Les origines

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 La Charbonnerie tire son nom des rites d'initiation des forestiers (rituels forestiers) fabriquant le charbon de bois à l'origine dans le Jura et en Franche-Comté.

 Ces sociétés de « bons cousins charbonniers » sont très antérieures au phénomène politique du carbonarisme italien et de la charbonnerie française. Issues de l'ancienne corporation du métier de charbonnier, ces associations usaient de signes secrets de reconnaissance et favorisaient l'hospitalité et l'entraide. Chaque section locale d'une société des « bons cousins » s'appelle une « vente » (vendita en italien).

 La tradition particulière du Compagnonnage charbonnier se réfère à la figure de Saint Thibaut, fils d'un noble champenois et à la légende prégnante du Luxembourg et de la Belgique à l'Italie, peu après l'an mil. Ce courant s'apparente au courant érémitique des camaldules et de leurs cousinages franciscains ensuite. Comme tous les compagnonnages au Moyen Âge, il fut lié à la pratique du pèlerinage de Compostelle.

 Mais, à la différence des compagnonnages de maître Jacques, Salomon et du père Soubise (le plus proche car regroupant les métiers du bois et les premiers compagnonnages de couverture), la Charbonnerie refusera par essence de s'« embourgeoiser », respectant en cela volontairement ou involontairement le détachement du monde du fondateur mythique.

 D'où la réalité et les légendes de leurs forêts abritant proscrits et rejetés de la société du monde, le long des siècles, depuis Jeanne d'Arc ou les guerres de religions aux rencontres « fortuites » de nobles « se perdant dans la forêt » et se faisant initier des rites des plus humbles de leurs sujets : François , Henri IV...

 Les sociétés secrètes sont à l'origine de la première grande vague d'agitation contre le Congrès de
Vienne
en Europe au début des années 1820. En raison de la répression, ces sociétés, comme les Carbonari ou la Charbonnerie, constituaient alors le seul moyen d'expression politique.

 Le phénomène politique et insurrectionnel de la Charbonnerie fut d'abord italien, avant de connaître par la suite des ramifications en France. C'est le révolutionnaire français Pierre-Joseph Briot, lui-même franc-maçon du rite de Misraïm et « Bon cousin charbonnier » du rite du Grand Alexandre de la confiance, qui importa ce rite à Naples, fin 1809. Il participa sans doute à l'unification secrète des divers groupes italiens sous l'égide de la Carbonaria.

 La figure de l'Italien Buonarotti, héritier lui aussi de l'illuminisme émancipateur du christianisme ésotérique
du
XVIIIe siècle (avec des sources rosicruciennes) doit être soulignée: Il fut l'âme, avec Briot, des insurrections en France et en Italie, en Belgique et jusqu'en Pologne, à la tête de la Haute Vente.

 L'inquiétude du pouvoir vis-à-vis de ce mouvement transparaît dans plusieurs passages de Lucien Leuwen de Stendhal. À la revendication d'une monarchie constitutionnelle libérale venait s'ajouter la volonté d'unité et d'indépendance nationale.

En Italie

 Après 1817, le carbonarisme entretint une agitation endémique dans la péninsule italienne. Elle débuta par le soulèvement de Macerata, dans les Marches pontificales (1817), et elle culmina dans la vague révolutionnaire de 1820-1821, à Naples et en Piémont où Charles-Albert de Savoie-Carignan, héritier du trône, avait encouragé les conspirateurs. En juillet 1820, une insurrection dirigée par le général Guglielmo Pepe fut organisée à Naples par la Carbonaria pour obtenir de Ferdinand IV une constitution.Ces mouvements furent condamnés par les puissances conservatrices, dans le cadre de la politique des Congrès : congrès de Troppau en octobre 1820 (qui autorise l'intervention directe de l'Autriche) et de Laybach en janvier 1821.

 En mars 1821, les Carbonari dirigés par l'officier Santorre di Santarosa orchestrèrent un nouveau soulèvement dans le Piémont qui mena à l'abdication du souverain Victor-Emmanuel et à l'accession au pouvoir du roi libéral Charles- Albert. Dans les deux cas, le souverain accorda une constitution avant que les troupes autrichiennes n'interviennent pour rétablir l'absolutisme. Les constitutions furent ensuite abrogées et la répression féroce. L’échec de ces mouvements déclencha une réaction des autorités dans les États pontificaux et dans le royaume lombard-vénitien. Les condamnations, puis les souffrances, dans les cachots du Spielberg, de Silvio Pellico et Pietro Maroncelli (1820), de Federico Confalonieri, Andryane et Pallavicino (1823-1824) sensibilisèrent l’opinion européenne à la cause italienne.

 Les carbonari étaient généralement considérés comme étant farouchement anticléricaux, et plusieurs affaires de l'époque mettent en relief l'opposition farouche entre ce mouvement et l'Église catholique, dont la plus célèbre demeure l'hypothétique "conspiration de la Haute-Vente". Le document La Formation Permanente de la Alta Vendita (Haute Vente), était un document attribué aux Carbonari par leurs adversaires politiques, qui dressait tout un plan d'infiltration et de corruption de l'Église catholique. Ces papiers tombèrent entre les mains de Grégoire XVI. Ce document fut publié à la requête du Pape Pie IX par Jacques Crétineau-Joly dans son livre: L'Eglise Romaine en face de la Révolution. Par son bref d'approbation du 25 février 1861 adressé à l'auteur, le Pape Pie IX a garanti l'authenticité des documents révélés mais il n'a autorisé personne à divulguer les vrais noms des membres de la Alta Vendita impliqués dans les documents, dont le pseudonyme de Nubius1. Après cette affaire, l'abbé George Dillon dénoncera les liens entre la Franc-maçonnerie et les carbonari2. Parmi les documents mis à la disposition de Crétineau-Joly pour écrire son livre figure une lettre attribuée à un membre de la Haute-Vente, nommé Piccolo- Tigre, fondateur lui-même d'une Vente, qui aurait écrit à ses membres le 18 janvier 1822 des instructions sur les moyens à prendre pour racoler des membres importants3.

 C'est en rupture avec le carbonarisme que naquit le mouvement Giovine Italia (« Jeune Italie »), créé à Marseille en 1831 par des carbonari en exil, et dirigé par Giuseppe Mazzini . Après en avoir été un des dirigeants4, Il commença une analyse de l'échec des émeutes dans les duchés et les légations pontificales de 1831 et il pensa que les groupes carbonari avaient échoué surtout en raison de la contradiction de leurs programmes et l'hétérogénéité de la classe qui en faisait partie et qu'il n'avait pas été possible de réaliser une amplification du mouvement insurrectionnel en raison de l'étroitesse des projets politiques des différentes provinces, il en avait été ainsi lors des émeutes de Turin de 1821 quand les tentatives de fraternisation avec les Lombards avaient échoué. Enfin il fallait renoncer, comme en 1821, à rechercher l'appui des princes et, comme dans les émeutes de 1830-1831, l'aide des Français5.

 Buonarotti, alors inspirateur des carbonari avant sa disparition en 1838, ne vit pas le plus grand achèvement pratique de son œuvre : la libération et réunification de l'Italie en partie menée par le "Bon Cousin" Garibaldi, par ailleurs illustre hiérophante de Memphis Misraïm: ce qui prouve, s'il en était besoin, l'étroite relation entre l'institution « belle et rebelle » de la maçonnerie et les carbonari, la première servant de vivier à la seconde.

En France

Restauration et Monarchie de Juillet (1815-1848)

 La Charbonnerie se répandit en France vers 1818. De type politique, rassemblant des républicains, des bonapartistes et, en général tous les mécontents, elle s'opposa à la Restauration, organisant des complots pour la renverser. La police française estima leur nombre à 20 000 pour la seule ville de Paris et ils étaient répandus sur 25 départements.

 Le conseil suprême de la société secrète était nommé Haute-Vente. Il se composa d’abord des membres suivants : Bazard, Bonnias, Flottard, Buchez, Dugied, Cariol et Limpérani, fondateurs de la Charbonnerie ; en 1820, ils furent rejoints par La Fayette et son fils, par Dupond de l'Eure, Voyer d'Argenson, Manuel, de Corcelle père,François Mauguin, Barthe, Mérilhou, Beauséjour, Jean-Jacques Koechlin et de Schonen. Pendant l'été 1820, la conspiration dite du bazard français impliquant La Fayette est découverte avant son déclenchement. Le gouvernement modère la répression afin de ne pas susciter une mobilisation trop forte6.

 Cette Haute-Vente dirigeait les Ventes particulières composées de vingt membres. Ce mouvement était cloisonné, ceux des ventes inférieures ne connaissaient pas ceux des ventes supérieures et les ventes étaient inconnues les unes aux autres. Chaque membre versait une cotisation mensuelle d'un franc germinal et devait se pourvoir d'un fusil et de cinquante cartouches. Chaque vente devait se tenir prête à obéir sans discussions aux ordres de la vente supérieure.

 Très active de 1820 à 1823, elle ne conduisit qu'à des coups de mains que le pouvoir put déjouer sans grande difficulté. En décembre 1821, un premier complot est découvert au sein de l'école de cavalerie de Saumur. Début 1822, des complots similaires sont déjoués à Belfort, Toulon et Nantes. Le 25 février 1822, des éléments de la garde nationale sous les ordres dugénéral Berton s'emparent de la ville de Thouars et marchent vers Saumur le lendemain, mais échouent à mobiliser la population. C'est à cette période qu'éclate l’affaire des quatre sergents de La Rochelle qui aura le plus fort impact sur l'opinion. La condamnation à mort et l'exécution des sergents Bories, Pommier, Raoulx et Goubin en feront des icônes du mouvement républicain.

 La dispersion de ses chefs en 1822 lui fut fatale ; plusieurs de ses membres influents se rallièrent au gouvernement de Louis-Philippe en 1830 et d'autres fondèrent la Charbonnerie démocratique selon les théories de Babeuf7. Seconde moitié du XIXe siècle.

 L'industrialisation eut ainsi raison de mouvements dont la base sociologique était surtout celle des artisans. Les derniers carbonari, pour se limiter à ce que nous connaissons en France, après la Commune et l'avènement de la très bourgeoise Troisième République, dans un climat de positivisme scientiste, se réfugièrent dans les quelques loges de Memphis Misraim où l'Illuminisme subsistait, à couvert.

 Dans les années 1880, la loge indépendante "arc en ciel" s'agrégea au Grand Orient. Parallèlement, le Martinisme naissant, bâti par le docteur d'Encausse, devait préserver, avec quelques anciens affiliés, certains symboles, tels les draps blanc, rouge et noir, le bâton, les masques et son caractère chrétien ésotérique.

 Ailleurs, à travers Memphis Misraim en Italie, Amérique du Sud et Proche-Orient (dont le Liban), le carbonarisme persista, toujours inclus dans la "coque" du rite "égyptien" et devait s'imprégner de philosophie anarchiste et libertaire comme ce fut aussi le cas en France (d'Enfantin aux joyeuses ventes de Belleville, abâtardissement sans plus aucune référence chrétienne): il inspira aussi par quelques compagnons, le syndicalisme révolutionnaire dont la CGT du début du XXe siècle puis la CNT (espagnole et française) arborent toujours les couleurs rouge et noire... 

 

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"Constitution et organisation des Carbonari ou Documens exacts sur tout ce qui concerne l'existence, l'origine et le but de cette société secrète; par M. DE SAINT-EDME"

Paris, ed. Peytieux, 1822

Harvard college library, 21 oct. 1939

 

" Introduction

  Pendant mon séjour à Vérone en 1807, je fus assez heureux pour connaître le bon père P...., supérieur du couvent des Récollets.

(Les Récollets : Religieux réformés de l'ordre de Saint-François. On leur donna le nom de Recollets, qui signifie recueillis, parce qu'ils faisaient profession de mener une vie austère et plus recueillie que les autres religieux de l'ordre de Saint-François. (...) A Vérone, ces religieux, au nombre de cinquante, étaient chargés de l'instruction des enfants, et des prédications dans toutes les églises de la ville.)

 (...) après mille choses aimables, que la modestie me force à taire, il ajouta qu'il allait me montrer divers manuscrits dus à des religieux de son ordre ; et en effet il m'en ouvrit quinze ou vingt, mais qui tous traitaient de la religion. Enfin il me communiqua celui relatif aux carbonari. Ce dernier, me dit-ol, exige de ma part quelques explications. Ce sont les réceptions à des grades adoptés par une société secrète, dont l'origine n'est pas bien connue. On sait seulement qu'elle était établie en Italie à l'époque de François Jer au trône de France, puisque ce prince la protégea. Mais, soit qu'elle existât avant ce temps, soit qu'elle ait été créée seulement alors, il est certain que les guerres dont l'Itali était le malheureux théâtre, et la conduite des papes, durent déterminer quelques-uns à une association en faveur des peuples. Au surplus, gardez ce manuscrit, que je vous confie sous le sceau du secret, et nous en reparlerons demain. Je l'emportai donc, je le lus avidement, et le lendemain je retournai voir le père P....J'avouai avec lui que l'idée était grande, et que l'Italie serait un des plus vastes états de l'Europe, si, selon que la constitution le porte, elle pouvait réunir en un seul corps tout le pays situé depuis les bouches du Cattaro jusqu'aux Alpes. Je lui fis part de mes réflexions sur la forme du gouvernement indiqué par cette constitution ; car il faut un point central d'administration, et il est incontestable que trois rois et une assemblée souveraine qui régneraient ensemble ne pourraient jamais parvenir à s'entendre. Le père P.... fut d'accord avec moi ; mais, reprit-il, c'est justement parce que tout cela me parait impossible, que j'ai consenti à faire partie de cette association, et que j'y admets volontiers les personnes que j'estime. "Je déteste toute espèce de révolution", les malheurs qu'elle entraîne à sa suite ne pouvant jamais se prévoir. Je ne vois dans l'existence de cette secte qu'un moyen de plus de répandre les bienfaits du christianisme et ses sages doctrines. Toute l'initiation à chacun des grades est l'histoire sacrée mise en pratique ; aussi ai-je pour les auteurs des règles de cette société une vénération que je voudrais pouvoir vous inspirer. Si vous le voulez, je vous initierai, afin que si vous rencontriez quelques carbonari, vous puissiez vous faire reconnaître, et tirer parti de leur appui. J'acceptai sa proposition, et il me conféra les deux premiers grades. Quant à celui de grand maître grand élu, il ne put me le donner, attendu que cela ne lui était point permis. J'obtins de lui de traduire le manuscrit, à la condition de n'en faire aucun usage tant qu'il vivrait. J'ai tenu parole. Ce bon ecclésiastique, depuis 1810 que les couvents ont été supprimés en Italie, a langui dans sa province, où il vient de mourir, regretté de tous ceux qui ont eu le bonheur de l'approcher.

(...) Maçons et carbonaro, j'ai pi étudier les rapports qui existent entre ces deux sociétés, et j'y ai trouvé les mêmes statuts, les mêmes usages, sinin le même but surtout dans le dernier grade de la carbonara.

(...) Le but des maçons est de se prêter de mutuels secours ; indépendamment de celui-là, les premiers carbonari ont voulu propager les doctrines chrétiennes, et former de tous les Italiens une nation unique, forte, indépendante.

(...) Lorsque les Français se furent établis à Naples en 1799, et y eurent jeté les fondements d'une république, la franc-maçonnerie vint rivaliser avec la carbonara. Celle-ci, fpndée en apparence sur des bases plus religieuses, au moins dans ses premiers grades, ne vit point arriver sa devancière sans éprouver une violente jalousie. Le peuple carbonaro regarda d'abord les maçons comme des ennemis du culte catholique, auquel il se croyait exclusivement dévoué. Les véritables grans initiés tentèrent de consolider une paix durable entre les membres divergents de la même famille : ils étaient près de s'entendre, lorsque le renversement de la république parthénopéenne et notre évacuation du territoire de Naples rétablirent la carbonara dans ses droits primitifs.

(...) Le voeu des Siciliens, hautement manifesté, exigeait l'institution d'un parlement, et commandait aussi que le prince royal fût mis à la tête des affaires. On créa donc un parlement, le prince royal régna, lariene et Acton s'exilèrent ; et, dans cette proscription commune, tous deux moururent séparés, la riene à Vienne et Acton à Palerme. Les Français rendirent la vie à la maçonnerie, très négligée depuis leur évacuation de la Pouille ; et cet ordre s'accrut, surtou à Naples, d'une multitude d'initiés, la plupart carbonari.

(...) Les ecclésiastiques, la noblesse et les riches propriètaires se montrèrent les plus ardents à propager les doctrines libérales, et se classèrent indifféremment parmi les carbonari et les maçons, en occupèrent les dignités, et parvinrent habilement à diriger les esprits.

  Lorsque Joachim eut remplacé Joseph sur le trône de Naples, il voulut faire triompher les maçons. Plusieurs de ses décrets atteignirent, proscrivirent les carbonari. Défenses leur furent faites de se réunir ; et bientôt il fallut être maçon pour arriver aux emplois civils. L'intérêt obligea donc les carbonari de se faire recevoir dans cet ordre, afin d'obtenir ou de conserver des places ; mais les plus hardis ne s'en rassemblèrent pas moins dans leurs "vendite".

  Joachim persécuta les carbonari, les considérant comme des conspirateurs, ou les soupçonnant de travailler au rétablissemnt de Ferdinand. Cette erreur lui suscita beaucoup d'ennemis, et fut peut-être une des principales causes de sa chute.

  Des bandes de brigands désolèrent alors la Calabre. Murat y envoya le général Manhés, avec de pleins pouvoirs, pour les soumettre.

(...) Ferdinand remonté sur le trône...on proclama les défenses les plus sévères contre tout rassemblement de carbonari et de maçons ; et plusieurs individus, surpris en contravention, furent arrêtés à diverses époques, chargés de chaînes et condamnés à la déportation. Cette sévérité mal entendue est une des causes majeures de la révolution de 1820.

(...) (les carbonaris:) "Leur institution est religieuse ; mais l'amour d'un culte sage, le désir de répandre des préceptes basés sur une morale pure, ne pouvaient s'allier dans des âmes généreuses, élevées, sans y exciter en même temps ces sentiments de patriotisme qui doivent naître avec nous. Il est tout naturel de penser que la religion a d'abord inspiré seule les fondateurs de cette secte, et que les malheurs des peuples, causés par les guerres qu'occasionnaient le nombre des souverains de l'Italie et leur esprit d'agrandissement, ont décidé leurs successeurs à y intéresser la politique. Mais toujours est-il vrai que la haine des individus n'a jamais fait compter d'assassins parmi les carbonari.

 

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(..........)  ORDONNANCE rendue par le gouvernement de Venise

 

  Une ordonnance du 25 août 1820, signée par le gouverneur C.C. d'Insagni, le vice-président Ch., matquis de Mayo, et un conseiller impérial, porte en substance ce qui suit:

  " La société des carbonari, qui s'est répandue dans les états voisins, a cherché à faire des prosélyres dans les provinces de l'empire. D'après les informations qui ont été prises, on est parvenu à connaître les vues pernicieuses de cette société, qui ne sont point communiquées par ses chefs à tous les membres. On les fait connaître aujourd'hui publiquement par ordre de S.M. l'empereur et roi, pour l'instruction de tous les sujets de l'empire.

  Le but précis des carbonari est le bouleversement et la destruction des gouvernements.

  Comme les personnes qui ont connaissance de cette intention, et qui s'associent cependant aux carbonari, se rendent coupables de haute-trahison, et que celles qui n'ont pas empêché les progrès de cette société, ou ont négligé d'en dénoncer les membres, sont complices du même délit, et, comme tels, passibles des peines portées par la loi, il est ordonné qu'à dater du jour de la publication de la présente ordonnance, personne ne pourra plus s'excuser sous le prétexte de n'avoir pas eu connaissance du but de la société des carbonari. En conséquence, quiconque entrera dans ladire société, ou aura négligé d'en empêcher les progrès ou d'en dénoncer les membres, sera jugé d'après les articles 52,53, 54, 55 de la première partie du code des délits. L'article 53 porte la "peine de mort" contre les coupables de haute-trahison ; les articles 54 et 55 , "l'emprisonnement pour la vie" contre les personnes qui ayant connaissance du complot n'auraient pas dénoncé les coupables." 

  (Extrait du Constitutionnel du 12 septembre 1820)

 

                                                                         DECRET ROYAL.

                                                    Italie, Naples, 10 avril 1821

 

   Un décret royal, daté d'hier 9, est ainsi conçu:

" Nos intentions paternelles, expliquées dans nos décrets des 28 et 31 mars, contre les sociétés secrètes, et pour opérer le désarmement général du royaume, n'ont été jusqu'ici qu'imparfaitement remplies. Nous y reconnaissons les desseins réels des trangresseurs : qu'ils ne s'en prennent donc qu'à eux-mêmes si nous sommes forcé de recourir à des mesures plus énergiques.

  Considérant que la sentence pénale, et que le châtiment, pour être utiles, exigent des exemples publics, prompts et impartiaux, nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

 "Art. Ier. Il sera créé une cour martiale, avec les attributions de conseil de guerre spontané.

"II. cette cour exécutera rigoureusement les articles 4 et 5 de notre décret du 31 mars, contre les individus porteurs d'armes défendues, condamnant à la peine capitale, comme assassin, quiconque sera saisi muni desdites armes.

"III. Le directeur de la police est autorisé à ordonner des visites domiciliaires, selon que la prudence le lui dictera. La découverte d'armes prohibées sera aussitôt suivie de la peine portée par l'article précédent ; mais dans le cas où la quantité d'armes et munitions de guerre donnerait lieu de penser qu'il y a conspiration, les individus et tous leurs papiers seront aussitôt livrés à la cour martiale.

"IV. Ladite cour est également chargée de l'exécution du décret royal du 28 mai, contre les sociétés secrètes, et spécialement contre la société des soi-disant carbonari.

"V. Le but de cette association carbonica étant la subversion et la destruction du gouvernement, sera puni de mort, comme coupable de haute-trahison, quiconque, après la publication du présent décret royal, se ferait inscrire dans cette société ; et pareillement quiconque y étant déjà inscrit se réunirait secrètement dans les conciliabules connus sous le nom de vendite carbonarie, soit aussi sous tout autre nom de la société défendue.

"VI. Seront pareillement sujets à la peine de mort tous ceux qui, n'étant pas carbonari,  se trouveraient prenant part flagrante à ces sociétés, dont l'objet est la subversion de l'ordre public.

"VII. La cour martiale condamnera à des emprisonnements extraordinaires de trois à dix ans, tous ceux qui sachant dans quel endroit, soit à la ville, soit à la campagne, s'assemblent les susdits forcenés (forzennati), n'iraient pas aussitôt les dénoncer.

"VIII. Toute personne appartenant aux susdits clubs, et qui, par un mouvement de repentir, découvrira à la police les membres et les menées des conspirateurs, jouira de l'impunité. Son nom demeurera caché, et ne sera inscrit sur aucun registre ou papier."

           (Extrait de la Quotidienne, jeudi, 26 avril 1821.)

 

 

                                                                         PROJET DE DÉCRET

Présenté au Ministère anglais par les Carbonari.

 

   Le rôle éphémère que viennent de jouer les carbonari, tant à Naples qu'en Piémont, marquera cependant assez dans l'histoire, pour qu'elle ne dédaigne pas de recueillir les traits caractéristiques de cette secte. En voici quelques-uns qui nous sont fournis par une autorité non suspecte.

  Il est vrai, comme on l'a dit, que l'idée première de la fondation des carbonari remonte à des motifs incomparablement plus nobles que ceux qu'ils ont osé avouer depuis. Il ne s'agissait d'abord que d'arracher le royaume de Naples au joug de fer de Buonaparte et à la domination humiliante de son frère Joseph. Les conjurés, à cette époque, se donnaient le nom d'unionistes, parce qu'ils aspiraient à unir toute l'Italie sous le même drapeau d'indépendance.

   Toutes les puissances du continent étant alors occupées de leur propre salut, ou même réduites dans un état d'oppression, les regard de l'association durent se tourner vers l'Angleterre, qui soutenait seule la lutte, et cherchait partout des alliés. En conséquence, le 26 décembre 1813, un des principaux chefs des unionistes ou carbonari fut expédié à Londres ; il remit au ministère un projet de proclamation dont nous allons donner l'extrait. Nous commençons par dire que le cabinet de Saint-James rejeta cette proposition. C'était le roi d'Angleterre qui devait parler en son nom dans cet acte singulier. Après un grand nombre de ces considérant que la révolution française a mis si fort en vogue, arrivait la formule non moins célèbre: Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

                       I° L'Italie sera libre et indépendante.

                       2° Les limites de cet empire seront les trois mers et les Alpes.

                       3° La Corse, la Sardaigne, la Sicile, les Sept îles, et toutes les autres îles situées sur les côtes de la Méditerranée, de l'Adriatique et de la mer Ionienne, formeront une partie intégrante de l'empire romain.

                       4° Rome sera la capitale de l'empire et le siége des Césars.

                       5° Les armoiries, drapeaux, insignes, seront les mêmes que du temps de l'ancienne Rome, savoir :un aigle déployé, tenant dans une serre l'épée, et dans l'autre le globe. Les couleurs seront le blanc et le rouge, celles de la toge romaine.

                       6°. Aussitôt après l'évacuation de l'Italie par les Français, il sera procédé à l'élection du nouvel empereur : il sera pris dans les maisons royales de Naples, de Sardaigne ou d'Angleterre.

                       7° L'élection del'empereur sera faite par le peuple et l'armée : et ces deux pouvoirs proclameront en même temps la constitution qui leur semblera la plus convenable.

                       8° L'Illyrie formera un état particulier, qui sera donné au roi de Naples, en indemnité de la Sicile.

                       9° Il sera formé un comité extraordinaire, composé d'un président, d'un vice-président, et de cinquante chefs de section, spécialement chargé de la correspondance secrète.

                      10° L'armée sera composée de cinquante légions, dont quarante-deux seront romaines, et huit d'auxiliaires. Chacune d'elles sera de 5000 hommes en temps de paix, et de 7000 en temps de guerre.

                      11° Sur cette force, un corps de 50000 hommes et une flotte de vingt-cinq bâtiments légers seront prêts à agir pour soutenir la révolte dans les états voisins.

                            Lorsque le refus positif du gouvernement britannique eut convaincu la secte de l'impossibilité d'opérer par la force ouverte, elle chercha l'accomplissement de ses vues dans les machinations secrètes.

                           La révolution d'Espagne vint lui donner un nouveau degré d'audace ; et, après avoir été les plus cruels ennemis des libéraux ou buonapartistes, les carbonari devinrent aussitôt leurs plus fidèles alliés.

      (Gazette de France, du 25 avril 1821)

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                                       Division de l'année carbonica en jours.

 

               L'année des carbonari commence le 10 mars, onze jours avant l'équinoxe de printemps.

   En voici le motif :

    Il est certain que le Tout-Puissant, de qui l'existence divine n'a jamais commencé et ne se terminera jamais, employa onze jours pour préluder au débrouillement du chaos ; savoir :

                 Premier jour, organisation de la pensée ;

                 IIème, organisation de la matière ;

                 IIIème, organisation du mouvement ;

                 IVème, organisation de l'amour, ou l'attraction ;

                 Vème, organisation de l'union des principes.

                  Ensuite, ayant chargé les anges ou génies déjà existants sous ses ordres, de le seconder dans ses opérations, l'Éternel créa le monde en six autres jours, qui complètent les onze jours employés aux préparatifs de l'existence du monde actuel, comme il est dit dans la Genèse.

                Le septième jour de la création, Dieu se reposa, et admira son travail. Ce jour de fête fut, pour les êtres à qui il venait de donner la vie, le premier jour du premier printemps de l'an premier du monde, mais le douzième de son travail.

                Voilà donc la raison, appuyée sur l'Écriture et sur les faits, qui a décidé les carbonari à faire choix, comme les antiques patriarches, du 10 mars pour le premier de leur mois de verdure, et voulant ajouter à la création ses antécédents sans les unir à leur année solaire.

                Ce jour, 10 mars ou premier de verdure, est consacré, par la reconnaissance des êtres,  à Dieu et à ses prêtres, et commence chaque nouvelle année.

                 L'année est composée de 365 jours, conformément à l'usage europée, et les six heures environ subséquentes forment tous les quatre ans un 366ème jour  et une année bissextile.

                 Chaque siècle, le dernier jour, de la première année bissextile, est supprimé à cause des fractions.

 

                                        Division de l'année en mois.

 

                L'année carbonica est divisée en onze mois, en mémoire des onze jours préparatoires qui furent employés par l'Eternel à la création de l'univers ; les neuf premiers ont trente-trois jours chacun , les deux autres trente-quatre jours, et, lors des années bissextiles, le dernier mois de l'année a trente-cinq jours.

 

 

                                       Division de l'année en saisons.

 

                               I°. Le printemps, de trois mois de trente-trois jours chacun, a.......................99 jours.

                               2°. L'été, même nombre de mois et de jours, a..............................................99  id

                               3°. L'automne, idem....................................................................................... 99  id

                               4°. L'hiver, de deux mois de trente-quatre jours chacun, a ........................... 68  id

                                                                                                                                                  ___________

                                    Année commune..................................................................................... 365  jours

                                                                                                                                                  ___________

 

                                   Division de l'année en semaines.

 

               La première de toutes les années du monde a commencé un mercredi, et le premier printemps un dimanche.

               La semaine est de sept jours, dont les noms dérivent des sept planètes:.

 

                                  Noms des mois.                                                                                                                                                                                                            

                                  1er         Verdure

                                  2ème      Croissance

                                  3ème      Fleurs                font le printemps.

 

                                 4ème       Prairies

                                 5ème       Moissons

                                 6ème       Canicule            font l'été.

 

                                 7ème       Fruits

                                 8ème       Vendanges

                                 9ème       Semences         font l'Automne.

 

                                10ème     Jeux ou Carnaval 

                                11ème Dévotion ou Carême  font l'Hiver.

 

 

                                                                              Grandes fêtes de l'Ausonie.

 

      Il y en a trois.

                            1ère     Fête-Dieu, le 1er de Verdure. (Ce jour est encore la fête des ecclésiastiques, moines et religieuses.)

                            2ème   Fête du peuple, le 1er des Jeux ou Carnaval.

                            3ème   Fête des magistrats, le 1er de Dévotion ou Carême. (Sous ce titre de magistrats sont compris les membres des assemblées nationales souveraines, les rois et tous les élus du peuple ou de ses mandataires.)

 

                                                                               Fête bissextile.

 

                           4ème    Cette fête en l'honneur de l'univers a lieu tous les quatre ans, le 35ème jour du mois de dévotion.

 

                             

                                                                              Fêtes des Saisons

 

                           5ème   Du Printemps le........................17 du mois de croissance.

                           6ème   De l'Été le ................................ 17 du mois des moissons.

                           7ème   De l'Automne le ....................... 17 du mois de vendanges.

                           8ème   De l'Hiver, le ............................ 34 du mois des jeux.

 

                                                                            Fêtes particulières

 

                           9ème  Des Naissances, le ....................11 du mois de verdure.

                          10ème De l'Adolescence, le ................. 22 du mois de verdure.

                          11ème De la Jeunesse, le .................... 11 du mois de croissance.

                          12ème Du Mariage, le .......................... 22 du mois de croissance.

                          13ème De la Paternité et Maternité, le...11 des fleurs.

                          14ème De la Santé, le ........................... 22 des fleurs.

                          15ème De la Force, le ........................... 11 des prairies.

                          16ème De la Probité, le ........................  22 des prairies.

                          17ème De l'Honneur, le ........................  11 des moissons.

                          18ème De la Vertu, le ...........................  22 des moissons.

                          19ème Du Courage, le .......................... 11 de la canicule.

                           20ème De la Générosité, le .................  22 de la Canicule.

                           21ème De la Magnanimité, le .............  11 des fruits.

                           22ème De la Fraternité, le .....................22 des fruits.

                           23ème De la Liberté, le .......................  11 des vendanges.

                           24ème De la Patrie, le .........................  22 des vendanges.

                           25ème Des Hommes, le ......................  11 des semences.

                           26ème Des Femmes, le ......................  22 des semences.

                           27ème De l'Agriculture, le ...................  11 des jeux.

                           28ème De l'Industrie, le .......................  22 des jeux.

                           29ème De la Vieillesse, le ...................  11 de dévotion.

                           30ème De la Caducité, le ....................  22 de dévotion.

 

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Tiré de Blog Maçonnique - Première version (08 mai 2005) :

 

                                                  Garibaldi et la Franc-Maçonnerie

 

          "Giuseppe Garibaldi est né en 1807 (à Nice) mais le Comité d'Organisation des Fêtes du Bicentenaire de la Naissance de Garibaldi organise déjà des manifestations en 2005. Le programme d'activité commence avec une conférence au CUM de Nice (Promenade des Anglais) le samedi 14 mai 2005 à 15 h en présence de l'arrière-petite fille de Garibaldi Anita Garibaldi. Cette conférence est intitulée "Garibaldi et la Franc-Maçonnerie".

     Ce révolutionnaire fut initié à la Charbonnerie en 1833, à la Maçonnerie en 1844 dans une Loge irrégulière de Montevideo "L'Asile de la Vertu" avant de passer, la même année, dans une Loge du Grand Orient de France "Les Amis de la Patrie". A son arrivée à Palerme en 1862, il devint Grand Maître du Grand Orient de Palerme. En 1864, à Florence, il fut élu Grand Maître de la Maçonnerie italienne. En 1881, il fut élu Grand Maître du Rite de Memphis."

Comité d'Organisation des Fêtes du Bicentenaire de la Naissance de Garibaldi
Espace Association Garibaldi, 12 ter, place Garibaldi - 06300 Nice (France)
Tél. +33(0)4 93 55 69 45
E-mail : nicegaribaldi2007 (AT) wanadoo.fr

          "En fait, la Carboneria politique, en tant qu'organisation, est née en 1806 avec l'installation de la première vente par Buonarroti, sur lequel je reviendrai plus loin. Elle rassembla de grands noms, à commencer par Giuseppe Garibaldi, le père de la nation italienne. Si elle a un rituel similaire à celui de la maçonnerie, elle n'est pas, contrairement à l'affirmation de certains historiens maçons, un essaimage de la F...M..., sachant que cette thèse sera reprise par les autorités, politiques et religieuses, pour condamner et combattre et l'une et l'autre.

      Dans un ouvrage publié en 1950, l'historien A.Saita décrit la Carboneria comme "une société secrète aux buts éminemment démocratiques, qui ne séparait pas l'égalité des fortunes de la liberté politique" mais dont la structure était fortement hiérarchisée et cloisonnée du fait de son caractère nécessairement clandestin.. Parce que conspiratrice, la Carboneria procédait par voie occulte et donc secrète avec un goût marqué pour les formes symboliques. En effet, pour Buonarroti : "les hommes ont besoin, pour former une association politique efficace et permanente, d'être liés entre eux par des signes et des mystères qui flattent leur amour propre et donnent à la société dont ils font partie un air d'importance et de consistance que toute la moralité et l'estime réciproques des individus ne sauraient obtenir"[2].

      La Carboneria comportait 9 grades et la direction était composée d'un petit nombre d'initiés qui dirigeaient tous les autres tout en prenant soin, pour des raisons de sécurité, de leur demeurer inconnus, d'où l'usage courant de pseudonymes[3]. Elle tirait ses symboles et ses rituels des charbonniers et donc des métiers du bois et non de la pierre : c'est ainsi qu'elle était organisée en ventes qui se regroupaient en ventes mères. Comme pour le compagnonnage, la F...M...  et, plus généralement, toutes les sociétés secrètes, elle utilisait des mots et des signes secrets de reconnaissance et, sous prétexte de symbolisme, voire d'ésotérisme, une écriture cryptée pour les correspondances entre les ventes, les messages et plans confiés à des émissaires… L'organisation verticale et fortement cloisonnée faisait correspondre les différents degrés d'initiation à autant de niveaux différents de projets politiques. Entre eux, les carbonari s'appelaient "Bons Cousins" ou "Bons Amis".

      Une couverture fréquente de la Carboneria était la F...M...  ce qui a amené certains auteurs à dire que la seconde était la vitrine légale de la première. Ainsi, pour J.Kuypers : " On pourrait dire que la Charbonnerie était une maçonnerie particulière, organisée au sein de la maçonnerie traditionnelle à l'insu des dirigeants de celle-ci. Peut-être serait il plus exact de dire qu'il s'agissait d'un groupement militant, constitué selon des affinités particulières au sein d'une maçonnerie officielle qui évitait soigneusement de se mêler aux choses de la rue; dont les membres poursuivaient leurs fins égalitaires tout en remplissant normalement leurs devoirs maçonniques". Cette couverture était pratiquée de deux manières : soit, au sein d'une Loge, des carbonari, à l'insu des FF..., s'organisaient parallèlement en une vente occulte, soit une Loge entière, en fait, était une vente.

      La Carboneria se développa principalement dans le Mezzogiorno, où elle fut la première tentative significative d'organisation politique rassemblant des intellectuels, des étudiants, la bourgeoisie du commerce et des professions libérales et, surtout, des militaires et dont le but était l'unification et l'indépendance de la nation italienne.

      Les carbonari, du moins au début, participaient d'un libéralisme modéré, c'est-à-dire constitutionnaliste et légaliste. Toutefois, les militaires, sous-officiers et officiers formés pendant la période napoléonienne, exercèrent rapidement une influence dominante dans la mesure où ils étaient mieux organisés et plus disciplinés que les autres libéraux. Etant militaires, ce sont eux qui très rapidement transformèrent la Carboneriaen ce que, pour eux, le recours à la violence, aux armes, aux coups de force… était une voie naturelle d'action.

      Ainsi, durant l'été 1820, à Naples, encouragés par la révolution qui avait éclaté en Espagne, les carbonari, sous la conduite du général Pepe, se soulevèrent pour réclamer une constitution que le roi Ferdinand 1erfinit par leur accorder. Toutefois, ce dernier, dès mars 1821, sollicite et obtient le concours des armées autrichiennes pour rétablir l'absolutisme. Cette première révolte carbonique ne se transforma pas en une véritable… révolution et se solda, in fine, par un échec du fait que, sous l'influence vaticane, la Sicile se rebella contre le gouvernement napolitain ainsi mis en place, que les révolutionnaires s'entredéchirent entre démocrates (les ultras) et modérés (les monarchistes constitutionnalistes) et que les troupes révolutionnaires ne firent pas le poids devant les troupes régulières de l'Empire autrichien.

      Toutefois, cette date de 1820 est importante car c'est à partir d'elle que la Carboneria s'étendit à toute l'Italie.

      En Lombardie-Vénétie, la découverte en octobre 1820 d'un magasin carbonaro entraîne l'arrestation de Silvio Pellico[4] et une répression féroce des milieux libéraux, carbonari et Fédérés[5], alors même qu'il n'est pas établi qu'il y avait véritablement un projet d'insurrection.

      Dans le Piémont, la révolte éclata en mars 1821 avec la rébellion de la garnison militaire d'Alessandria dont le commandement était entre les mains des carbonari. Pour ne pas accorder la constitution promise par le régent Carlo Alberto, Victor Emmanuel 1er préféra abdiquer. Aussitôt, les armées fidèles au nouveau roi, Carlo Felice, avec le concours des troupes autrichiennes, affrontèrent les troupes constitutionnalistes qui, par manque d'organisation et, en particulier, de liaisons coordonnées entre les différentes unités, mais également et surtout, en raison de l'absence de tout lien avec les masses populaires, furent rapidement défaites. Là aussi il s'ensuivit une répression féroce.

      En 1831, l'échec de l'insurrection de Bologne menée par des carbonari sonna le glas de la Carboneria qui disparut alors au profit de nouvelles organisations révolutionnaires aux structures moins lourdes aux idées politiques et sociales plus avancées, et, surtout, au recrutement plus populaire."

 

 

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La salle de réunion se nomme grotte : Elle doit être située dans les cavernes les plus obscures et les plus cachées d'une montagne ou autre lieu inconnu des profanes mortels. 

 

Rien à voir avec l'Estância da Gruta...

 

 

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"Eu, o Imperador Constitucional e Defensor Perpétuo do Brasil, vos envio muito saudar. Attendendo aos serviços que prestastes a este Império e Querendo hum testemunho da Minha Imperial consideração: Hei por bem Nomear-vos Cavalleiro da Ordem de Christo. E Nosso Senhor Tenha em Sua Santa Guarda. Escripto no Palácio do Rio de Janeiro, em dezessete de Novembro de mil oitocentos e sessenta e nove, quadragésimo oitavo da Independência do Império.

Palácio de São Cristovão.

Para Edmond Berchon Des Essarts. Subdito de Sua Majestade o Imperador dos Franceses."

 

 

Este documento, recebido por seu bisavô, é uma das muitas relíquias que resgata, para Anna Luiza Berchon des Essarts Sampaio Quinto di Cameli, atual proprietária da Estância da Gruta, a tradição familiar. É um dos muitos que teve o cuidado de conservar catalogados e que merecem figurar publicados, como registros da história de nosso Estado.

 

Situada próxima da cidade de Pelotas, numa região outrora denominada Capão Florido, hoje atende pela designação de Pavão, pertencente ao distrito do Capão do Leão. Lá assentam as terras da sesmaria, compreendidas entre os rios Contrabandista e Piratini que recebeu em 1777, o sargento-Mor Roberto Roiz, que as veio a transferir a seu genro, o Barão de Jaguari, Domingos de Castro Antiquera.


Setenta e um anos após, Antonio José Gonçalves Chaves, poderoso charqueador pelotense, viajado, era um homem adiantado para a época. Adquiriu a sesmaria dos descendentes de Roiz em 1848. Nela, uma das herdeiras, de nome Bernardina, fez edificar, em 1853 a sede da atual Estância da Gruta, na qual persistem até hoje as características originais rigorosamente conservadas, desde as paredes de 60 centímetros feitas de adobe até as aberturas, em que os próprios vidros das portas e janelas vem desde o período de construção. A transferência da propriedade, pelos herdeiros do Barão de Jaguari e Antonio José Gonçalves Chaves, está associada a trágica extinção da descendência de Domingos Antiquera. Sua bisneta, de nome Maria, por ter contrariado os amores do filho, Vicentinho, com uma mulatinha escrava, veio a falecer solitária na fazenda. Conta-se que, ao retornar de um passeio a cavalo, o rapaz, de 23 anos, encontra a escrava morta no pátio da casa e, desesperado, atira-se ao arroio, afogando-se.


Os herdeiros legais, sobrinhos de Maria, venderam então as terras á família que até hoje detém a propriedade, pois a filha do comprador, Antonio José Gonçalves Chaves, vem a casar-se com o médico Edmond Berchon des Essarts. Quarenta anos depois, o Dr. Edmond Berchon, comprou as terras dos outros herdeiros, e refez a sesmaria, nela incluindo a Estância da Gruta. Isso foi em 1888, ano o qual foi marcado pela abolição da escravatura e logo após, no ano seguinte, a Proclamação da República.


O ano de 1915, em plena 1ª Guerra Mundial, constitui-se numa data marcante na história da Estância da Gruta. Foi nesta data a qual se deu a origem do nosso gado Devon, quando o Dr. Friesh, um zootecnista inglês, dono da Estância Lorena no Uruguai, vendeu todo o seu rebanho para o Dr. Edmundo Berchon des Essarts e seu grande amigo Dr. Francisco de Assis Brasil, que além de ter sido diplomata e embaixador do Brasil na Inglaterra, era homem de muita vivência no campo. Lá percebeu, que as pastagens e as condições climáticas do condado de Devon, eram muito semelhantes às nossas. Enfim, a raça Devon demonstrou sua perfeita adaptação aqui, no pampa gaúcho. Daí, a preferência pelo gado Devon, que o Dr. Berchon passou a importar o que de melhor havia de touros e vacas Devon na Inglaterra.


A Estância da Gruta, até em torno de uma década e meia atrás, detinha o maior rebanho da raça pura no mundo. No seu mais recente planejamento, desde 1993, a Gruta implantou um sistema de franquia para produção do Composto Montana, uma nova raça, baseada em um sistema genético sério e de princípios comprovados, economicamente lucrativos. E também, o cultivo de arroz, constitui mais uma atividade que empreende a atual dona da propriedade e bisneta do Dr. Edmundo Berchon, a Engenheira Agrônoma, Anna Luiza Sampaio.


A Estância da Gruta permanece a mais de 150 anos um grande estabelecimento agro-pastoril, agora na sua sexta geração, fiel as suas origens e a tradição associada à tecnologia.

 

 

 

 

 

                                            

 

 

 

 

(à suivre, rédaction en cours...)

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