devient un réceptacle d'ordures abominables. Les rues sont fréquemment obstruées par des fondrières ou d'énormes amas de boue (pantanas) occasionnés par le séjour des eaux à la suite de pluies abondantes sur une terre molle et argileuse. C'est à raison de ces pantanas que les roues de toutes les voitures sont d'une si grande dimension: les nôtres disparaitraient bientôt dans ces espèces de gouffres. Ces voitures sont ordinairement traînées par des boeufs attelés sur 2 de front et les traits ayant 30 ou 40 pieds de longueur, leur permettant de se mouvoir facilement au milieu du bourbier et de gagner le bord opposé où toutes leurs forces peuvent se déployer pour dégager le chariot.

     La population de Buenos-Ayres est évaluée à 100.000 âmes, dont un quart environ se compose de nègres. Les régiments d'infanterie sont entièrement formés de noirs et bien disciplinés. Ils sont commandés par des officiers blancs et se sont toujours conduits avec bravoure. Le grand nombre et l'éclat des uniformes, la variété de costumes des négociants de nations différentes, des étrangers, des marins, officiers et matelots, l'habillement sombre des ecclésiastiques et des moines, les vêtements singuliers et de couleurs variées des naturels, la riche parure des dames, la quantité de mendiants déguenillés, les étranges figures des Montoneros et des Gauchos, toujours à cheval et toujours galopant, des voitures d'une construction grossière avec leurs roues gigantesques, le bruit tumultueux de cette multitude mêlé aux sons assourdissants des cloches des églises forment un spectacle et une confusion qu'il est impossible de dépeindre.

     Buenos Ayres est le séjour le plus désagréable du monde, surtout en été. D'immenses nuages de poussière obscurcissent continuellement l'atmosphère. Elle est d'une telle ténuité qu'elle pénètre à travers les plus petites ouvertures; elle s'insinue dans les yeux et les oreilles, noircit la figure et les vêtements et donne à tout ce qu´elle recouvre un aspect bronzé. Enfin on peut affirmer sans exagération qu'en lisant un livre, il est souvent nécessaire de faire disparaître cette poussière du feuillet que l'on veut tourner. C'est à sa quantité et à sa pernicieuse qualité que l'on attribue les nombreuses cécités qui affligent les habitants de Buenos Ayres, sa malignité étant encore augmentée par la présence du salpêtre dont le sol est abondamment imprégné. Cette sale incommodité à laquelle, malgré les plus grandes précautions, il n'est pas possible d'échapper complétement, et la malpropreté générale engendrant de nombreux ennemis domestiques. Les rats, les limaçons, les araignées, les puces, les punaises, les moustiques, les fourmis, les escarbots, les vampires infestent par myriades les habitations du riche comme du pauvre. Il n'y a pas moyen de les purger de ces hôtes importuns et destructeurs. (On est parvenu à la vérité à se garantir des moustiques). Pendant les chaleurs, on ne peut jouir que d'un sommeil léger et fréquemment interrompu, comme celui d'un malade en proie à la fièvre. En hiver, l'humidité cause un abattement complet, et elle est telle que le sucre et le sel sont en quelque sorte en état de liquéfaction. La famille se réunit alors pêle-mêle autour d'un brasier de charbon, contenu dans un petit vase (brasero) placé au milieu de l'appartement. Lorsqu'on allume le charbon, ou que l'on garnit de nouveau le brasier, cette opération se fait toujours hors de la chambre jusqu'à l'entier dégagement du gaz acide carbonique.

     Quelques-uns des principaux citoyens de Buenos-Ayres meublent leurs maisons à grands frais, mais sans goût et sans ajouter beaucoup à la commodité. Ils posent un brillant tapis de Bruxelles sur un carreau en briques, suspendent à une poudre un lustre en cristal, et placent contre un mur humide et blanchi à la chaux les meubles les plus riches et les plus élégants.

      On vante généralement la beauté des femmes; elles sont polies, gracieuses, sans affectation; on voit qu'elles cherchent à plaire et elles y réussissent par un naturel charmant, pleines d'attentions pour les étrangers. Quelques écrivains faméliques ont osé attribuer cette bienveillance à des sentiments plus tendres; on pourrait alléguer en preuve du contraire que plusieurs négociants estimables, et même quelques résidents des puissances étrangères, se sont mariés à Buenos-Ayres et n'ont eu qu'à se louer de la conduite de leurs femmes. Les réunions du soir (tertulias) sont fort agréables; la conversation, la danse, la musique les animent. Dans le jour, les dames ne sortent presque jamais que pour aller à l'église; le soir, elles se rendent à la promenade; les boutiques sont éclairées de la manière la plus brillante, et c'est alors qu'elles font leurs emplètes. Elles aiment beaucoup les fleurs, elles en ornent leur belle chevelure noire qu'elles relèvent avec des peignes magnifiques d'une grandeur extraordinaire. L'usage général est d'offrir une fleur aux personnes qui viennent en visite. Enfin l'éventail est pour elles un petit meuble indispensable dont elles se servent avec une adresse toute particulière.

      La population créole de Buenos Ayres, en grande partie originaire d 'Andalousie, se distingue par sa vivacité et son esprit. Les hommes qui ont reçu quelque éducation sont fins, aimables et empreints d'une légère teinte de bigotisme religieux ou politique. On les accuse de paresse et d'inactivité, mais à quoi bon, disent-ils, se consumer en vains efforts dans un pays où l'on obtient à peu de frais tous les moyens de subsistance, et où les besoins artificiels sont extrêmement circonscrits. Ils s'habillent à l'européenne, portent d'épaisses moustaches et entrent presque tous dans l'armée. Hautains, fanfarons, excellents cavaliers, ils sont d'une rare intrépidité, s'occupent avec prédilection de nouvelles et de discussions politiques, fréquentent les théâtres, les cafés, les lieux publics, négligent la société des dames et passent presque tout leur temps au jeu.

     On peut attribuer en grande partie l'orgueil et la vanité des Buenos-Ayriens aux nombreux succès qu'ils ont obtenus. Aucune des républiques de l'Amérique méridionale n'a contribué davantage au renversement de la domination espagnole, et les défaites successives et répétées des Brésiliens, et des Anglais, sont des faits memorables qui honorent leur liberté naissante. Cependant cette fierté a reçu récemment un notable échec. La ville avait été réduite à l'extrémité par un long siège et elle était au moment de tomber au pouvoir des Montoneros, lorsqu'il s'éleva entre le gouvernement et M. Mendeville, consul français, une vive contestation à la suite de laquelle ce dernier fut renvoyé brutalement: un tel affront ne pouvait rester sans vengeance et l'escadre française attaqua, brûla ou captura toute la flotte républicaine. L'amiral français fit ensuite des propositions d'accommodement auxquelles le général Alvéar, ministre de la guerre, répondit avec emphase: « Nous avons chassé les vieux espagnols, nous avons vaincu les Anglais, nous ne craignons pas le résultat d'une guerre avec la France. »

     Cependant on jugea bientôt plus sage de ne pas porter plus loin cette fanfaronnade. De mutuelles concessions furent consenties. M. Mendeville fut réinstallé dans ses fonctions et l'amiral français rendit les bâtiments dont il s'était emparé.

     La jeunesse de Buenos-Ayres qui, par choix ou par nécessité, est presque toute militaire a été cruellement décimée dans les différentes guerres qui ont ravagé le pays depuis l'expulsion des Espagnols. C'est une des plus grandes calamités qu'ont entraînées à leur suite les dissensions civiles; elle a retardé, dans la république de la Plata, les progrès de la population et apporté un long retard à de nombreuses améliorations. Dans la dernière révolution, le sang a coulé à grands flots et ily a peu de familles qui n'aient eu à pleurer sur les pertes les plus douloureuses.

     Les Montoneros habitent les environs de Buenos Ayres. Ils sont cultivateurs et élèvent des bestiaux pour la consommation de la ville où ils vendent leurs denrées. C'est aussi par leur entremise que se débitent celles des gauchos et des Indiens. Le bois étant fort rare, ils ont adopté l'usage de planter sur les hauteurs et sur les longues arêtes des collines une immense quantité de pêchers qui servent principalement au chauffage. On les coupe tous les cinq ans. Les Montoneros forment une classe intermédiaire entre les Portenos (habitants des villes) et les Gauchos qui errent dans les Pampas.

     Dans la dernière guerre civile, on a donné ce nom qui inspirait l'effroi à toutes ces hordes nombreuses que la soif du sang ou l'esprit de pillage conduisaient au siège de Buenos-Ayres. Intrépides, vigoureux, ils forment une excellente cavalerie, mais ils traitent leurs ennemis avec une atroce cruauté et commettent des actes de barbarie avec autant de sang froid que s'ils égorgeaient leurs boeufs. L'habitude qu'ils ont contractée depuis leur première jeunesse de tuer ces animaux semble accroître leur férocité naturelle et les rendre plus impitoyables. Un seul fait dont M. Haigh a été le triste témoin suffira pour justifier cette assertion. A une lieue au-dessous de Buenos-Ayres, le Rio de la Plata reçoit une petite rivière assez profonde pour que les petits bâtiments de la marine militaire y jettent l'ancre. C'est le seul endroit où l'on puisse les visiter et les réparer. Des officiers charger se surveiller ces réparations craignant que quelques partisans ne s'emparassent des navires qui étaient en radoub ou n'y missent le feu descendirent à terre avec plusieurs matelots et ouvriers pour chercher les moyens de les garantir contre toute attaque. Se croyant en pleine sûreté à cause d'un brouillard impénétrable qui couvrait la campagne, ils avaient à peine déposé leurs armes qu'une bande de Montoneros fondit subitement sur eux et, après les avoir massacrés avec des raffinements d'une incroyable cruauté exerça sur leurs cadavres les plus horribles mutilations."

(tiré de « Nouvelles annales des voyages- Volume 50- Bertrand, 1831.
Voyage à Buenos-Ayres et dans les Pampas, par Samuel HAIGH (Sketches of Buenos-Ayres and Chili, London, 1829)

 

 

                                                                                                 PAMPAS

 

          "Il n'y a pas de pays au monde qui présente une surface aussi unie que la plaine immense qui s'étend depuis le fleuve de la Plata jusqu'à la Cordillère des Andes. C'est à la partie la plus basse de cette plaine qu'on a donné le nom de Pampas; elle a 1500 milles du nord au sud sur 500 milles de largeur et forme un grand trapèze irrégulier de 100000 milles carrés. A peine trouve-t-on sur tout ce vaste espace un arbre, un arbuste ou même une plante qui ait une année d'existence; on n'y voit ni colline ni monticule, et les ondulations du terrain sont si légères qu'on ne peut presque pas s'en apercevoir.

     Des ouragans dévastateurs appelés pamperos soufflent avec un fracas épouvantable sur cette contrée sans défense et vont ensuite fondre avec une furie irrésistible sur le large canal de la Plata. Un riche terreau noir, sans mélange de pierre, de gravier ou de sable recouvre le sol. Au-dessus règne une couche d'argile, puis une couche de sable après laquelle on trouve l'eau. Partout la terre est couverte avec profusion d'herbes substantielles qui fournissent au bétail une pâture inépuisable. Quelques observateurs prétendent qu'on pourrait défricher les Pampas avec succès, et qu'un seul trait de charrue, sans aucune préparation de culture, y ferait croître les récoltes les plus riches. A certaines époques de l'année, lorsque les herbes se flétrissent, d'énormes chardons de 10 ou 12 pieds de hauteur sortent en quelque sorte subitement de terre et forment une barrière épaisse et impénétrable qui arrête la marche des voyageurs. La soudaine croissance de ces plantes est un phénomène d'une nature fort extraordinaire.

     On voit encore sur les pampas des daims, des autruches, des pumas, des jaguars, des chiens sauvages; mais ce qui fait la principale richesse du pays, ce sont d'innombrables troupeaux de bêtes à cornes, de chevaux, de mulets et de moutons qui y trouvent une nourriture abondante. On rencontre souvent ces animaux par milliers et on présume que 2 ou 3 millions de boeufs et 3 ou 4 millions de chevaux parcourent en liberté ces savanes sans bornes.

     La balance des objets d'exportation et d'importation est à peu près égale. Les premiers consistent en peaux, suifs, boeuf battu et séché, laine de mouton, de guanaco et de vigogne, en peaux de pumas, de jaguars, de chiens sauvages, en cornes, en crins et en matté ou herbe du Paraguay. Les Etats Unis portent à Buenos-Ayres des cordages, de la poix, du goudron, du poisson, des meubles, du riz, du beurre, de la bougie, de la bière, de l'eau-de-vie de grains, des planches, des bois de construction, etc.

     Le commerce intérieur avec le Chili et le Pérou se compose de marchandises étrangères, de mulets et de maté contre des métaux précieux. On achète les mulets à l'âge de deux ans dans les Pampas, et on les conduit par milliers d'abord à Cordova où ils hivernent. De là on les dirige sur Salta où ils passent un second hiver, et comme ils ont atteint alors toute leur croissance, on les mène à Lima pour les vendre. Tous les transports dans les pays hauts se font à dos de mulets, mais dans les Pampas on préfère des chariots attelés de six paires de boeufs. Ces chariots sont forts grands, d'une construction grossière, sans la moindre ferrure et couverts en chaume ou en peaux. Toujours au nombre de trente ou quarante, ils s'arrêtent le soir, et on dételle les boeufs pour qu'ils puissent paître pendant la nuit. La charge de chaque chariot est d'environ quatre milliers pesant, et il parcourt la route de Buenos-Ayres à Mendoza ou Tucuman, à peu près 900 milles, en trente jours.

     Il n'existe pas un être plus indépendant, plus franchement libre que le Gaucho. Ces gens occupent des fermes toutes en pâturages (estancias) dont quelques-unes ont plusieurs milles d'étendue. Leurs habitations qui ne valent pas mieux que les wigwams des Indiens, sont construites en terre et couvertes en chaume. Ils n'ont pas d'autre mobilier que des têtes et des carcasses de chevaux qui leur servent de sièges et ils fichent dans les murs des os des divers animaux pour y suspendre leurs brides, leurs éperons, leurs lassos, etc.

     Un poncho d'étoffe de laine entremêlé de différentes couleurs et fabriqué par les femmes lui sert de manteau. Ce vêtement a la forme et la grandeur d'une couverture de lit et une fente au milieu pour laisser passer la tête. C'est avec le poncho qui lui permet le libre usage de ses bras que le Gaucho se garantit du vent et de la pluie. Tantôt il le jette sur l'épaule, tantôt il l'attache autour de ses reins, etn toujours pendant la nuit il l'emploie comme couverture. Il a les pieds nus, mais une peau de cheval lui couvre les jambes. Ses éperons ornés de molettes énormes et garnies de pointes très aigües, sont en or ou en argent, et un chapeau de paille lui couvre la tête. Sa selle, appelée « Recado »consiste en un simple morceau de bois revêtu d'un cuir avec une couverture de laine grossière et une peau de mouton. Il ne la serre pas avec une boucle, la sangle étant formée de petites bandes de peau attachées à un anneau de fer ou de bois qui se lie par une courroienà un autre petit anneau fixé à la selle. Les étriers sont en bois ou en argent. Lorsqu'ils sont en bois, ils n'ont que la largeur nécessaire pour y placer le gros orteil. Les étriers en argent sont plus larges et plus commodes. Le mors qui a beaucoup de ressemblance avec celui dont se servent les Mamalucks se joint à un anneau de fer qui fait l'office d'une mentonnière. La couverture de la selle sert de lit au Gaucho qui se couche partout où la nuit le surprend. "

 

- Samuel Haigh: Sketches of Buenos-Ayres and Chili, London, 1829. 

 

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1831: Naissance de Fanny Roux, la fille aînée

 

          Le 19 septembre 1835 marque le début des actions armées de la Révolution Farroupilha, dans l'Etat de Rio Grande so Sul : les troupes farroupilhas envahissent Porto Alegre, contraignant le président Braga à la fuite.

Source Wikipedia - Guerre des Farrapos -par Coyau

 

"La République était appuyée par la propagande que lui faisaient les sociétés secrètes organisées par la franc-maçonnerie. Le franc-maçon Francisco Xavier Pereire fut envoyé par la Loge du Grand Orient de la ville de Rio de Janeiro pour organiser les loges maçonniques. Pour échapper au contrôle des autorités, elles fonctionnaient comme des sociétés littèraires, la principale d'entre elles étant Filantropia et Liberdade. Dans d'autres villes gauchas -Rio Pardo, Pelotas, Rio Grande et Jaguarao-elles avaient pour nom Sociedade Defensora de Liberdade e Independência Nacional. L'influence de la franc-maçonnerie était très forte à travers des journaux tels que Continentino, des représentations théâtrales, des débats publics propageant les idées républicaines, fédéralistes et de résistance au pouvoir central de Rio."

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                                           Diario de Rio de Janeiro du 6 décembre 1836

 

           Entré à Rio de Janeiro le 4 décembre 1836, le paquebot anglais "Spider" venant de Rio da Prata, en 14 jours, Commandant O'Reilly.

           Passagers : l'américain J.H. Brewer.

                                les français : Roux/ Deguet/ Pietre/ Nicolas.

 


1836: Jean Baptiste Roux, son épouse et leur fille Fanny s'installent à Santo Antonio de Triunfo, dans le Rio Grande do Sul, Brésil, sur des terres appartenant à la famille Leao (propriètaires de plusieurs charqueadas).

 

              (Charqueada de número 8 – de Chico Leão



 
Francisco Leão, irmão do Cel. Manoel Leão, o qual também foi vítima da emboscada de 18/09/1839, na qual morreram várias outras pessoas.
Este estabelecimento saladeiril é a terceira charqueada que pertenceu a família Leão e que se localizava depois da vila Santo Antônio, no terreno hoje do grupo Gerdau. Jocelim Araújo (Joça) afirma que atrás da Gerdau havia um túnel, perto do rio Jacuí. O casal Araújo (Jocelim e Elizete) tinham um avô paterno – José Bento de Araújo que trabalhou nas charqueadas.

 

 Dans la presse locale, on salue le courage de ce Français qui, au début de la révolution, vient de Buenos-Ayres s'installer avec femme et enfant malgré les troubles.


11 septembre 1836:  Antonio e Souza Netto déclare l'indépendance de la République de Piratini, avec Bento Gonçalves comme Président.

C'est le début de la Révolution Farroupilha.


Bento Gonçalves arrêté et emprisonné jusqu'à ce qu'il s'échappe en 1837.


1er août 1837: Naissance d'Amélie à Santo Antonio.


Jean Baptiste Roux arrêté pour ses idées républicaines fait de la prison à Porto Alegre. (durée de l'emprisonnement non connue) - Libéré le 17 décembre 1840. 

Porto Alegre, à l'époque, compte environ 13500 habitants dont 1/3 d'esclaves. Les conditions sanitaires sont mauvaises. Peu de rues possèdent un éclairage public.


18 octobre 1838: Lettre du Sr Ministro Almeida à Joao Baptista Roux  (CV 8051) voir CV-8056 annexo 11, ANAIS AHRS283


10 août 1839: Lettre de Jean Baptiste Roux  (de RIO PARDO) (CV-8052) à Domingos José de Almeida, Villa de Caçapava (Carimbo) Cachoeira.


10 août 1839: 2de lettre de JBR à Ministro da Fazenda (CV-8053)

 


     ( Remarque: Giuseppe Garibaldi rejoint les rebelles en 1839)

Fanny Baethgen (née Roux) rapporte dans ses Mémoires que son père Jean-Baptiste a rencontré, à plusieurs reprises Giuseppe Garibaldi.

 


12 novembre 1839: Lettre de JBR (de RIO PARDO) à Domingos José de Almeida (CV- 8054)


12 novembre 1839: 2de lettre de JBR à Domingos José de Almeida (CV-8055)


15 février 1840: Lettre de JBR (de RIO PARDO) à Domingos José de Almeida (CV- 8056)


10 avril 1840: Lettre de JBR à Domingos Jozé de Almeida, ministro das Fazendas (CV-8058). JBR est alors à RIO PARDO, RGS.

Illmo. Exmo. Siñor Ministro da Fazenda. Domingos Jozé de Almeida.
Exmo. Señor participo a V. Exia. que se aprezentou o señor
Jozé Antonio
Jaques
com huma ordem de V. Exia. a onde V. Exia. me dizia que de las 184$960 que me mandou dar da Dona Maria da Fontoura Corte real 76$800 da ditta
286Os segredos do Jarau: documentos sobre a Revolução Farroupilha – Anais AHRS
Señora cento y oitenta mil cento secenta reis do señor Tenente Coronel de Morais me costa à participarlo que con la misma ordem do Señor Jacques me aprezentei à
Dona
Maria Corte Real pagou la quantia que V. Exia. pedio en sua ordem e el señor Tenente Coronel deMorais no quer pagarlo que lê corresponde por este determinei à entregar o Señor José Antônio Jaques la quantia que tenho recebida da Senhora Dona Maria da Funtura Corte Real como V. Exia. vera por lo recibo que juntamente le mando por primeira e segunda via conforme à sua ordem à respeito de 30 alqueires de farinha que V. Exia. me pedia no existe deste genero no Rio
Pardo
esta se vendendo a seis pataque o alqueire.
Deus guarde à V. Exa. muitos annos.
Rio Pardo, 10 d ́abril 1840.
[a]
João Baptista Roux.
[Anotado na margem superior] Respondido a 21 –

– [Anotado no verso] S. D. R. 

 


En 1840, l'amnistie est offerte aux rebelles qu'ils ont refusée.

 

Dans le Diario de Rio de Janeiro, on lit que Joao Baptista Roux est sorti de prison de Porto Alegre le 17 décembre 1840.

(Renseignement qui m'a été communiqué par Marie-Thérèse MEISSEL le 28 juin 2015.)

 


En 1840, JBR s'associe à Marcos Pradel, Vice Consul de France à Porto Alegre


JBR effectue plusieurs voyages RIo Grande do Sul, Rio de Janeiro, Europe (Marseille) entre 1840 et 1845/46


1845 JBR habite à Jaguarao (environ 6 mois): Exportation de cuirs, laines, etc.


                                                                                       Naissance d'Eugénie à Jaguarao.


1845/46: Jean-Baptiste Roux vend ses biens, avec l'idée de rentrer en France, et toute la famille déménage à Rio Grande où le Docteur et Madame Gassier ont loué une maison pour les Roux.


A Rio Grande, JBR va tous les jours chez un nommé Nicolaï, où se retrouvent les Français. (Nicolaï Dreys ?)


Rencontre d'Eugêne Salgues, commerçant Français venu d'Uruguay (C'est l'époque de Rosas)

Création de la Société (Firma) Salgues et Roux qui loue, pour environ 5 ans, une charqueada à Pelotas. (Cascalho - de Antiqueira)

                                                                           

                                                                       ............................................................................... 

                                                                         Qu'est-ce qu'une " Charqueada" ?

  Fut un temps où nourrir des esclaves ne coûtait rien à "leurs maîtres" puisqu'ils leur octroyaient quelques parcelles de terrains où ils cultivaient de quoi subvenir à leurs besoins. Ensuite, l'esclavage pénétrant de plus en plus profondèment à l'intérieur du Brésil, il fallut nourrir, à moindre coût les esclaves ; d'où l'essor, dans le sud du Rio Grande do Sul, de la production du produit miracle: "le charque". En effet, ce qui avait le plus de valeur, dans un boeuf, c'était la peau, la graisse, les cornes ... la viande, quant à elle, ne valait pratiquement rien, étant en surabondance. Des Basques, semble-t-il avait inventé le "charque" en appliquant à la viande de boeuf ce qu'ils savaient faire pour la morue afin qu'elle se conserve et puissent voyager dans les pays lointains et chauds.

  Une "charqueada" désignait une unité de production de "charque". Cela nécessitait: du terrain jouxtant une voie navigable (arroio), un site propice au rassemblement de dizaines de milliers de bovins amenés par troupeaux des estâncias. Pelotas, au début du XIXème siècle, comptait une quarantaine de "Charqueadas", les unes à côté des autres, véritable machine à "traiter" des centaines de milliers de bêtes.

  Chacune de ces charqueadas (voir sur le plan, en ce qui concerne celle louée par Roux et Salgues, celle de Domingos de Antiqueira), consistait en une bande de terrain en pente douce plus ou moins rectangulaire, d'environ soixante hectares. Le côté supérieur du rectangle longeait le "Logradouro Publico", grand espace de rassemblement où arrivaient les troupeaux. Dans la partie haute du terrain était la maison des maîtres.. Plus bas ,sur le côté, les bâtiments où logeaient les esclaves (et, dans le cas "pionnier" de la firme Roux & Salgues, les Uruguayens, Correntinos(?)  et Basques , "main d'oeuvre libre". (En fait, ces Basques étaient des gens à qui on avait avancé le prix du voyage France-Brésil et qui remboursaient leur dette en travaillant.). A l'autre bout du rectangle était l'arroio. De haut en bas on avait les aires d'abattage, de dépeçage, d'extraction des graisses, de traitement des cuirs, de la viande, des cornes. A proximité du poste d'embarquement, les monceaux de charque prêts à être chargés pour Rio de Janeiro, via le "Lagoa dos patos", mer intérieure communiquant, à Rio Grande, avec l'océan Atlantique.

 

(Le lien ci-dessous dpnne accès au site d'une charqueada de Pelotas contemporaine)

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                                                                                  à voir :  les merveilleuses illustrations de tous les postes de travail rencontrés dans une charqueada, par le grand artiste  brésilien Danubio Gonçalves (85 ans).  La mosaïque sur le Mercado Publico de Porto Alegre " Memorial da Epopeia Rio-Grandense Missioneira e Farroupilha."

 

 

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F. Denis :

"...Si le spectacle que présente une de ces vastes estancias, qui souvent n'ont pas moins de trente lieues d'étendue, ramène involontairement à ces temps primitifs où les troupeaux étaient toute la richesse des hommes, il n'en est pas de même de ces charqueadas, qui attestent les besoins sans cesse renaissants de notre industrie. Il suffit de jeter un coup d'œil sur les immenses cargaisons de cuirs et de cornes qui nous arrivent annuellement du Brésil méridional pour se faire une idée des scènes effroyables que présentent de semblables établissements. Pendant plusieurs mois, ce sont de véritables abattoirs en permanence, mais non pas des abattoirs où, comme dans nos grandes villes, tout a été calculé pour la salubrité publique. Dans la plupart des charqueadas tous les sens sont offensés à la fois. Le pays d'alentour est empesté par les débris d'animaux qu'on abandonne aux chiens sauvages et aux oiseaux de proie ; et on a toujours considéré comme une preuve évidente de la salubrité du climat le peu de maladies dangereuses que développent de tels foyers d'infection.

Le nombre infini de cuirs de bœufs qui proviennent des estancias ou des charqueadas, et que l'on désigne dans le commerce sous le nom de cuirs légers. Ces immenses cargaisons qui approvisionnent nos tanneries s'embarquent encore (1837) à Rio Grande dans l'ancienne
capitale ; et c'est à ce genre de commerce que cette ville dot toute sa richesse et sa prospérité croissante. Du reste, rien n'est plus triste, rien n'offre un aspect plus désolé que cette ville et ses environs. Un voyageur moderne l'a fort bien caractérisée en disant qu'on n'y voyait que des sables et que l'on n'y respirait que du sable.

La ville de Rio Grande, désignée également sous le nom de Villa de San Pedro, est à soixante lieues de la nouvelle capitale, et elle a été bâtie à trois lieues du fleuve qui lui donne son nom. Il l'a divisé en deux cités, l'une s'appelant du nom de Jozé, l'autre conservant celui de Pedro ou do Sul. Ces deux villes sont exposées au même inconvénient : le moindre vent y soulève des sables mobiles ; et lorsqu'un pampero un peu violent vient à souffler, on voit quelquefois les maisons basses ensevelies sous ces espèces d'avalanches.

Les deux villes réunies n'offrent guère qu'une population de six mille âmes ; cette population est dans l'opulence, et cependant le dernier voyageur qui l'a visitée ne fait pas un tableau fort attrayant des plaisirs qu'elle peut goûter. Selon lui, l'appât du gain, une déportation, ou quelque intérêt puissant, peuvent seuls engager à vivre à Rio Grande. Néanmoins, grâce à l'esprit d'association qui distingue les négociants, les plus grands travaux sont courageusement entrepris, et les inconvénients que présente une situation si peu agréable ont été puissamment modifiés : on a construit des quais, des canaux ont été ouverts, une douane spacieuse reçoit les marchandises nationales et étrangères, un théâtre s'est élevé. D'autres édifices d'utilité publique sont en construction (1837) ; et pour accomplir ces grands travaux, on n'a eu que les fonds donnés par les négociants de la ville. Une autre cause de la prospérité future, et celle-là ne saurait guère faillir, est l'emploi que l'on commence à faire, à San Pedro, de ces navires à vapeur qui doivent établir des communications si rapides entre les divers établissements formés sur les bords du Rio Grande. Ce fleuve qui prend naissance devant Porto Alegre, et qui a pour sources les cinq rivières dont la disposition bizarre avait imposé son nom à la ville qui fut un instant capitale de la province, ce fleuve, dis-je, est d'un navigation facile, et se jette dans ce grand lac dos Patos que l'on a surnommé, à juste raison, dans le pays, o Mar pequeno, la petite mer. Nous ne rappelons pas ici ce que nous avons déjà dit sur cette espèce de Méditerranée dont la navigation peut être un jour d'un si haut intérêt. En quelques endroits, ses bords, couverts de forêts, sont admirables ; et c'est une tribu indienne, aujourd'hui civilisée, qui se charge de ce cabotage et même du transport des voyageurs . (Coroados, Goynazes)"

                                                                       °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

     En, 1845, le 21 novembre, débarquent à Porto Alegre l'Empereur D. Pedro II, âgé de 20 ans, et l' Impératrice Thereza Christina. Ils sont reçus par le président de la Province, le Baron de Caxias (Luis Alves de Lima e Silva), les plus hautes autorités civiles et militaires, les grands propriètaires, commerçants, la bourgeoisie.

     En 1846, un an après la fin de la Révolution Farroupilha, le Gouvernement impérial crée une "Inspetoria de Praticagem da Barra", qui guide les navires à l'entrée du port, grâce à des pavillons le jour et des feux la nuit.. Cependant la profondeur maximum du chenal est de deux mètres et l'endroit restera un cimetière à bateaux et un obstacle à l'accroissement du trafic à destination de Porto Alegre, ce problème persistant jusqu'en 1906.

     A Porto Alegre, la même année, on rase les fortifications entourant la péninsule, ce qui permettra à la ville de s'agrandir.

     Cette même année débute la construction du pont du Riacho, en pierres, pour remplacer le vieux pont de bois. Il sera achevé en 1854.

 

 

Le 18 juillet 1847, meurt de pleurésie le général Bento Gonçalves da Silva qui avait été le premier président de la République Rio-Grandense. A la fin du conflit Farroupilha, pauvre et malade, Bento Gonçalves avait repris ses activités d'éleveur sans s'intéresser à la politique. Il laissait une veuve, Caetana Garcia, et huit enfants.

 

 

Diario do Rio de Janeiro du 25 février 1850 N° 8336 anno 29. 

    "Nous continuons la liste des lettres ouvertes par l'administration du courrier, conformément à l'article 143 et 146 du réglement du 27 septembre 1849 :

- Une lettre de la Veuve Pegels pour Roux à Pelotas."

 

O Riograndense - Alfandega do Rio Grande - le 28 février 1850 :

  "Pela Inspectoria da Alfandega desta cidade, se faz publico que, no dia 2 do futuro mez de março, ao meio dia, na porto da mesma alfandega, se hao de arrematar 200 caixas com massas, vindas de Marcelha no brigue francez "Allah Kerim", com avaria geral, verificada em conformidade do art. 263 S4° do regulamento, e em virtude do decreto n° 550 de 5 de Fevreiro 1850. E para constar se mandou lavrar o presente para ser afixado nos lugares do costume e publicar pela impresa.

                                                  Antonio de Sa Brito."

 

 

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Anno VI - Sabbado 2 de Março de 1850 - N° 582.  "O RIO-GRANDENSE." 

 

 

                                                                              °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

 

1850 : dans le Diario de Rio de Janeiro, on trouve un voyage de Jean-Baptiste Roux pour Rio de Janeiro, à bord du "Todos os Santos" . 

Diario do Rio de Janeiro n°8457 segunda feira, 29 juillet 1850 : Jean-Baptiste Roux a quitté Rio de Janeiro le 27 juillet 1850 pour Rio Grande do Sul, via Santa Catharina (6 jours 1h + 3 jours 2h)

      (information qui m'a été communiquée par Marie-Thérèse MEISSEL le 28 juin 2015).

Il est reparti de Rio de Janeiro à bord du "Todos os Santos" avec sa fille Amélie (à cause de l'épidémie de fièvre jaune à Rio) ; départ le 10 août 1850.

(Diario de Rio de Janeiro anno XXIX n°8469 Segunda feira 12 de agosto de 1850.

Le "Todos os Santos" a quitté Rio de Janeiro le 17 octobre 1850 au soir.

                                                                                  °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Petite annonce : "No caminho da Villa da Cachoeira para a Villa de Rio Pardo, se ha perdido huma Letra saccada por o negociante Antonio Pereira da Silva Fortes no valor de hum conto de reis a favor de Juan Baptista Roux, a qual foi protestada no cartorio do Snr. Joao Baptista Rodrigues : quem achar ditta Letra, e a entregar ao mencionado Roux em Rio Pardo, ou nesta a Federico Schmidt, recebera boas alviceras."

                                                                                  °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Expediente da Secretaria da Fazenda.

 Outubre 5°

    Circular em que o Governo ordena, que os couros, que se exportarem sem Guia do Dono da marca, ou dos Commandantes de Força sendo de consumo, sejao sequestrados e vendidos em asta publica.

     Officio ao Inspector Geral do Thesouro capeando o Circular de hoje, a fim de dar-lhe o devido comprimento.

- Ao Exm. Ministro da Guerra, enviando-lhe a Circular de hoje a fim de a fazer expedir aos diversos Chefes de Policia.

 

Outubre 6°

-Ao mesmo acima rogando-lhe ordene a recepçao de algumas miudezas compradas a Joao Baptista Roux e fazel as entregar no Trem.

- Ao Inspector Geral do Thesouro ordenando-lhe a entrega de 500 pataçoes prata a Luiz Nac?  , deixando no Cofre 150 pezos, que ao mesmo se adiantou para entrar por conta de quem pertencer no emprestimo, que se esta promovendo.

- Ao Exm. Ministro da Guerra, afim de admittir no Trem, como Mestre Alfaiate a Luiz Lodoux.

- A Camara Municipal do Triunfo, enviando o Decreto de hoje, em que eleva a cathegoria de Villa a capella de Viamao com a denominaçao de Villa Setembrina, para lhe dar a divida execuçao.

                                                                                      °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Expediente da Secretaria da Fazenda.

Outubre 14

     Officio ao Inspector Geral do Thesoro ordenando lhe, expessa ordem à Collectoria do Municipio do Triunfo para que dos reditos da mesma embolse ao Negociante Joao Baptista Roux ou a sua ordem da quantia de 495$200, provenientes de fazendas ao mesmo compradas para fornecimento do Exercito.

- Illmo. e Exmo. - Tenho a honra de levar ao conhecimento de V. Exa., que o resultado da Commossao de que V. Exa. me encarregou he o mais satisfoserto possivel ; pois que descubri do outro lado do Arroio denominado o Velhaco, differentes minas de salitre, e em consideravel quantidade, que evitara a Republica Rio-Grandense o haver-lo do extrangeiro, o que me apresso a communicar a V. Exa. para seu conhecimento. Deos guarda V. Exa. Snr. Domingos José de Almeida, Ministro e Secretario de Estado dos Negocios do Interior, e Fasenda. - Luis Déal.

 

Outubro 26

- Ao Commandante Geral de Policia de Boqueirao ordenando-lhe haja de encaminhar e prestar o auxilio necessario a Antonio José Bonilha para carregar e conduzir com promptidao para esta as carretas que o mesmo poder carregar dod objectos aprezados na Sumaca Mineira.

- Ao Exm. Ministro da Guerra afim de o mesmo ordenar o aparte do resto de fazendas necessarias para o fardamento da Muzica, na Caza de Joao Baptista Roux, e rogando lhe haja de mandar passar novo Conhecimento ao dito Roux em consequencia do engano que contra  o mesmo houve no lançamento do pano vendodo ao Estado, que tendo tratado o Covado a 4$000 rs. se acha a jarda por aquelle preço.

 

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1851: construction d'une maison dans le centre de Pelotas, rua dos Flores, n°1.

Là, 6 mois après le déménagement et en un mois, disparaitront, du fait de la scarlatine, 3 enfants: Louis (8 ans), Eugénie (5ans), Elise (2 ans).

Là naîtront: Ernestine (15 décembre 1854), Elise, Jean.

Là se marieront: Fanny Roux avec Jean Baethgen; Amélie Roux avec Edmond Berchon Des Essarts; Adeline Roux avec Joao Manoel Fontès.

 

En 1853, s'installe à Porto Alegre le premier Atelier Photographique, au coin des rues Vigario José Inacio et General Vitorino.

 

Diario do Rio de Janeiro du 7 février 1857 : Manifeste = par le Vapeur français "Atlantis" de Marseille , importation de 20 caisses et 4 barils de liqueurs pour J. Roux.

Correio Mercantil  (Rio de Janeiro) : 12 septembre 1857 : Entré le 15 août 1857, le brick "Allah Kerim" venant de Port Vendres - Mestre Sagoles - Consignataire : Martin.

Diario do Rio de Janeiro du 23 septembre 1857 : chargé, à bord du brick français "Allah Kerim" =      1000 sacs de café à destination de Marseille.

                                       du 1er octobre 1857      : chargé,                 -id-                                      =      2140 sacs de café.

                                                                                                                                                             1 barrique de farine de manioc, à destination de Marseille.

Correio Mercantil du 4 octobre 1857 : Manifeste "Allah Kerim" le 3 octobre 1857 - 2380 sacs de café.

                                                                                                                            - 10 Couçoeiras de jacaranda.

                                                                                                                            - 1 barrique de farine de manioc.

                                                                    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

 Le 16 janvier 1858, le brick "Allah Kerim" faisait naufrage sur rade de Fayal, Açores.

 

                                                                 °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°


1860: JBR Vice-Consul de France. ( Cela est gravé sur sa pierre tombale, au cimetière des Batignolles, mais nous n'avons pas trouvé d'archives précisant les circonstances de cette nomination.)

Fanny, Amélie et Adeline "Les 3 perles de Pelotas".

 

 

 

1867: Retour en France de JBR, Eléonore, Ernestine, Elise, Jean, Joaquina mulâtresse. (18 rue Brochant, 2ème étage. de 1867 à 1869) puis 8, Place des Batignolles, 1er à droite.

 

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1869: Arrivée d'Adeline Fontès (abandonnée par son mari), sa fille Eléonore et son fils Alfred. Ernestine, Elise et Adeline en pension, 39 avenue de Saint Ouen chez les Dames Religieuses du Sacré Coeur de Coutances.

 

 

en 1874: Mariage de Ernestine avec Ernest Gesbert, pharmacien à Damville (Eure), à Paris, 8 place des Batignolles.

Elise (née en 1845 à Pelotas) est mariée à Jules Alfred Guimond (né à Lagny, 77 le 3 décembre 1855).

Eleonore (Fontès) mariée avec Mr Laporte, notaire à Ouzouer-le-Marché. Adeline habitait avec eux puis est revenue habiter avec sa mère.


1878: 1ère communion de Jean Roux au Collège Albert Le Grand. (Dominicains)

 

D'un négatif sur plaque de verre avec couche de gélatine (en très mauvais état), le Dr. Fernand Roland, cousin par alliance, a réussi à faire un tirage où les personnages sont identifiables, en particulier, à gauche, Jean-Baptiste Roux, au centre, assis devant Eléonore, jeune garçon, Jean Roux. A droite, le jeune garçon debout, Alfred Fontès.

Je remercie Fernand Roland pour avoir fait ce beau travail de restauration, ainsi que pour les documents concernant Jean Roux qu'il m'a communiqués.

(à suivre).

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2 avril 1880: Décès de Jean Baptiste Roux  (Hémorragie cérébrale, 2 accidents auparavant)

 

           

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                                                                Sépulture de Jean-Baptiste Roux au cimetière des Batignolles

 

 

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                                                           Sixième Division - 1ère Ligne - Numéro 29 - Avenue Circulaire

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    15 mai 1880: Roux Jean-Baptiste, 17 ème arr.


    13 décembre 1886: Guimond Suzanne, 17ème arr. 

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    13 février 1888. Delaunay Eléonore Françoise, veuve Roux, 17ème arr. 

        Taxe de réunion perçue le 20 avril 1910
        Ces trois corps ont été réunis dans la même case

 

    12 janvier 1910. Guimond André Paul Jules

        20 avril 1910. GUIMOND Venant de Damville, Eure ............................................................................................................................................................

          8 mai 1918. Roux Adeline Cécile, Veuve Fontès, 15ème Arr.

...........................................................................................................................................................

   17 février 1942.  Guimond Renée , 17ème arr.

...........................................................................................................................................................

  25 février 1947 Guimond née Roux Elisa 17ème arr.

...........................................................................................................................................................

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11 février 1888: Décès d'Eléonore Roux (née Delaunay), 49 rue Lemercier.

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Jean Roux étudiant en médecine. Il vit alors quelque temps avec sa soeur Adeline Fontès puis loue un petit logement d'étudiant au Quartier Latin, 7 rue Corneille, aux Galeries de l'Odéon, au 6ème étage, dans la maison du fond.

Thèse de doctorat en Juillet 1891.

Loue 141, rue de Rome


Mariage de Jean Roux le 18 juin 1892. 

 

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Correspondance de Jean-Baptiste Roux avec le ministre Domingos José de Almeida du gouvernement révolutionnaire:

 (à voir dans: Os segredos do Jarau: documentos sobre a Revolução Farroupilha – Anais AHRS287)

 

 

-CV- 8051  S.Exc. O Sr.Ministro ALMEIDA  - Joao Baptista ROUX 

18 octobre 1838

 

-3 1⁄2 Covados de Casimir à 1$920...................................................6$720

-5 dito Holanda à $320 ....................................................................1$600

-2 1⁄4 dito de panno à 5$760...........................................................12$960

-2 gorros à 1$280............................................................................2$560

-1 1⁄2 vara de Gazilla à $640............................................................1$280

-3 lenços de seda............................................................................7$160

-6 pares de meia.............................................................................2$400

-1 1/3 vara de fita............................................................................1$280

-3 1⁄2 dita transirai...........................................................................2$080

-1/3 Casimira..................................................................................0$640

-1/3 Dita.........................................................................................0$640

-2 1⁄2 vara trensilia..........................................................................0$960

-29 vara algodao sufestado(?) à 640................................................18$560

-65 patacoens em prata..................................................................62$400

-Fazenda levada a Sr.Januario BORGES -Idem a Sr.Militao..............58$080

 total=.................................................................................80$210

 

TOTAL =.....................................................................................259$530

Abato a importcia de conta de J.B.................................................-58$080

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(annoté au verso) Joao Baptista ROUX

..................................................................................................201$450 

 19 novembre 1838

  

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CV-8052


Illmo. Exmo. Siñor. Ministro da Fazenda Domingos José de Almeida.

 Exmo. Siñor hoi me incamino Por El Sittio á verme com El Siñor general in Cheffe do exercito riograndense al respeitto do Ricrimento que lê tengo dirigido para amortizar a mia conta eu Exmo. Siñor para provar á V. Exa. que Não quero fazer Espéculation sobre este assunto ofresco a V. Exa. todos los beneficios que se pode fazer en dineiro o en fazenda immediatamente y como tambem comprar el mismo gado á V. Exa. sendo gado que pode entrar ao porto alegre Dios guarde a V. Exa. muittos años.


Rio Pardo, 10 de Agosto de 1839. [a] João Baptista Roux.
[Anotado na margem superior]

Respondido a 4 de Setembro. [Anotado no verso]

Illmo. Exmo. Siñor.40 20 Ministro da FazendaDomingos José de Almeida Villa de Caçapava. [Carimbo] Cachoeira.

Estoi a su ordem por cual quera coiza que podo servir a V. Exa. – Seu [a] João Baptista Roux.


[Anotado no verso] Illmo. Exmo. Siñor.40 20 Ministro da Fazenda
Domingos José de Almeida Villa de Caçapava. [Carimbo]Cachoeira.

 

 

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CV-8053

 Rio Pardo 10 août 1839.

Hon. Sinor. Ministre des finances.

Étant de retour de mon voyage à El Sittio je suis en état de vous faire parvenir la farine de manioc. J'ai donné ordre à M. Smith de vous livrer également trois barils de farine de blé. Je suis à votre disposition pour tout ce qui pourrait être utile à votre excellence.

votre, Jean-Baptiste Roux. (annotée au verso)

Illmo. Hon. Sinor Le ministre des finances José Domingos de Almeida - Ville de Caçapava.

 

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CV-8054


Illmo. Exmo. Senhor.


Participo á V. Exa. que me fica á receber 300$000 en la Collectoria da Villa do
Rio Pardo de la ordem das farinhas vendidas o estado que importam 440$320 Suplico á V. Exa. mandarme huma ordem para que se me encontra en la Collectoria da Villa do Triunfo la quantia de 184$000 réis direitos de huma taboada que mandei para Porto Alegre.
Deos guarde a V. Exa. para sempre.

Rio Pardo, Novembro 12 de 1839.
[a]
João Baptista Roux.
[Anotado na margem superior]

Recebida e respondida a 14. [Anotado no verso] Illmo. Exmo. Siñor.
Domingos José d Almeida
Ministro da Fazenda e Justiça. Caçapava.

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CV-8055

Illmo. Exmo. Siñor Ministro Domingos Jozé de Almeida.

Exmo. Siñor. Desejo que tenha muitto Boa Saude. Juntamente lhe mando un recrimento sobre unos direitos que tenho qui pagar en la Collectoria de la Villa do Triumpho espero que V. Exa. me despachara el próprio lo mas brevé possible para remeter la ditta ordem en la Collectoria do Triumfo para locacion do Senhor Coq um allemão que vá com carretas, le mando um terçio de herva que V. Exa. á de gostar por ser herva da Palmera lê remeto tambem uno Carton que contem um Corte de vestido que a mia Senhora manda para Sua Senhora Esposa Dom Façame encargo de fazer lembrar à V. Exa. de seu assunto estoi à sua ordem por los que lê podo ser util.

Deus Guarde à V. Exa. para muittos annos. Seu Criado
[a]
João Baptista Roux. Rio Pardo, 12 de Novembro de 1839.
[Anotado na margem superior] Recebida e respondida a 14 –

[Anotado no verso] Illmo. Exmo. Sr. Dom Domingos José de Almeida. Ministro da Fazenda e da Guerra. Villa daCaçapava.

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CV-8056


Illmo. Exmo. Siñor Ministro da Fazenda.


Respondendo a lo Officio que V. Exa. me dirigio dattado de 2 de febrero por los arranjos de lescola da naçon da Dona
Manuela Louise da Silva professora de 1a Lettra participo a V. Exa. que ja entreguei los reglons que en este município se en podido achar e pronta entregarei los demais que mandei procurar en Santo amaro à linstante lhe participarei e lhe remeterei huma clareza da ditta professora.

Deos guarde à V. Exa. muitos annos. Rio Pardo, 15 de febrero 1840. [a] João Baptista Roux.
[Anotado na margem superior] Respondido a 24 –

[Anotado no verso] Illmo. Exmo. Sr. Domingos José de Almeida. Ministro da Fazenda. [Carimbo] CACHOEIRA.Caçapava

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CV-8057

Illmo. Exmo. Siñor Ministro da Fazenda. Domingos Jozé de Almeida.


Exmo. Señor participo a V. Exia. que se aprezentou o señor
Jozé Antonio Jaques com huma ordem de V. Exia. a onde V. Exia. me dizia que de las 184$960 que me mandou dar da Dona Maria da Fontoura Corte real 76$800 da ditta Señora cento y oitenta mil cento secenta reis do señor Tenente Coronel de Morais me costa à participarlo que con la misma ordem do Señor Jacques me aprezentei à Dona Maria Corte Real pagou la quantia que V. Exia. pedio en sua ordem e el señor Tenente Coronel deMorais no quer pagarlo que lê corresponde por este determinei à entregar o Señor José Antônio Jaques la quantia que tenho recebida da Senhora Dona Maria da Funtura Corte Real como V. Exia. vera por lo recibo que juntamente le mando por primeira e segunda via conforme à sua ordem à respeito de 30 alqueires de farinha que V. Exia. me pedia no existe deste genero no Rio Pardo esta se vendendo a seis pataque o alqueire.
Deus guarde à V. Exa. muitos annos.
Rio Pardo, 10 d ́abril 1840.
[a]
João Baptista Roux.
[Anotado na margem superior] Respondido a 21 –

[Anotado no verso] S. D. R.
Illmo. Exmo. Señor Domingos Jozé de Almeida. Ministro das Fazenda. Caçapava.

[Anexo]106 Sr. D. João Batista Roux. Incluzo lhe remeto a carta do Sr. Ministro Almeida, da qual espero sua immediata resposta porque ao mesmo Sr. enho que responder sobre o assumpto relativo. No entanto sou de V. Mcê. atencioso servidor. Caza, 9 de Abril de 1840.
[a]
José Antônio Jaques
[Anotado no verso] Sr. D. João Batista Roux. Sua Caza. [Anotado na margem inferior] Illmo. Sr. Acabo de falar com o Sr. Tenente-Coronel Morais. Não quer pagar a ordem que mando cobrar o Exmo. Sr. Ministro da Fazenda por isto me custa a dizer que não lhe podo entregar senão la quantia de 76$800 da D.Maria Fontoura Corte Real.

Rio Pardo, 10 de Abril 1840. [a] João Batista Roux
106 Este ofício de José Antônio Jaques e a resposta à margem de João Batista Roux já foi transcrito no volume número 9 dos Anais do AHRS (pág. 319), mas como os organizadores da Coleção Varela introduziram uma cópia xerográfica do mesmo junto ao CV-8057, optamos repeti-lo integralmente aqui para facilitar a leitura. [N. do E.]


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CV-8058


Illmo. Exmo. Siñor Ministro das Fazenda. Domingos Jozé de Almeida.


Exmo. Señor El portador d ́esta o Siñor Don
Pedro Mendes me pedio huma Carta de recomendacion para V. Exia. Como gosto de servir a todos me tomei la libertude de dirigirle esta para servirlos en caso de necessidades que V. Exia. salvar dos incomodo que lê podi dar.
Todo os meus desejos es que V. Exia. goze de bona saude a toda a sua
respeitavel famillia.
[Anotado no verso] Illmo. Exmo. Señor Ministro das Fazenda
Domingos Jozé de Almeida. Villa da Caçapava.
Seu Criado e Servidor. [a]
João Baptista Roux.

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(CV-8059)
RUSCA, Natalio CV-8059 a CV-8061
Excelentisimo Señor Ministro. Salto Agosto 18/1840.
Tengo el honor de dirigirle de este punto das líneas advetindolo que entre 10 a 12 dias saldré de esta para
Alegrette a donde tendre el gusto de reunillarme [sic] a V. Exa. y mientras tanto lo advierto que desearia areglarse a mi cuenta, como aquella de los 11. Quan V. Exa. [recho ilegivel] para despues poderdes proporcionar mercanzias para el vestuario de sus tropas – He alludo en esta mia una carta por el señor Cuneo que muitisimo me la encargo el Señor Castellini.
Mientras tanto reciba V. Exa. los sentimientos de perfecta stima y respecto que le manifiesta este su humilde Servidor
Dios guarde a V. Exa. muchos años. [a]
Natalio Rusca
[Anotado no verso] Excelentisimo Señor Ministro de Hacienda el Illmo Señor Don Domingos Jozé D’Almeida. Alegrette.




(CV-8060)
Excelentisimo Señor Ministro de Hacienda y Justicia de los Negocios Interiores y Exteriores de la Republica de la Provincia Rio Grandense.
Salto 12 Janero 1840. Excelentisimo Señor vengo de recebir la apreciable suya data 31 del Agosto
e immediatamente le contexto diciendole que a esta fecha ya houbiera tenido el honor de prostrarme a los pies de V. E. a tratar de nuestros asuntos sea particulares, como de la casa de quienes soy encargado, mas unas noticias no muy propicias que tubimos al
Cuarónos hicieron retroceder. Portanto en vista de la estimable suya ruego la bondad de V. E. de participarme la cantidad de ganado, la calidad, como tambien el destino adonde podre apartalo, para asi poder tratar los hombres por el mismo fin, advertiendo que en puento a las convenciones no tendremos muchas dificuldades, llevando yo el sistema conforme ya me parece haberles dado prueba del muchissimo deseo de servirlos, como tambien presentemente tengo una proposicion de hacerles en nombre de mis principales los SS. Don Juan Rey Nuñes [?] muy ventajosa por esse Exercito. En conformidad de lo espresado no dudo que V. E. se dará toda la presura para despacharme lo mas pronto posible, tanto por la obligacion, por el interes, por el amor patrio, como por l’onradez del partido principal sistema de adoptar para gigantescamente adelantarse. [1v]
En mi compaña iba un muy amigo mio com las muestras de unas 60 pezas de paño intencionado de hacer negocio com este Estado, los paños estan el el
Salto, a mi ida llevare las muestras y problablemente efectuaremos el negocio.
Enclusa en la mia mande una carta bien voluminosa por el Señor
Cuneo, quien despues habiendo pasado por esta, muchissimo me encargó para que hiciese diligencia y remeterciela para Montevideo. Por tal objeto si dodavia dicha carta esta en manos de V. Exa. desearia que tubiese la bundade de mandarmela con primera ocasion a este destino. Agradessa V. E. los verdaderos sentimientos de perfecta stima y respecto que este su humilde servidor le manifiesta y disponga

Dios guarde a V. Exa. muchos años. [a] Natalio Rusca
[Anotado no verso] Excelentisimo Señor Ministro de Hacienda. El Señor Don Domingos Jozé D’Almeida. S. P. M.)

 

...Com base da correspondência ativa e passiva do Ministro da Fazenda da “República Rio-grandense”, Domingos José de Almeida, Moacyr Flores destaca os negócios que os agentes mercantis tinham com o governo revoltoso e os embaraços que os comerciantes enfrentavam devido à falta de pagamento por parte dos farroupilhas ...

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......................J'ai copié les extraits suivants dans un livre internet édité par L&PM e-books, sans noter le titre ni le nom de l'auteur. J'en suis désolé........................

                               O mais infame dos documentos

Extraits de lpm.com.br

 

(.....)

 

"" Em 25 de outubro de 1845, Almeida comete o documento ignominioso. Em carta a David Canabarro, pede o testemunho do ultimo chefe do exercito farroupilha em seu favor numa causa infame: "com a ocorrência de 15 de junho de 1836 que pôs a capital da Provincial em poder de nossos antagonistas, forçoso foi para cada um de nos, alem de nossos dos serviços pessoais, concorrer com a quota que nos foi possivel agenciar para obter objetos bélicos e todos os meios de prosseguir na empressa em que nos achavamos empenhados: a mim, pois, me coube despender no conserto da escuna ´30 de Maio´, na criaçao do Trem de Guerra, no feitio de roupas para o exercito, e no suprimento de quantias à soma de Rs. 3.647$455. O financiador queria entao receber."

Para sustentar a sua reclamaçao, explicava como financiara a parte que lhe coubera num movimento revolucionario cujos herdeiros ainda pretendem que tenha sido abolicionista: "Prevendo os resultados da retirada de 4 de janeiro de 1837 se nossos companheiros nao fossem de pronto socorridos de cavalgadura, roupa, fuma e erva, nesse mesmo dia despachei 35 escravos, que de minha propriedade tinha já no departamento de Cerro Largo, com Vicente José Pinto para serem vendidos em Montevidéu e seu produto aplicar a esse importante fim."

A Revoluçao Farroupilha foi, portanto, financiada com a venda de homems. Uma revoluçao por igualdade, liberdade e humanidade sustentada com a venda da negros. Almeida ainda precisou, para que o seu interlocutor nao o tomasse por desonesto: "Tais escravos foram com efeito vendidos a Manuel Gonçalves da Costa, e pouco depois dois  mais: um a José Tavares, de Taquari, em pagamento de cavalos que lhe comprei para o exército". Uma verdade incômoda.

 

Almeida apresenta provas documentais e garante que as quantias forum "fielmente aplicadas na manutençao da Guerra". Para confirmar que estava falando rigorosamente a verdade, recorre ao testemunho imparcial do inimigo. correspondência sua ao general Neto, de 23 de março de 1839, sobre o caso, tendo caido em maos dos adversarios, havia sido impressa no jornal O Mercantil do Rio Grande, e, segundo ele, "tanto me havia de servir um dia essa impressao para mostrar pelo veiculo do inimigo a veracidade dos fatos." Almeida dizia tudo isso a Canabarro para combater a "torpeza" e as "negras calùnias" que o faziam sentir "agonias mortais", o que o obrigava a "apelar para o reto bom-senso e a probidade" de Canabarro. No imaginário dos homems comuns, revoluçoes pela igualdade e pela humanidade normalmente libertam escravos, não se financiam com a venda deles. Ou, seja por decoro ou por discrição, não apresentam a fatura no caixa do novo regime. Era assim, ao menos, na mitologia. Que sirvam nossas façanhas de modelo a toda terra!""

 

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 NOTES de Fanny BAETHGEN (Ecrites en 1902...) à l'adresse de son frère Jean Roux :

 

 

JEAN BAPTISTE ROUX (3).jpg

                                                           Jean Roux et son épouse Cécile Gaillard à Mortagne.

 

  « Notre père vivait à Buenos Ayres où nos parents se sont mariés. Notre mère n'avait que 15 ans et Papa 28 ou 29 ans. La différence d'âge était assez grande. Maman était petite et mignonne. Quelques personnes croyaient que notre chère maman était la flle et non l'épouse de notre père. C'est là, à Buenos Ayres, que je suis née. Papa était négociant, j'ignore quel genre de commerce.

 Je suppose que c'est en 1835 ou 36 que Papa est venu s'établir ici au Brésil, à Porto Alegre, la Capitale de notre Etat. Au début Papa avait apporté de La Plata une machine à vapeur pour fabriquer les graisses. Il la fit monter dans une Xarqueada située à quelques lieues de Porto Alegre (Santo Antonio de Triunfo) où nous sommes allés habiter. La famille Roux se composait alors de trois: Papa, Maman et votre soeur aînée. Là, à Santo Antonio de Triunfo, est née notre soeur Amélie.

 Alors, la Province de Rio Grande était en révolution (C'est la révolution de 1835). Notre père a eu beaucoup de contrariétés et a beaucoup souffert. Il a été prisonnier. On l'a emmené à Porto Alegre. Maman, à Santo Antonio de Triunfo, ne recevait pas de nouvelles et manquait également de certains aliments. Enfn le siège fut levé et Papa revint près de sa petite famille.

 Maman était bien jeune alors. Les Gouvernistes disaient que notre père (le « Français ») était républicain. Voilà pourquoi il était poursuivi. 

 La fabrique de papa était sur les terrains de la famille Leao. Ceux-ci étaient républicains. Je me souviens que là-même, à Santo Antonio, un petit navire de guerre s'est arrêté. Ils mitraillaient comme des insensés. Ils avaient été battus. Notre maison était tout près de la rivière. Ces hommes furieux voulaient "le Français" à tout prix. Papa a été obligé de se présenter. Ils le firent prisonnier à bord. Notre mère accourt comme une désespérée, Amélie dans les bras d'une négresse et moi mes petits bras ouverts. Maman m'a dit que je criais « Tatita, Tatita » (qui veut dire Papa en espagnol). Si j'avais quatre ans, c'était le plus, mais ma terreur a été si grande que ma jeune mémoire l'a conservée.

 De nouveau nous sommes allés habiter à Porto Alegre. Felizarda nous accompagnait. Elle est née à Santo Antonio. Elle n'avait que quatorze ou quinze ans quand elle est venue chez nos parents. Papa l'avait achetée à Santo Antonio où elle est née, à l'âge de quatorze ans. Ses premiers maîtres étaient républicains. Leurs biens ayant été confisqués par les Légalistes, ils se sont vus obligés de vendre leurs esclaves.

 Je me souviens que Papa était souvent absent. Il faisait des voyages dans le pays, toujours pour affaires. Il s'est vu souvent dans des situations bien critiques, craignant les voleurs et les assassins. Il portait des valeurs cousues dans des ceintures. Les voyages se faisaient à cheval et accompagné par un peao (Papa était bon cavalier et grand chasseur). Il avait un esclave mulâtre qui l'accompagnait. Dans un de ces voyages, il fait la connaissance de Giuseppe Garibaldi qui servait avec les Républicains de Porto Alegre. Je crois qu'après la première rencontre, ils se sont trouvés ensemble plusieurs fois.

 De Porto Alegre, nos parents sont allés habiter la ville de Rio Pardo. La révolution continuait. Notre père s'était établi avec un grand négoce. Papa était seul avant que Maman quitte Porto Alegre pour le rejoindre. Pour cela, elle devait recevoir un avis de Papa. Il était encore impossible de correspondre. Les légations prenaient compte des lettres. Enfn Papa trouve un moyen: il achète une esclave mulâtresse, l'embarque après lui avoir bien caché la lettre dans ses vêtements et Quiteria (c'était son nom) arrive à Porto Alegre et Maman reçoit la lettre de Papa.

 Notre mère, peu de jours après, s'embarquait avec ses deux fillettes et les servantes Felizarda et Quiteria. Je me souviens encore de ce voyage: On longe de près le rivage. Nous nous amusions de voir les singes grimper aux arbres. Ce voyage dure quelques heures. C'est là, à Rio Pardo, que notre soeur Adeline est venue au monde. C'était la cinquième fille. Entre moi et Amélie, deux sont mortes.

 Dans cette ville aussi nos parents ont eu des ennuis à cause toujours de la révolution. Les troupes se fournissaient chez Papa et ne payaient pas. Ils étaient les maîtres. Je vois encore Maman cachant des monnaies d'or et d'argent dans la terre des pots de fleurs et dans les matelas. Cela m'amusait beaucoup. Je ne comprenais pas le danger.

 Je ne peux pas dire combien de temps Papa est resté à Rio Pardo.

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  Notes:  11 septembre 1836: Antonio e Souza Netto déclare l'indépendance de la République de Piratini, avec Bento Gonçalves comme Président. C'est le début de la Révolution Farroupilha.Bento Gonçalves arrêté et emprisonné jusqu'à ce qu'il s'échappe en 1837   1er août 1837: Naissance d'Amélie à Santo Antonio. (Elle épousera Edmond Berchon des Essarts,  qui sera assassiné en 1872 au Paraguay).

Jean-Baptiste Roux est de nouveau prisonnier à bord d'un petit navire de guerre impérialiste (Ils avaient été battus et voulaient le « Français » à tout prix; ils ont mitraillé la maison; JBR obligé de se présenter, est donc fait prisonnier. Eléonore accourt comme un désespérée. JBR finalement relâché ).

JBR souvent absent; voyages pour affaires; situations souvent critiques; peur des voleurs et des assassins; valeurs cousues dans les ceintures; voyages à cheval accompagné d'un esclave mulâtre.

  Dans un de ces voyages, il rencontre Giuseppe Garibaldi qui, arrivé en 1836 à Rio de Janeiro (pseudo: G.G. Borel), après des essais de commerce maritime avec Luigi Rossetti servait les Républicains. Il avait rejoint le mouvement des «Bandeirantes », luttant au service de la République Farroupilha - dont les leaders étaient alliés de Rivera- spécialement dans la guerre navale contre les forces de l'Empire du Brésil.

(C'est là qu'il mit au point les techniques de guerilla qu'il utilisa par la suite en Europe.(voir le journal de Montevideo le « Constitucional ».Combats de Garibaldi: batailles du Cerro, du Salto et sur le Fiumicello Sant Antonio en février 1846 (Garibaldi nommé général)).

A l'époque (1839) construction de 2 lanciones, de 2 charrettes (8 roues; charron de Abreu) pour mise à l'eau dans un petit ruisseau qui coule de la Lagoa dos Patos dans le Lac de Tramandai-

Jean-Baptiste Roux s'établit à Rio Pardo vers 1839- (seul d'abord). Il fournit les troupes révolutionnaires et rencontrera à plusieurs reprises Giuseppe Garibaldi.

  Là, ,il achète Quiteria, esclave mulâtresse, et l'embarque à Rio Pardo pour Porto Alegre, après avoir cousu une lettre dans ses vêtements. Eléonore reçoit la lettre et embarque, 29 jours après, pour Rio Pardo avec ses deux fillettes, ainsi que Felizarda et Quiteria. Voyage de quelques heures.

A Rio Pardo naîtra Adeline (1840-1918; 5ème fille). Entre Fanny et Amélie, 2 sont mortes. (Adeline épousera Loao Manoel Fontés (1835- 1904) probablement à Pelotas. Son fils Alfred Fontés, futur miraculé, naîtra en 1861.) 

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Suite des Souvenirs de Fanny:

  "Nous sommes revenus pour la capitale, c'était je pense en 1840. Je me souviens que Papa, peu après, était associé avec M. Marcos, consul de France, et que Papa a fait un voyage pour Rio de Janeiro, et qu'à son retour nous avons reçu beaucoup de jolis cadeaux, poupées, etc...et aussi que nous avions un petit frère qui est né pendant l'absence de notre père (ce frère, c'était Louis qui est mort à l'âge de huit ans de la terrible scarlatine).

Si ma mémoire ne me trompe pas, je crois bien que Papa est resté très peu de temps près de nous. Il est parti, mais pour la France où il allait charger un navire. Les voyages alors étaient longs.

 A son retour, Papa m'a fait cadeau d'un piano. J'étais si heureuse ! Le séjour de notre père prés de nous a été court. Il est reparti pour la France. Dans le trajet de Sainte Catherine à Rio de Janeiro le voyage à été horrible. Ils se sont sauvés par miracle. C'est dans cette occasion que Papa a blanchi, mais seulement les favoris. Il avait beaucoup pensé à sa famille.

Pendant l'absence de Papa, son associé s'est changé pour Rio Grande (rue Pedro II, une très grande maison, c'est maintenant l'hôtel Paris) c'était plus facile pour les affaires.

 Notre père est de retour avec un grand chargement et le navire est leur propriété. "Allah Kerim" était le nom du navire qu'il avait acheté à Marseille. Papa arrivé à Rio Grande n'a pas pu aller nous embrasser à Porto Alegre: ses affaires l'obligeaient à retourner le plus tôt possible à Marseille. Nous n'avions pas de bateau à vapeur : un voyage qui pouvait se faire en deux jours durait souvent deux mois si les eaux baissaient et s'il y avait un manque d'eau à l'Ituapan (Viamao). C'est pourquoi il se met de nouveau en voyage, naturellement bien contrarié. Je me souviens que Maman a beaucoup pleuré. Elle reçut une lettre par laquelle Papa lui disait d'aller à Rio Grande afin que de retour il nous retrouve dans cette ville. Nous voilà de nouveau en voyage, Maman et nous quatre enfants, Felizarda et une fille Chegueria, Marguerite, Quiteria, mulâtresse couturière et repasseuse, Rita la blanchisseuse et encore Antonio et Justino. Ce voyage - qui se fait en 24 heures par le bateau à vapeur - a duré neuf jours. Arrivés à Rio Grande, nous avons été reçus par la famille Pradel qui avait des appartements à notre disposition jusqu'à l'arrivée de Papa. Je me souviens que Madame Pradel , Doña Mariana (Brésilienne), était très aimable et bonne. Maman et elle sont devenues amies intimes.

 Papa est de retour en 1844. Le chargement est d'une grande valeur. Enfant que j'étais, j'ignore ce qui s'était passé, mais je vois encore notre père de bien mauvaise humeur. Il paraît que pendant son absence son associé ne s'est pas bien conduit. Ils se sont séparés. Papa se sentant malade, à cause du mauvais sang qu'il s'était fait, n'a pas voulu rester à Rio Grande.

 Nous voilà encore en voyage pour Jaguarao où il s'est établi négociant en cuirs, crins, exportation de cuirs, laines, etc...il avait monté une presse pour faire des fardeaux, des balles pressées, qu'il exportait. Cette presse de Papa fut la première montée à Jaguarao. Là est née notre gentille sœur Eugénie. Nous sommes restés, je crois, à peine six mois dans cette ville. Puis Papa a tout vendu pour aller vivre en France. Il était mécontent, dégoûté. Sa santé restait délicate. Nous sommes retournés pour Rio Grande dans un petit yacht. Dix jours de voyage. Maman encore assez faible. La petite Eugénie n'avait qu'un mois. Notre pauvre mère ne devait pas trouver cette petite cabine bien confortable. Nous les enfants nous trouvions cela très amusant. La famille Roux qui devait bientôt s'embarquer pour la France, arrive de nouveau à Rio Grande. Le docteur Gassier avait loué une maison pour nos parents. Madame Gassier était la marraine de notre sœur Amélie. Papa ne pensait rester à Rio Grande qu'un ou deux mois. Papa allait tous les jours causer un moment chez un Monsieur Nicolaï, (note: est-il possible qu'il s'agisse de Nicolas DREYS ?) où se réunissaient les Français. Là il a fait connaissance de M. Eugène Salgues, Français. Ce monsieur était un émigré de l'Uruguay. Ils étaient en révolution. C'était le temps de Rosas. Ni les saladeros de la Plata, ni ceux de l'Uruguay ne travaillaient. L'émigration venait pour le Brésil. Ici, les saladeros gagnaient beaucoup (c'est une tentation). Papa et M. Salgues forment une société ; ils vont tous les deux à Pelotas, louent pour cinq ans une Charqueada à deux lieues de la ville, située au bord de la rivière Pelotas. Notre père est revenu le jour suivant et vite, vite, nous partons. Heureusement le voyage n'était que de vingt quatre heures. C'était bien joli là : une très grande maison, une orangeraie immense, la rivière et un très grand champ où était l'établissement où travaillaient une centaine d'hommes, Basques, Français, Espagnols, Paraguayens, Orientaux, "Correnturios" et Africains. Le travail durait de quatre heures du matin jusqu'à midi. Papa se levait le ciel était étoilé. Le travail fini, les ouvriers allaient au bord de la rivière se débarbouiller et puis chacun s'amusait à sa manière. Les Basques jouaient à la pelote. Les Espagnols jouaient aux cartes. Cela ne finissait pas toujours bien mais heureusement ils ont toujours respecté notre père. Les Basques avaient leur cuisine. C'était le plus âgé qui venait une fois par jour chercher la ration. C'est moi qui étais chargée de la lui donner. C'était du sucre, de l'herbe (herva) pour le maté et la farine de manioc. Ce vieux se nommait Patronita. Après venaient les vingt ou vingt-cinq Africains chercher aussi leur ration. C'était drôle quand ils me voyaient, ils montraient leurs dents blanches. A ceux-là je devais donner à chacun sa part. J'avais alors 13 ans. Le Saladero était le premier de la province de Rio Grande. Le travail était fait selon le système Platina. Beaucoup de visiteurs venaient pour voir travailler et les exportateurs pour acheter. Pendant tout l'été le mouvement était extraordinaire. Les cinq années échues la société Roux et Salgues n'a plus continué. Les saladeros de Plata travaillaient de nouveau. L'affaire ici changeait naturellement. Nous sommes venus habiter la ville de Pelotas. Nous étions alors six enfants. La petite Élise était née à la charqueada. Amélie était en pension à Rio de Janeiro. Papa était devenu fort et d'une santé enviable ainsi que notre mère et nous tous. L'air de la campagne nous avait fait grand bien.

 Ce bonheur n'a pas duré : six mois après notre changement pour la ville, nos parents ont eu le grand chagrin de perdre en moins d'un mois trois enfants charmants de la fièvre scarlatine. Louis âgé de huit ans, Eugènie cinq ans et Élise deux ans. Ces tristes jours ne se sont jamais effacés de ma mémoire. Adeline qui n'avait que dix ans, on la fit sortir de la maison. Moi, je suis restée pour aider à soigner les chers malades. À Rio de Janeiro, la fièvre jaune commençait à faire des ravages. (°°°')

 Notre père désespéré s'embarque et va chercher Amélie. Notre intérieur était bien triste. Nos trois chéris nous manquaient. Ils étaient si gentils. Papa arrive de Rio avec Amélie qui était heureusement bien portante.

 Notre père acheta une grande propriété qui avait de grands magasins, un grand jardin. Il établit sa "barraca" : Barraca de Joao Baptista Roux. Il a recommencé sa vie active. Ne pouvant vivre de ses rentes, il lui fallait travailler. C'était encore le négoce des cuirs, crins, laines, etc...il était toujours dans un va-et-vient continuel. Pendant la journée. Papa avait peu de repos, mais il lui fallait cela. Notre maison était très fréquentée. Ces messieurs les négociants de Rio Grande des maisons anglaises et allemandes, faisaient des affaires avec Papa et, quand ils venaient à Pelotas, déjeunaient et dînaient chez nous. Pour son service de "barraca", Papa possédait dix ou douze esclaves, encore ceux de la charqueada, des fidèles serviteurs ; et Maman avait six négresses pour le service, sans compter les enfants de Felizarda.

 A cette époque, on ne connaissait pas encore la machine à copier les lettres. C'était moi qui les copiais. La correspondance pour les différentes villes de la campagne du Rio Grande, c'était presque tous les jours. Dès bon matin, Papa venait taper aux portes de notre chambre et disait : "Fanny, il y a des lettres à copier !". Je me levais vite, vite. Je travaillais aussi le soir. Papa était fier de me voir travailler à un comptoir. Si je ne m'étais pas mariée, je crois qu'il n'aurait jamais acheté de presse à copier. C'était moi aussi qui cachetais et adressais les lettres. Une fois, je me souviens, je me suis trompée et j'ai adressé une lettre de THOMPSON pour CLAUSA et le dernier pour le premier. Comme je suis devenue rouge quand Papa me dit d'un air fâché : "Bonita ! Ouva que tu se creites !"

 La barraca de notre père était alors la première de la Province de Rio Grande, non seulement par les grandes affaires qu'il faisait mais aussi par sa bonne réputation. Moi, Amélie et Adeline avons passé des jours bien agréables pendant notre jeunesse. On nous nommait " les trois perles de Pelotas ". Notre sœur Adeline était une des beautés d'ici. Nos chers parents étaient fiers de leurs filles. Papa a fait bâtir une grande maison 1, rua das Flores, où sont nés Ernestine, Élise et Jean et où nous, les trois aînées, nous sommes mariées et où sont nés Amélie des Essarts, Fanny Baethgen, Léonore Fontès et Jean Baethgen.

 Le docteur Roux était un enfant très délicat jusqu'à l'âge de trois ans, quand nos parents ont quitté le Brésil. Nos parents ont perdu quatre garçons : Louis, Auguste, tous deux plus âgés qu'Ernestine, Jean et Jean. Notre cher père était excessivement vif et sanguin, impatient. Mais, après le malheur d'avoir perdu les trois enfants, il avait changé complètement de caractère. Ernestine, Élise, mes enfants et ceux d'Adelina pouvaient faire du tapage autour de lui. Il ne s'impatientait pas. Quand ils voyaient que Papa se dirigeait vers son bureau pour ouvrir le coffre, la petite bande courait autour de lui et criait : "Uma vintem, Nouvo ! " (un sou, Grand Père ! ) 

Le jour est arrivé où nos parents se sont décidés à partir pour la France. Ils ont vendu la grande propriété avant de partir.

Le restant, mon cher frère, c'est vous qui le savez.
Ce que j'ai écrit tout uniquement de ma mémoire."

Pelotas, le 15 juin 1902,

Fanny BAETHGEN.

 

 

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Auguste Baethgen, sa femme Fanny et leurs enfants.

 

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Felizarda (et Amancio ?) - Felizarda n'est pas devenue religieuse, mais est restée dans la famille au Brésil.img716.jpg

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                               Pelotas: Escravidao e Charqueadas (1780-1888) par Jorge Euzébio Assumpçao 

capitulo 2-As Charqueadas Pelotenses-127:

  O problema da mao de obra escrava nao foi discutido somente o periodo de escassez. Ja o charqueador Antônio José Gonçalves Chaves, homem de notavel cultural e saber, em 1822, criticava o sistema escravista.  Porém, apesar de suis criticas, ele submeteu-se à realidade de sua époça e foi sono de um grande plante' de cativos.

 Sobre a tentativa de substituiçao da mao de obra escrava pela livre, nos diz Alvarino Marques, :"por parte de alguns charqueadores antigos, houve tentativas de contratar mao de obra estrangeira, vinda do Uruguai e da Argentina, bem como de Europa, sobretudo bascos. O francês Joao Batista Roux que arrendou a charqueada que pertencera ao Visconde de Jaguari, Domingos de Castro Antiqueira, situada no Cascalho, à margem direita do Arroio Pelotas, utilizou-se exclusivamente de operarios livres em plena vigência da escravatura, importando trabalhadores especialistas bascos franceses, além de uruguaios e argentinos. Antes de Roux, logo no inicio do século XIX, convém lembrar a vinda de técnicos irlandeses para a fabricaçao de carnes salgadas, em Porto Alegre, em 1808 (...)

  Alvarino diz ter Joao Batista Roux utilizado exclusivamente operarios livres. Porém, Fernando Osorio afirma ter o charqueador em seu poder cerca de trinta cativos africanos alugados, e que o mesmo foi o primeiro a empregar mao livre n'as charqueadas pelotenses.

  Com as fontes disponiveis nao nos foi possible elucidar esta divergência, pois os autores nao indican suas fontes. Sendo assim, fica em Alberto esta questao.

 Sobre o assunto citou Mario Maestri : "Esta iniciativa deveu-se a Joao Batista Roux, francês, que pelo fim da Revoluçao Farroupilha, estava em Jaguarao com sua familia de onde (1846) regressou para o Rio Grande, onde ja residira. Relacionou-se com seu compatriota Eugênio Salgues, e tendo concertado trabalharem juntos, vieram a Pelotas e arrendaram esta charqueada, constintuindo a firma Salgues e Roux. Constata-se assim que foi J.B.Roux o primero a emprésario o braço livre num meio e numa época por inteiro opostos  à inovaçao. Exit a firma, J.B.Roux estabeleceu entao - Barraca de Couros, etc.- isto por 1852."

 

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 Page 127

   Extrait de la thèse de Leonardo Monteiro Monastero

"Capital social e a regiao Sul do Rio Grande do Sul"

Août 2002

Curitiba :

 

..."Ha que se contestar tambem a visao de nao havia quaisquer incentivos positivos ao aumento da produtividade dos escravos. O proprio COUTY103 (apud CARDOSO, 1977, p.206) atesta que os charqueadores ofereciam recompensa monetaria para os escravos que superassem suas cotas produtivas diarias. Tambèm è interessante notar que fracassaram as tentativas de implantaçao de charqueadas baseadas no trabalho assalariado. O francés J. B. Roux fracassou, em meados do sèculo XIX, ao instalar, em Pelotas, uma charqueada com o chamado sistema platino, empregando trabalhadores livres bascos, uruguaios e argentinos (BELL, 1998, p. 233n)

  No tocante a divisao do trabalho escravo, talvez ela tenha sido maior do que apontavam alguns autores. GUTIERREZ (1999, p.180) apresenta um levantamento feito a partir dos inventorios de charqueadores pelotenses entre 1810 e 1887. Mostra-se a ocorrÍncia de escravos em dez diferentes tarefas diretamente ligadas ao processo de produçao do charque. Havia escravos em outras duas dezenas de atividades diferentes, como de apoio ou em tarefas domèsticas. Segundo a autora (1999, p. 182), na amostra examinada, 53% dos escravos possuÌam ofÌcio especÌfico. 

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Quelques extraits de la presse brésilienne de l'époque concernant les affaires de Marcos Pradel (associé à J.B. Roux entre 1840 et 1844) :

 

"O Riograndense" du 9 octobre 1849 /  Le 8 octobre 1849, départ pour Le Havre (de Rio Grande) du brick français "Roi de Pique", cons; Marcos Pradel & Co - 

 - 728 cuirs salés de boeuf.

 - 120 cuirs salés de vache.

 - 1200 cornes de boeuf.

                                              __________________________________________

 

"O Riograndense" du 12 février 1850 / Exportation pour Marseille : chargé sur le brick suédois "La Plata", cons. Marcos Pradel & Co-

 - 5000 cornes de boeuf.

 - 2000 cuirs de boeuf salés.

"O Riograndense du 26 février 1850/ chargé sur le même, même consignataire :

 - 570 cuirs salés de boeuf.

                                              __________________________________________

 

"O Riograndense" / Entré, le 14 février 1850, l'"Allah Kérim", venant de Marseille, Mestre: B. (?), cons. Marcos Pradel & Co - Destination : Marseille.

                                               _________________________________________

 

"O Riograndense"/ 9 mars 1850 : Chargé 99 cuirs salés et expédié pour Marseille le Brick suédois "La Plata". Cons. M. Pradel & Co.

                                              _________________________________________

 

" O Riograndense" /4 avril 1850 : Expédié pour Marseille l'"Allak-Kerim", avec 600 cuirs de boeuf salés. Cons M. Pradel & Co.

                                             _________________________________________

                           / 2 mai 1850 : chargé pour Marseille, à bord du brick français "Fils Unique", 1000 cuirs salés . Cons. M. Pradel & Co.

                           / 8 mai 1850 : chargé pour Marseille              -"-                                       , 775 arrobas de cabello.      -"-

                                                                                                                                           70 cuirs séchés.              -"-

                                            __________________________________________

                          21 mai 1850 : chargé pour Marseille le brick français "Perignon" avec 400 cuirs de boeuf salés. Cons: M.Pradel & Co.

                                           ___________________________________________

                          24 mai 1850 : expédié pour Rio de Janeiro  l'"Eugenia" avec 50 tonneaux de vin rouge. Cons: M. Pradel & Co.

                                          ___________________________________________

 

                           6 juin 1850 : chargé pour Marseille le brick français "Perignon" : 475 cuirs salés de boeuf.

                                          ___________________________________________

 

                          10 juin 1850 : chargé et expédié pour Marseille le brick "Perignon" : 71 cuirs salés de boeuf.

                                                                                                                            28 ballots, arrobas de cabello (crins ?).

                                          ____________________________________________

 

                           16 août 1850 : chargé pour Marseille le brick français 'Jeune Arthur" Cons; M. Pradel & Co.

                                                                                                                            50 cuirs secs.

                                                                                                                            1000 cuirs salés de boeuf.

                                                                                                                             15 ballots et 31 sacs avec 565 arrobas de cabello.

                                            ____________________________________________

 

                           19 août 1850 : chargé pour Marseille et expédié le brick français "Jeune Arthur" : 32 cuirs salés de boeuf.

                                            ____________________________________________

 

                           16 janvier 1851 :  Pour Marseille ; chargé 100cuirs de boeuf salé à bord du brick français "Oceano". Cons. M.Pradel & Co.

                                          ____________________________________________

 

                          17 janvier 1851 : Pour Anvers ; Brick anglais "Wannan". 300 cuirs salés. cons. M. Pradel & Co.

                                        _____________________________________________

 

                          20 février 1851 : Pour Cadix; Patache romaine "Herminia". 3000 cornes de boeuf. Cons; M.Pradel & Co.

                          22 février 1851 : Pour Cadix;         "-"                                 600 cuirs salés.

                            4 mars 1851  : Pour Cadix;         "-"                                  483    "-"

                                       ______________________________________________

 

                            5 mars 1851 : à l'importation; du brick français "Perignon" venant de Marseille:  50 caisses d'huile d'olive.

                                                                                                                                                24 caisses de vin rouge.

                                                                                                                                                25 caisses de vin blanc.

                                     ________________________________________________

 

                             6 mars 1851 : Pour Cowes ; brick suédois 'Union" : 4000 cornes de boeuf.

                                                                                                          629 cuirs salés. Cons. M. Pradel & Co.

                                     ________________________________________________

 

                            11 mars 1851 : Pour Cadix;  à bord de l'"Herminia" :   360 cuirs salés.

                                                                                                            12 ballots  avec 350 arrobas de cabellos. cons. M. Pradel & Co.

                                      _______________________________________________

 

                            15 mars 1851 :              -id-                                 : 8 ballots, 268 arrobas de cabellos. Cons. M. Pradel & Co.

                                      ________________________________________________

 

                             17 mars 1851 : Pour Cadix     -id-                        :  Cons. M. Pradel & Co.

                                                                                                        200 achas de lenha (bois).

                                                                                                        900 cuirs salés.

                                      ________________________________________________

 

                             18 mars 1851 : Pour Cowes ; brick suédois "Union" : 650 cuirs salés . Cons. M. Pradel & Co.

                                     ________________________________________________

                               

                             21 mars 1851 : Pour Cowes ;                 -id-            : 700 cuirs salés.             -"-

                                    ________________________________________________   

 

                            22 mars 1851 : à l'Importation de Marseille; brick français "Pirigeros" : 2 caisses de 200 mouchoirs de soie.

                                                   cons. M. Pradel & Co.

                                    _________________________________________________